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Bijoux et tissus • Bwa • Burkina Faso
 

Pendentif amulette Bwa

Ce pendentif Bwa représente de façon symbolique un croissant de lune, ainsi que trois oiseaux. Porté autour du cou à l'aide d'un lacet de cuir, il préservait des esprits malveillants et des maladies.
17ème / 19ème siècle.


Origine : Burkina Faso (Région de Houndé)
Type : Bijoux et tissus
Ethnie : Bwa
Matière : Bronze patiné par l'usage, exécuté et fondu par le procédé de la cire perdue

2929


Bijoux et tissus • Dogon • Mali
 

Pendentif Dogon

Ce pendentif Dogon représente de façon symbolique l'astre solaire et son rayonnement. Porté autour du cou à l'aide d'un cordon de cuir, il était l'apanage du chef de ginna (maison du lignage), et parfois de certaines personnes très âgées. Le pendentif lui-même était porteur de la force spirituelle et protectrice du lignage, car il n'est pas seulement un ornement mais aussi le témoin de l'identité culturelle.
17ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Région des falaises de Bandiagara)
Type : Bijoux et tissus
Ethnie : Dogon
Matière : Bronze patiné par l'usage, exécuté et fondu par le procédé de la cire perdue

2916


Bijoux et tissus • Kuba • République dém. du Congo (Zaïre)
 

Tissu Kuba

Ce tissu de raphia était utilisé comme monnaie de mariage, et constituait un élément de la dot d'une jeune femme Bushoong. Il représentait également une part du trésor familial, et pouvait servir de monnaie d'échange. De même que dans d'autres sous-tribus Kuba, Bangyeen ou Bangwoong, les hommes sont seuls à avoir la responsabilité de la préparation des fibres végétales nécessaires. La réalisation du tissage et des broderies était confiée aux femmes enceintes. Le tissu, objet de prestige, est alors décoré de motifs brodés et imbriqués, chaque symbole portant un nom correspondant à la forme spécifique qu'il représente.
Fin du 19ème / début du 20ème siècle.


Origine : République dém. du Congo (Zaïre) (Région du fleuve Kasaï)
Type : Bijoux et tissus
Ethnie : Kuba (Bushoong)
Matière : Raphia, pigments naturels

4291

Tissu Kuba

Ce tissu de raphia était utilisé comme monnaie de mariage, et constituait un élément de la dot d'une jeune femme Bushoong. Il représentait également une part du trésor familial, et pouvait servir de monnaie d'échange. De même que dans d'autres sous-tribus Kuba, Bangyeen ou Bangwoong, les hommes sont seuls à avoir la responsabilité de la préparation des fibres végétales nécessaires. La réalisation du tissage et des broderies était confiée aux femmes enceintes. Le tissu, objet de prestige, est alors décoré de motifs brodés et imbriqués, chaque symbole portant un nom correspondant à la forme spécifique qu'il représente.
Fin du 19ème / début du 20ème siècle.


Origine : République dém. du Congo (Zaïre) (Région du fleuve Kasaï)
Type : Bijoux et tissus
Ethnie : Kuba (Bushoong ou)
Matière : Raphia, pigments naturels

4293

Vêtement cérémoniel Kuba

Ce tissu de raphia est une jupe (appelée ncaka kot) qui était portée par les femmes Kuba lors des funérailles ou pour des occasions spéciales. Ce type de jupe était utilisé par la famille et les proches du défunt pour célébrer et commémorer sa vie passée. Comme dans la plupart des groupes voisins des Kuba, les hommes sont seuls à avoir la responsabilité de la préparation des fibres végétales nécessaires, ainsi que la réalisation du tissage lui-même.
La jupe est décorée de motifs brodés et imbriqués, chaque symbole porte un nom correspondant à la forme spécifique qu'il représente.

Fin du 19ème / début du 20ème siècle.

Provenance : Collection Yves Develon, Paris


Origine : République dém. du Congo (Zaïre)
Type : Bijoux et tissus
Ethnie : Kuba (Bushoong)
Matière : Raphia

2932


Bijoux et tissus • Lobi • Burkina Faso
 

Bracelet Lobi

Ce lourd et très ancien bracelet de bronze, Lobi ou peut être Fra-Fra, était très probablement un cadeau de mariage, d'un père à sa fille ou d'un homme à sa femme. Elle conservera ce bracelet tout au long de sa vie, car il n'est pas seulement un ornement mais aussi le témoin de l'identité culturelle et tribale, et du statut social de la femme qui le porte.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Burkina Faso
Type : Bijoux et tissus
Ethnie : Lobi
Matière : Bronze patiné par l'usage, exécuté et fondu par le procédé de la cire perdue

2531

Pendentif amulette Lobi

Ce pendentif Lobi, ou plus probablement Loro, représente de façon symbolique et abstraite quatre têtes de serpents, ou crocodiles, réunis autour d'un motif circulaire. Porté autour du cou à l'aide d'un lacet de cuir, il préservait des esprits malveillants et des maladies. Ce pendentif est porteur de la force protectrice du lignage.
Située à l'ouest de la Volta Noire, cette région révèle depuis fort longtemps une production artistique d'objets en bronze de très grande qualité. Bénéficiant à la fois du soutien des Lobi et des Koulango, fournis en matière première par les marchands Dioula, les Loro se sont imposés en maîtres dans le travail des métaux.
17ème / 19ème siècle.


Origine : Burkina Faso (Région frontalière de la Côte d'Ivoire)
Type : Bijoux et tissus
Ethnie : Lobi (ou Loro)
Matière : Bronze patiné par l'usage, exécuté et fondu par le procédé de la cire perdue

4338


Bijoux et tissus • Mossi • Burkina Faso
 

Epingle à cheveux Mossi

Cette épingle à cheveux Mossi, surmontée de deux oiseaux finement sculptés, préservait des esprits malveillants et des maladies. Il s'agit très probablement de calaos, une espèce fréquemment associée à la fertilité des cultures.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Burkina Faso (Région de Kaya)
Type : Bijoux et tissus
Ethnie : Mossi
Matière : Bronze patiné par l'usage, exécuté et fondu par le procédé de la cire perdue

2947


Bijoux et tissus • Senoufo • Côte d'Ivoire
 

Amulette Senoufo

Cette petite amulette représentant un couple était portée par les femmes et les hommes, au cou ou au bras, parfois attachée au vêtement, pour se protéger des génies de la forêt.


Origine : Côte d'Ivoire (région frontalière du Burkina, ou Senoufo du Burkina Faso)
Type : Bijoux et tissus
Ethnie : Senoufo
Matière : Bronze, ancienne et profonde patine d'usage, exécuté et fondu par le procédé de la cire perdue

5343

Pendentif amulette Senoufo

Ce pendentif représente un couple de caméléons, qui sont parmi les premiers animaux de la création dans la mythologie Senoufo. Ce type de pendentif était porté sur les conseils d'un devin-guérisseur, afin de se protéger des maladies.
19ème siècle.


Origine : Côte d'Ivoire
Type : Bijoux et tissus
Ethnie : Senoufo
Matière : Bronze, ancienne et profonde patine d'usage, exécuté et fondu par le procédé de la cire perdue

5347


Bijoux et tissus • Tellem • Mali
 

Pendentif Dogon

Les pendentifs Dogon représentant un personnage sont extrêmement rares. Celui-ci se tient les jambes légèrement fléchies et séparées, une main reposant sur le visage, l'autre sur le genou. La bouche est légèrement entrouverte.

Cet objet d'une très grande ancienneté serait attribuable aux Tellem ou aux Soninké. Il pourrait provenir de la région du delta intérieur du Niger ou du Guimbala, la partie ouest des falaises de Bandiagara. La gestuelle de se masquer la face pourrait être rapprochée de certaines activités rituelles des Dogon, comme par exemple se cacher le visage lors des funérailles en signe de désespoir.

Empreinte de réalisme, de douleur, mais aussi d'une grande sensualité, cette sculpture est sans doute l'une des plus émouvantes de cette exposition. Elle peut être considérée comme l'un des chefs-d'œuvre de l'art des anciens forgerons du Mali.
11ème / 15ème siècle.


Origine : Mali (Delta intérieur du Niger)
Type : Bijoux et tissus
Ethnie : Tellem / Dogon
Matière : Etain pauvre natif

2962


Bijoux et tissus • Touareg • Mali
 

Pendentif talisman Touareg

Ce pendentif Touareg est composé d'une âme de métal recouverte de cuir, et faisait office de talisman protecteur. Cet exemplaire présente l'originalité d'être décoré de deux perles accrochées par des lacets de cuir : l'une provenant de Murano (ville d'Italie réputée pour le talent de ses verriers), l'autre étant une perle d'ambre jaune.

18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Région saharienne)
Type : Bijoux et tissus
Ethnie : Touareg
Matière : Plaquage d'argent, de bronze et de cuivre, cuir, perles anciennes (Murano), patine d'usage

2345

Pendentif talisman Touareg

Ce pendentif Touareg est composé d'une âme de métal recouverte de cuir, et faisait office de talisman protecteur.

Probablement milieu du 19ème siècle.


Origine : Mali (Région saharienne)
Type : Bijoux et tissus
Ethnie : Touareg
Matière : Plaquage d'argent, cuir, patine d'usage

2390


Eléments d'architecture • Dogon • Mali
 

Pilier de Toguna Dogon

Le toguna (« abri des hommes ») est l'endroit où se réunissent les hommes pour débattre des affaires du village ; c'est aussi un lieu communautaire où la parole des anciens fait loi. Il peut exister un toguna central au village, mais aussi d'autres petits toguna secondaires de quartier. Dans les villages de la falaise, et contrairement à ceux rencontrés dans la plaine du Seno, les piliers de toguna sont plutôt réalisés en pierres ou en torchis (voir photos). Cet abri, de structure ouverte, est constitué d'un nombre important de piliers (idéalement huit) qui supportent des poutres, elles-mêmes recouvertes de huit épaisseurs de paille liée en fagots. Ces huit niveaux, au même titre que les huit piliers, se réfèrent aux huit nommo ancestraux à l'origine de l'humanité (cosmogonie Dogon). Le toit est bas, obligeant ainsi les hommes à rester assis durant les discussions.
Ces piliers sont généralement ornés d'un dege (génie protecteur aux significations multiples). Bien que s'agissant d'un lieu réservé aux hommes, ils sont souvent sculptés de représentations féminines ou de symboles liés à la fertilité. Sur celui-ci, le dege est une paire de seins symbolisant la fertilité et la mère nourricière. Les motifs situés en dessous et au dessus représentent la pluie, ainsi que les champs cultivés.


Origine : Mali (Région de la plaine du Seno)
Type : Eléments d'architecture
Ethnie : Dogon
Matière : Bois lourd, patine naturelle érodée

2364

Pilier de Toguna Dogon

Le toguna (« abri des hommes ») est l'endroit où se réunissent les hommes pour débattre des affaires du village ; c'est aussi un lieu communautaire où la parole des anciens fait loi. Il peut exister un toguna central au village, mais aussi d'autres petits toguna secondaires de quartier. Dans les villages de la falaise, et contrairement à ceux rencontrés dans la plaine du Seno, les piliers de toguna sont plutôt réalisés en pierres ou en torchis (voir photo).
Cet abri, de structure ouverte, est constitué d'un nombre important de piliers (idéalement huit) qui supportent des poutres, elles-mêmes recouvertes de huit épaisseurs de paille liée en fagots. Ces huit niveaux, au même titre que les huit piliers, se réfèrent aux huit nommo ancestraux à l'origine de l'humanité. Le toit est bas, obligeant ainsi les hommes à rester assis durant les discussions.
Ces piliers sont généralement ornés d'un dege (génie protecteur aux significations multiples). Bien que s'agissant d'un lieu réservé aux hommes, ils sont souvent sculptés de représentations féminines ou de symboles liés à la fertilité.


Origine : Mali (Région de Somanagoro, plaine du Seno)
Type : Eléments d'architecture
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, ancienne patine d'usage

2968

Porte de sanctuaire Dogon

Cette très ancienne porte de sanctuaire Dogon est sculptée de cinq registres de nommo. Les rangées de nommo symbolisent une importante force magique et religieuse, généralement réservée au sanctuaire des prêtres du binu (voir photo). Cette force est alors, selon les croyances animistes des Dogon, partie intégrante de la porte. Dans le mythe Dogon de la création de la Terre, le dieu amma donna naissance à un personnage appelé nommo (le nommo anagonno, premier être vivant symbolisé par un poisson). Des vibrations de la matière, engendrées par amma, naîtra l'univers. Ce nommo donna lui-même naissance à quatre couples mixtes de nommo, considérés comme étant les huit ancêtres de l'Homme et les quatre éléments.

La facture de cette porte de sanctuaire, son style austère et traditionnel, ainsi qu'un bois dense et très érodé, font de cette pièce exceptionnelle, toute empreinte de noblesse, l'un des exemplaires les plus aboutis de la grande sculpture Dogon.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali
Type : Eléments d'architecture
Ethnie : Dogon
Matière : Bois dense et érodé

2130

Porte Dogon

Cette très belle et ancienne porte Dogon est décorée de quatre seins sculptés en relief, et suggérant l'importance de la femme dans la société Dogon (symbole de fertilité). Constituée de deux parties jointes à leurs extrémités, cette porte fonctionne à l'aide de pivots, l'un fixé dans le sol et l'autre dans le linteau.

Les portes, bien que représentant une protection mécanique, sont renforcées d'un système de protection étroitement lié à la représentation de symboles. Que les motifs soient simplement anecdotiques ou bien liés à la figuration d'éléments culturels ou mythologiques, ils établissent l'appartenance du propriétaire à un lignage familial et traduisent sa position sociale ainsi que son statut. Comme la plupart des objets en bois, les portes étaient entièrement sculptées par le forgeron du village (jemene) à l'aide d'une herminette. Les marques apparentes de celle-ci, ainsi qu'une très belle patine d'usage, attestent de la grande ancienneté de cet objet.
19ème siècle ou antérieur.


Origine : Mali (Falaises de Bandiagara)
Type : Eléments d'architecture
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, très belle et épaisse patine noire d'usage

5297

Volet de grenier Dogon

Ce très ancien petit volet était fixé sur la partie haute du mur d'un grenier à grains. Il permettait l'accès, tout au long de l'année suivant les récoltes, aux denrées stockées à l'intérieur (mil, sorgho, riz, maïs, fonio, …). Les greniers Dogon sont étroits, de forme carrée ou ronde, avec une structure en bois recouvert de torchis et isolée du sol, et généralement une toiture de chaume ou simplement en terrasse (voir photo).

Les chevrons symbolisent le serpent lebe, grand ancêtre fondateur qui guida le peuple Dogon vers les falaises, ainsi que la pluie. Le motif central représente l'origine de l'univers, les points cardinaux, et les quatre nommo originels : amma serou, lebe serou, binu serou et diogou serou. C'est également le symbole de l'Arche céleste d'amma qui figure la création de la Terre, ainsi que par association les quatre éléments (la terre, l'air, l'eau et le feu).

Les volets sont un système de protection étroitement lié à la représentation de symboles. Que les motifs soient simplement anecdotiques ou bien liés à la figuration d'un thème mythologique, ils établissent l'appartenance du propriétaire à un lignage familial et traduisent sa position sociale ainsi que son statut.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Région de Ende, falaises de Bandiagara)
Type : Eléments d'architecture
Ethnie : Dogon
Matière : Bois à patine grise, recouverte par endroits d'un engobe croûteux

2215

Volet de grenier Dogon

Les volets était fixé sur la partie médiane du mur d'un grenier à grains, et permettait l'accès aux denrées stockées à l'intérieur. Les greniers Dogon sont étroits, de forme carrée ou ronde, avec une structure en bois recouvert de torchis et isolée du sol, et généralement une toiture de chaume. L'intérieur est constitué de quatre compartiments égaux, et un pot de terre scellé au centre permet de dissimuler des biens personnels ou précieux.

Ce très rare volet présente la particularité d'avoir en son centre un autre volet plus petit. La serrure (ta koguru), ainsi que l'élément servant de butoir à sa traverse, est surmontée d'un oiseau. Le volet central permettait d'accéder à une autre serrure dissimulée à l'arrière du volet (et donc à l'intérieur du grenier), et qui elle ouvrait le volet principal. Ce mécanisme est très différent de celui utilisé généralement sur les greniers (voir photos).

Les volets et les serrures protègent le contenu des greniers essentiellement par leur présence symbolique, il est donc très rare de trouver ce système présentant une double sécurité.
19ème siècle ou antérieur.


Origine : Mali (Région de Dourou, falaises de Bandiagara)
Type : Eléments d'architecture
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, fer, et très ancienne patine d'usage

2363

Volet de grenier Dogon

Ce volet de grenier à grains est sculpté d'un crocodile (ayo), animal symbolisant à la fois l'eau fécondatrice des cultures et défendant contre les voleurs. Le crocodile (ou caïman) est l'un des animaux totémiques des Dogon vivant dans les falaises de Bandiagara. On le retrouve aussi bien représenté sur les volets, que sur les poteaux de case, les portes, ou les serrures de case ou de grenier. Le crocodile symbolise l'ancêtre binu serou. De même, binu serou symbolise l'un des quatre éléments : l'eau (l'air étant symbolisé par amma serou, la terre par lebe serou, et le feu par diogou serou). Ce volet était très probablement posé sur un grenier appartenant à un prêtre du binu (culte dédié aux ancêtres fondateurs et protecteurs du lignage).

Les volets protègent le contenu des greniers essentiellement par leur présence symbolique, ils ne sont donc pas systématiquement munis d'une serrure. D'ailleurs, à ce titre, la serrure peut être considérée comme un ajout symbolique plutôt qu'une réelle protection mécanique. Ceci explique la raison pour laquelle les volets sculptés de motifs ou de représentations n'en ont que rarement, et pourquoi la plupart des volets « simples » sont pourvus d'une serrure. Sculpté par le forgeron du village pour le hogon (chef spirituel et religieux) et les notables, les volets sont un des éléments majeurs de l'art Dogon. La surface extrêmement ravinée de celui-ci est le signe d'une très grande ancienneté (probablement entre le 16ème et le 18ème siècle).
Ce volet provient de la partie abandonnée de l'ancien village de Banani, située juste au pied des falaises. Pour des raisons pratiques d'accessibilité au cultures, et les Dogon n'ayant plus besoin d'une protection naturelle contre les invasions, un nouveau village s'est construit courant du 19ème siècle en bas des éboulis. Depuis, seuls les sanctuaires et les guérisseurs demeurent dans la partie abandonnée du village. Cette partie est généralement considérée comme sacrée et inaccessible (voir photos).


Origine : Mali (Région du village de Banani, cercle de Bandiagara)
Type : Eléments d'architecture
Ethnie : Dogon
Matière : Bois brun clair très dense, patine de surface ravinée

2374

Volet de grenier Dogon

Ce très ancien volet était fixé sur la partie médiane du mur d'un grenier à grains, et permettait l'accès aux denrées stockées à l'intérieur. Les greniers Dogon sont étroits, de forme carrée ou ronde, avec une structure en bois recouvert de torchis et isolée du sol, et généralement une toiture de chaume (voir photo).

Les chevrons symbolisent le serpent lebe (mythe Dogon de la création du monde), ainsi que la pluie fécondatrice des cultures. Au centre, des tortues sont représentées de façon très abstraite. La tortue d'eau est l'un des animaux totémiques des Dogon. On la retrouve aussi bien sur les volets, que sur les poteaux de case, les portes, ou les serrures de case ou de grenier (ta koguru). Animal aquatique lié à la fertilité des cultures, dépositaire du lignage de la ginna, elle protège le grenier des voleurs de par son pouvoir symbolique, et en général conjure le mauvais sort.
Sculpté par le forgeron du village pour le hogon (chef spirituel et religieux) et les notables, les volets sont un des éléments majeurs de l'art Dogon. La surface extrêmement ravinée est le signe d'une grande ancienneté.


Origine : Mali (Région des falaises de Bandiagara)
Type : Eléments d'architecture
Ethnie : Dogon
Matière : Bois brun clair, patine ravinée

2552

Volet de grenier Dogon

Ce volet était fixé sur la partie médiane du mur d'un grenier à grains, et permettait l'accès, tout au long de l'année suivant les récoltes, aux denrées stockées à l'intérieur (mil, sorgho, riz, maïs, fonio, …). Les greniers Dogon sont étroits, de forme carrée ou ronde, avec une structure en bois recouvert de torchis et isolée du sol, et généralement une toiture de chaume ou simplement en terrasse (voir photos).
La serrure est surmontée d'une autruche (ogotanala) ou d'une cigogne (l'arrivée des cigognes coïncide avec la saison des pluies). Associés à cet animal, les petits seins, placés en haut à droite de la serrure, symbolisent la fertilité des cultures. Les motifs situés à droite du volet, de forme pyramidale, représentent de manière abstraite les champs cultivés et leurs sillons. Les volets protègent le contenu des greniers essentiellement par leur présence symbolique. Sculpté par le forgeron du village pour le hogon (chef spirituel et religieux) et les notables, les volets sont un des éléments majeurs de l'art Dogon.
Ce volet provient de la partie abandonnée de l'ancien village d'Ireli, située juste au pied des falaises. Pour des raisons pratiques d'accessibilité au cultures, et les Dogon n'ayant plus besoin d'une protection naturelle contre les invasions, un nouveau village s'est construit courant du 19ème siècle en bas des éboulis. Depuis, seuls les sanctuaires et les guérisseurs demeurent dans la partie abandonnée du village. Cette partie est généralement considérée comme sacrée et inaccessible.


Origine : Mali (Ireli, région des falaises de Bandiagara)
Type : Eléments d'architecture
Ethnie : Dogon
Matière : Bois brun clair à tonalité ocre, patine d'usage

2922

Volet de grenier Dogon

Ce volet de grenier, à l'iconographie riche et complexe, est sculpté de quatre registres de motifs en chevrons symbolisant à la fois l'eau fécondatrice des cultures et la descente sur terre des ancêtres nommo sous forme de pluie. Deux autres registres sont décorés de X et de motifs circulaires. Les X symbolisent les quatre éléments, les points cardinaux, et la place de l'homme dans l'univers. Les motifs circulaires, plus rares, peuvent symboliser la pluie, mais aussi la graine de engendrée par le dieu créateur amma, et à l'origine de toute vie sur terre. Amma, pour créer l'univers, décida de mélanger différentes graines, et de les fondre dans un mouvement continu. De ce mouvement naîtra la graine de . Le brassage d'amma à l'intérieur de la graine entraîna les vibrations de la matière originelle, et le monde naîtra de la fermentation de ces graines dans l'œuf d'amma. L'œuf se changea en placenta, et donna naissance au premier être vivant, un poisson (le nommo anagonno). La répétition, mais aussi l'alternance, des motifs sculptés sur le volet peut signifier un mouvement perpétuel de la matière.
Sur la partie droite sont représentés six personnages, quatre féminins et deux masculins. Il pourrait s'agir de quatre ancêtres, nommo androgynes, associés aux quatre couples de nommo mixtes ancêtres de l'humanité (chaque paire étant elle-même associée à un élément : l'air est symbolisé par amma serou, la terre par lebe serou, l'eau par binu serou et le feu par diogou serou). Les deux nommo mâles ne représenteraient que l'élément multiplicateur, lorsque amma sépara en deux les quatre âmes des nommo pour régénérer le monde, pour obtenir quatre paires de jumeaux mixtes. Outre cette hypothèse, ce volet pourrait figurer l'arche céleste envoyée par amma pour peupler la terre. La serrure figure une tortue d'eau (kiru), symbole du placenta d'amma dont les nommo sont issus.
Les volets protègent le contenu des greniers essentiellement par leur présence symbolique, ils ne sont donc pas systématiquement munis d'une serrure. D'ailleurs, à ce titre, la serrure peut être considérée comme un ajout symbolique plutôt qu'une réelle protection mécanique. Ce volet protégeait très certainement le grenier d'un hogon, guide spirituel et religieux d'un ou plusieurs villages. Le hogon détient un rôle essentiel dans la société Dogon : il est le médiateur, rend la justice, contrecarre les actes de sorcellerie, et harmonise les relations entre les hommes, les différents ancêtres et les esprits de la nature. Mais avant tout, le hogon est le dépositaire de la mémoire collective.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Village de Yougo Dogorou, falaises de Bandiagara)
Type : Eléments d'architecture
Ethnie : Dogon
Matière : Bois brun foncé très dense, patine d'usage croûteuse par endroits

4280

Volet de grenier Dogon

Ce volet de grenier à grains est sculpté de deux crocodiles, animaux symbolisant à la fois l'eau fécondatrice des cultures et défendant contre les voleurs. Le crocodile (ayo) est l'un des animaux totémiques des Dogon vivant dans les falaises de Bandiagara. On le retrouve aussi bien représenté sur les volets, que sur les poteaux de case, les portes, ou les serrures de case ou de grenier. Le crocodile représente l'ancêtre binu serou. De même, binu serou symbolise l'un des quatre éléments : l'eau (l'air étant symbolisé par amma serou, la terre par lebe serou, et le feu par diogou serou). Ce volet était très probablement posé sur un grenier appartenant à un prêtre du binu (culte dédié aux ancêtres fondateurs et protecteurs du lignage).

Les volets protègent le contenu des greniers essentiellement par leur présence symbolique, ils ne sont donc pas systématiquement munis d'une serrure. D'ailleurs, à ce titre, la serrure peut être considérée comme un ajout symbolique plutôt qu'une réelle protection mécanique. Ceci explique la raison pour laquelle les volets sculptés de motifs ou de représentations n'en ont que rarement, et pourquoi la plupart des volets « simples » sont pourvus d'une serrure. Sculpté par le forgeron du village pour le hogon (chef spirituel et religieux) et les notables, les volets sont un des éléments majeurs de l'art Dogon. La surface ravinée de celui-ci est le signe d'une très grande ancienneté (probablement entre le 16ème et le 18ème siècle).


Origine : Mali (Village de Banani, cercle de Bandiagara)
Type : Eléments d'architecture
Ethnie : Dogon
Matière : Bois brun clair très dense, patine de surface ravinée et croûteuse par endroits

4282


Eléments d'architecture • Tellem • Mali
 

Volet de grenier Tellem

Ce petit volet de grenier est sculpté d'un crocodile ou d'une tortue sur sa partie supérieure, et d'un registre de quatre nommo (celui de droite étant extrêmement érodé). Le crocodile (ayo) représente l'ancêtre binu serou. De même, binu serou symbolise l'un des quatre éléments : l'eau (l'air étant symbolisé par amma serou, la terre par lebe serou, et le feu par diogou serou). Si il s'agit d'une tortue (kiru), elle symbolise dans ce cas le placenta des nommo. Les motifs en chevrons bordant la partie supérieure symbolisent l'eau et la fertilité, ainsi que les vibrations de la matière originelle dans le placenta d'amma. La présence de quatre nommo figure l'un des épisodes du mythe Dogon de la création du monde (le tihinle). Il peut s'agir de quatre ancêtres, nommo anagonno androgynes, associés aux quatre couples de nommo mixtes ancêtres de l'humanité (chaque paire étant elle-même associée à un des quatre éléments). Trois de ces nommo anagonno prirent la forme d'un poisson, et le quatrième (ogo) deviendra le renard pâle. Amma sépara en deux les quatre âmes des nommo pour régénérer le monde, et obtenir ainsi quatre paires de jumeaux mixtes. Ce volet était posé sur un grenier Tellem, dans la partie abandonnée de l'ancien village de Teli (voir photos). Les greniers Tellem sont généralement de petite taille, nichés dans les moindres failles de la falaise.
Les volets protègent le contenu des greniers essentiellement par leur présence symbolique, ils ne sont donc pas systématiquement munis d'une serrure. D'ailleurs, à ce titre, la serrure peut être considérée comme un ajout symbolique plutôt qu'une réelle protection mécanique.
14ème / 15ème siècle.


Origine : Mali (Village de Teli, falaises de Bandiagara)
Type : Eléments d'architecture
Ethnie : Tellem / Dogon
Matière : Bois brun foncé très dense, patine de surface ravinée

4269


Masques et cimiers • Afikpo • Nigéria
 

Masque Afikpo

Ce masque était en usage dans la principale société secrète masculine des Afikpo, et participait, suivant son importance, à ses rituels d'initiation. Incarnation de l'esprit du dieu egebele, il dansait lors d'une fête masquée annuelle appelée okumkpa ou okonkwo.
Constitué d'une partie conique projetée vers l'avant, et d'une palette ajourée de motifs en chevrons vers le haut, ce masque était porté sur le visage par un danseur costumé. La partie supérieure pourrait évoquer le couteau à ignames, et la partie inférieure perpendiculaire une machette utilisée autrefois comme arme. Par sa richesse de construction et sa taille importante, ce masque correspondait sans doute à un grade élevé de l'initiation. L'audace géométrique, propre aux Afikpo, est ici complétée d'une très belle patine d'usage témoignant de sa grande ancienneté. La grande majorité de ces masques ont été détruis à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème siècle, lors de conflits coloniaux et de la conversion des quelques villages restant à l'islam. Les villages Afikpo étaient à l'origine peu nombreux (une vingtaine), il est donc d'autant plus rare de pouvoir rencontrer un masque de ce type.
19ème siècle.

Provenance : Collection Yves Develon, Paris, 1993


Origine : Nigéria (Région du Bas Niger et de la Cross River)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Afikpo / Igbo (Ibo)
Matière : Bois, ancienne patine d'usage

2964

Masque Afikpo

Ce masque était en usage dans la principale société secrète masculine des Afikpo, et participait, suivant son importance, à ses rituels d'initiation. Incarnation de l'esprit du dieu egebele, il dansait lors d'une fête annuelle appelée okumkpa ou okonkwo, ainsi que lors des cérémonies liées aux récoltes ou aux funérailles.
Constitué d'une partie arrondie projetée vers l'avant, et d'une palette ajourée de motifs en chevrons vers le haut, ce masque était porté sur le visage par un danseur costumé. La partie supérieure pourrait évoquer le couteau à ignames, et la partie inférieure perpendiculaire une machette utilisée autrefois comme arme. Par sa richesse de construction et sa taille importante, ce masque correspondait sans doute à un grade élevé de l'initiation. L'audace géométrique, propre aux Afikpo, est ici complétée d'une très belle patine d'usage témoignant de sa grande ancienneté. La grande majorité de ces masques ont été détruis à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème siècle, lors de conflits coloniaux et de la conversion des quelques villages restant à l'islam. Les villages Afikpo étaient à l'origine peu nombreux (une vingtaine), il est donc d'autant plus rare de pouvoir rencontrer un masque de ce type.
19ème siècle ou antérieur.


Origine : Nigéria (Région du Bas Niger et de la Cross River, Uzouwani)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Afikpo / Igbo (Ibo)
Matière : Bois, ancienne patine d'usage, pigments naturels

4301

Masque Afikpo

Ce masque mma ji était en usage dans la principale société secrète masculine des Afikpo, et participait, suivant son importance, à ses rituels d'initiation. Incarnation de l'esprit du dieu egebele, il apparaissait lors d'une fête masquée annuelle appelée okumkpa ou okonkwo. Fête durant laquelle était célébré l'obtention d'un titre par un homme du village, déterminant ainsi le prestige et le rang de l'individu au sein de la société. Ce type de masque pouvait également se produire lors de cérémonies liées aux récoltes ou aux funérailles.

La protubérance en forme de serpe plate pourrait évoquer le couteau à ignames. L'audace géométrique, propre aux Afikpo, est ici complétée d'une très belle patine d'usage témoignant de sa grande ancienneté. La grande majorité de ces masques ont été détruis à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème siècle, lors de conflits coloniaux et de la conversion des quelques villages restant à l'islam. Les villages Afikpo étaient à l'origine peu nombreux (une vingtaine), il est donc d'autant plus rare de pouvoir rencontrer un masque de ce type.
19ème siècle.


Origine : Nigéria (Région du Bas Niger et de la Cross River)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Afikpo / Igbo (Ibo)
Matière : Bois, ancienne patine d'usage brun foncé et noire, fibres végétales

5242


Masques et cimiers • Bamana (Bambara) • Mali
 

Couple de cimiers Tyi Wara

Le cimier tyi wara (ou chi wara), fixé sur la tête du danseur à l'aide d'un panier d'osier, était l'attribut d'une société initiatique dont les principes fondamentaux sont d'harmoniser la vie communautaire, la fertilité des cultures et la place de l'Homme au sein du cosmos. Lors de ces cérémonies rituelles, le masque, alors inerte et profane, devenait l'attribut d'un danseur costumé qui lui donnait vie et parole. Car ce n'est qu'au travers du mouvement, et du porteur plus particulièrement, que le masque trouve son efficacité et son sens.

Les tyi wara étaient portés lors des cérémonies agricoles, et dansaient généralement en couple. Représentant des antilopes très stylisées, mâle et femelle, ils sont décorés de stries et de motifs en chevrons, les yeux incrustés de verre, et les cornes sont finement torsadées. Symbole de fécondité, les tyi wara expriment l'art de rendre une terre fertile ; symbole des origines de l'Homme, ils prennent également le sens de la création de l'univers par analogie des symboles et des mythes.
Probablement 19ème siècle.

Dimension femelle (cm) : 66, 5 x 41 ; dimension mâle (cm) : 73, 5 x 43


Origine : Mali (Région de Kayes)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois, tissus, cauris, pigments naturels, vannerie, très belle patine d'usage

2297

Masque Bamana

Ce très beau masque animalier représente un buffle. Le traitement monumental des cornes, ainsi que la géométrie harmonieuse des oreilles partant du mufle, donnent à cet objet une symétrie parfaite. Ce masque était utilisé en cas de mauvaise récolte ou de sécheresse par la société secrète kore. La géométrie de ce masque, extrapolant les formes à la perfection, est un moyen de sublimer le concept même de la représentation animale.
Le kore, dont l'obtention supposait l'acquisition de nombreuses connaissances d'ordre spirituel, était le grade le plus élevé des six sociétés secrètes d'initiation (dyow). Ces connaissances étaient censées permettre aux hommes d'entrer en relation avec les puissances divines et d'accéder à un cycle de réincarnations sans fin. Pour parvenir à ce niveau, les membres de la société kore devaient se soumettre à des rites longs et douloureux, y compris à une mort et une résurrection symboliques. Les néophytes se répartissaient entre les huit classes du kore, chacune ayant un emblème différent et révélant un aspect spécifique des pratiques religieuses. Leur statut de surhomme les autorisait, en certaines occasions, à ne pas tenir compte des conventions sociales.

Sa grande ancienneté, sa rareté, et son style font de cet objet une pièce majeure de l'expression artistique Bamana.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Région de Bougouni)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois, profonde patine brune, patine sacrificielle

2084

Masque Bamana Kore

Ce très ancien masque était utilisé dans le cadre des rites initiatiques de la société secrète kore, et lors des cérémonies agricoles. La forme du visage est oblongue, et la sculpture a été réalisée dans un style Bamana très clairement identifiable.

Ce type de masque est assez rare d'un point de vue stylistique et iconographique : la rangée de cornes, avec un personnage sculpté au milieu (probablement faro, la déesse mère de l'eau), est un thème assez commun aux masques n'tomo d'une autre des sociétés initiatiques Bamana. Pour autant, il semblerait que ce masque représente une hyène, animal totémique de la société kore.
Le kore, dont l'obtention supposait l'acquisition de nombreuses connaissances d'ordre spirituel, était le grade le plus élevé des six sociétés secrètes d'initiation (dyow). Ces connaissances étaient censées permettre aux hommes d'entrer en relation avec les puissances divines et d'accéder à un cycle de réincarnations sans fin. Pour parvenir à ce niveau, les membres de la société kore devaient se soumettre à des rites longs et douloureux, y compris à une mort et une résurrection symboliques. Les néophytes se répartissaient entre les huit classes du kore, chacune ayant un emblème différent et révélant un aspect spécifique des pratiques religieuses. Leur statut de surhomme les autorisait, en certaines occasions, à ne pas tenir compte des conventions sociales.

Probablement milieu du 19ème siècle.


Origine : Mali (Région de Ouelessebougou)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois à belle et ancienne patine d'usage

2518

Masque Bamana Kore

Ce très ancien masque était appelé kore suruku. Il était utilisé dans le cadre des rites d'initiation de la société kore, et lors des cérémonies agricoles. Ce type de masque est très rare d'un point de vue stylistique et iconographique. Il représente et symbolise la hyène, animal totémique de cette société secrète, mais aussi d'autres animaux plus difficilement identifiables. La présence de longues oreilles pourrait symboliser komo, génie aux pouvoirs surnaturels qui lui permettent d'entendre le moindre son, et lui-même emblème d'une autre société secrète.
Le kore, dont l'obtention supposait l'acquisition de nombreuses connaissances d'ordre spirituel, était le grade le plus élevé des six sociétés secrètes d'initiation (dyow). Ces connaissances étaient censées permettre aux hommes d'entrer en relation avec les puissances divines et d'accéder à un cycle de réincarnations sans fin. Pour parvenir à ce niveau, les membres de la société kore devaient se soumettre à des rites longs et douloureux, y compris à une mort et une résurrection symboliques. Les néophytes se répartissaient entre les huit classes du kore, chacune ayant un emblème différent et révélant un aspect spécifique des pratiques religieuses. Leur statut de surhomme les autorisait, en certaines occasions, à ne pas tenir compte des conventions sociales.

La patine, finement grenelée par endroits, recouvre partiellement les motifs incisés sur le pourtour et le front. Ces motifs (cercles et chevrons imbriqués) sont très probablement liés à la fertilité, ainsi qu'aux divinités de l'eau (faro) et de la terre (mouso koroni). Mouso koroni koundyé, en copulant avec le serpent cobra, donna naissance au tyi wara, divinité mi-humaine mi-animale qui apprit aux hommes à cultiver la terre.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Région de Koutiala)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois à belle et ancienne patine d'usage

2977

Masque Bamana Kore

Ce très ancien masque Bamana (appelé kore suruku ou nama koroni koun) représente une hyène. Il s'agit de l'un des animaux totémiques de la sixième société secrète et initiatique des Bamana : la société kore. La hyène était admirée pour sa force et sa ruse. Ce masque était utilisé pour appeler les esprits protecteurs lors des funérailles et de certains rites agraires.

Le kore, dont l'obtention supposait l'acquisition de nombreuses connaissances d'ordre spirituel, était le grade le plus élevé des six sociétés secrètes d'initiation (dyow). Ces connaissances étaient censées permettre aux hommes d'entrer en relation avec les puissances divines et d'accéder à un cycle de réincarnations sans fin. Pour parvenir à ce niveau, les membres de la société kore devaient se soumettre à des rites longs et douloureux, y compris à une mort et une résurrection symboliques. Les néophytes se répartissaient entre les huit classes du kore, chacune ayant un emblème différent et révélant un aspect spécifique des pratiques religieuses. Leur statut de surhomme les autorisait, en certaines occasions, à ne pas tenir compte des conventions sociales.

19ème siècle ou antérieur.


Origine : Mali (Région de Kolondieba, Bougouni)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois, très belle patine brune d'usage, réparations anciennes

4325

Masque Bamana N'Golo

Ce masque anthropo-zoomorphe était utilisé dans le cadre des rituels d'initiation de la société secrète kore, lors d'une cérémonie appelée n'golo. Il servait d'intermédiaire entre les ancêtres, le monde de l'au-delà, et le monde des vivants. Les traces de résine, principalement sur le front et les cornes, indiquent que ce masque était probablement décoré de cauris ou de graines.

Mi-humain, mi-antilope, le visage est profondément recueilli afin d'attirer les vibrations des « spectateurs » et d'apporter le pouvoir au danseur (voir vidéo jointe). Lors de cette cérémonie rituelle, le masque, alors inerte et profane, devenait l'attribut d'un danseur costumé qui lui donnait vie et parole. Car ce n'est qu'au travers du mouvement, et du porteur plus particulièrement, que le masque prouve son efficacité.
19ème siècle.


Origine : Mali
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois, ancienne patine d'usage et traces de résine végétale

5133

Masque Bamana N'Tomo

Ce très ancien masque, probablement du 19ème siècle, était utilisé dans le cadre des rites d'initiation de la société n'tomo. La forme du visage est ovale, les yeux en « tube » et le nez forme une longue arrête rejoignant la bouche.
Ce type de masque est extrêmement rare d'un point de vue stylistique et iconographique.


Origine : Mali (Région de Koutiala)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois, profonde patine d'usage

2179

Masque cimier Tyi Wara

Ce très beau cimier sogoni kun (communément appelé tyi wara) représente de façon abstraite une antilope portant sur son dos ses deux petits (trois paires de cornes). En usage dans les fêtes agraires de la société initiatique et secrète tyi wara des jeunes agriculteurs, cet objet (décoré de petits cercles incisés) avait pour fonction de favoriser les récoltes. Ce masque dansait lors de cérémonies ayant lieu au début et à la fin du cycle agricole.

Le cimier sogoni kun, fixé sur la tête à l'aide d'un panier d'osier, était l'attribut de la cinquième des six sociétés initiatiques des Bamana (dyow), la société tyi wara, dont les principes fondamentaux sont d'harmoniser la vie des hommes, la fertilité des cultures et la place de l'Homme au sein du cosmos. Le corps représente l'antilope hippotragus (dega) qui, selon la mythologie des Bamana, aurait offert aux hommes la première céréale. Symbole de fécondité, le sogoni kun exprime l'art de rendre une terre fertile ; symbole des origines de l'Homme, il prend également le sens de la création de l'univers par analogie des symboles et des mythes.
Probablement 19ème siècle ou antérieur.


Origine : Mali (Région de Bougouni)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois, patine brune d'usage

2385


Masques et cimiers • Bini • Nigéria
 

Masque Bini

Ce masque facial appartient à la société ekpo, et dansait principalement lors des festivités de l'igname. Il représente un chef ou une personne de haut rang social. Les cornes partant du sommet du front, prolongeant ainsi l'arrondi du visage, symbolisent la fertilité. Notons un petit oiseau sculpté, et surajouté entre les cornes.

Probablement 19ème siècle.


Origine : Nigéria (Région de Iyekhoriomo)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Bini
Matière : Bois dur, patine croûteuse par endroits, grise et brune sur le front, le reste est blanchi au kaolin, traces d'indigo autour des yeux

5393


Masques et cimiers • Bolon • Burkina Faso
 

Masque Bolon Koufen

Ce masque était utilisé par la société secrète dwo (dont les rites initiatiques sont très proches de ceux des sociétés dyow des Bamana, ou du poro des Senoufo) lors de cérémonies et de compétitions agricoles. Cette société est organisée autour d'un ordre hiérarchique d'initiations dont les degrés de connaissances sont complexes et ésotériques. Après une période de sept années permettant d'accéder à la seule initiation, elle est constituée d'une division interne en cinq grades d'âges, le plus élevé ne pouvant être accessible qu'après avoir fait l'apprentissage de toutes les étapes de l'initiation. Ce masque ne pouvait être porté qu'à partir du troisième niveau de l'initiation. Le premier stade est marqué par la mort symbolique du candidat, sa résurrection le lendemain étant suivie d'une retraite hors du village.

Ce masque, très ancien, était à l'origine entièrement recouvert de feuilles de métal repoussé (traces des clous de fixation et des décors en chevrons imprimé dans le bois).
Probablement 18ème siècle ou antérieur.


Origine : Burkina Faso (Région ouest et frontière du Mali)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Bolon
Matière : Bois brun très dense micro fissuré, manques apparents

2939


Masques et cimiers • Dan • Côte d'Ivoire
 

Masque de course Dan

Ce masque, figurant un visage humain idéalisé, est du style Diomandé (Mandé du sud) : le visage est ovale, souligné de trois profondes incisions, les yeux sont circulaires et le front est légèrement bombé. La bouche est particulièrement marquée, et rehaussée d'un ancien fragment de tissu. Incarnant les esprits de la forêt, ce type de masque servait avant tout à renforcer l'ordre communautaire et à préserver la paix.
Ce masque de course était porté par les jeunes gens du village lors des concours organisés pour eux (tankagle), à la saison sèche, et participait aux rites initiatiques de passage à l'âge adulte des sociétés secrètes masculines (ge bon). La patine, ainsi que l'usure des trous rectangulaires de fixation sont la preuve d'un usage long et ancien. Le travail de taille, particulièrement visible à l'intérieur du masque, est un véritable cas d'école (voir photo). Ce masque est d'une très grande ancienneté, et très spectaculaire par son expression et sa pureté stylistique.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Côte d'Ivoire (Danané, région du sud-ouest)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Dan (Diomandé)
Matière : Bois, très ancienne patine d'usage, fragment de tissu

2914


Masques et cimiers • Dogon • Mali
 

Masque antilope Dogon

Ce très ancien masque antilope (appelé ka ou karanda) était utilisé lors des cérémonies commémoratives du dama. Pour guider les morts vers le monde des ancêtres et rétablir l'ordre du monde des vivants, ces cérémonies ont lieu toutes les cinq années. Il était accompagné de centaines d'autres danseurs masqués formant ainsi une représentation abstraite de l'environnement du peuple Dogon. Le masque antilope est admiré pour sa beauté et la puissance de ses performances, ainsi que pour son agilité. L'antilope mythique walu avait été chargée par le dieu amma de protéger le soleil du renard yourougou, qui espérait alors retrouver dans son rayonnement sa sœur jumelle yasiguini. Après de nombreux échecs, le renard creusa dans le sol des trous pour y faire tomber l'antilope. Malgré les soins qui lui furent prodigués par les nommo, elle succomba à ses blessures. La légende dit que le masque walu fut sculpté pour lui rendre hommage. Les cérémonies du dama ont un lien étroit avec le culte des ancêtres (et la mort), ainsi qu'avec l'équilibre de l'univers.

Lors de ces cérémonies rituelles, le masque, alors inerte et profane, devenait l'attribut d'un danseur costumé qui lui donnait vie et parole. Car ce n'est qu'au travers du mouvement, et du porteur plus particulièrement, que le masque fait preuve de son efficacité. Il trouve alors son sens premier, celui du sacré, dans la parole des anciens.
19ème siècle ou antérieur.


Origine : Mali (Région de Yougo Piri)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, pigments d'origine, ancienne patine d'usage

4349

Masque Kanaga

Le masque kanaga appartient à la société initiatique masculine awa, étroitement liée au culte des ancêtres et aux cérémonies du dama. Pour les Dogon, ces rituels permettent d'accéder à la force vitale universelle et à la réincarnation d'un défunt. Lors de ces cérémonies, le masque, alors inerte et profane, devenait l'attribut d'un danseur costumé qui lui donnait vie et parole. Car ce n'est qu'au travers du mouvement, et du porteur plus particulièrement, que le masque fait preuve de son efficacité.

Il peut être interprété de différentes façons par les initiés, les danseurs et les spectateurs. Pour les uns, il représente l'oiseau kommolo tebu, pour d'autres, le crocodile, la vache, l'antilope, ou le forgeron sculpteur lui-même. Tout dépend de l'interprétation des attributs du danseur (coiffe, sacoche, bâton, costume, …) et de la façon dont le masque « danse ». L'interprétation symbolique de l'initié révèle le créateur, indiqué par la gestuelle du danseur dans le ciel et la terre. De même, une interprétation anthropomorphique de la partie supérieure du masque pourrait aboutir à la représentation du dieu amma lui-même. Ses bras représenteraient le ciel, ses jambes la terre, et le costume du danseur les vibrations de la matière originelle.
19ème siècle ou antérieur.


Origine : Mali (Région de Tireli, falaises de Bandiagara)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, pigments naturels, résine et fibres végétales, très ancienne patine d'usage

2318

Masque Kanaga

Le masque kanaga peut être interprété de différentes façons par les initiés, les danseurs et les spectateurs. Pour les uns, il représente l'oiseau kommolo tebu, pour d'autres, le crocodile, la vache, l'antilope, ou le forgeron sculpteur lui-même. Tout dépend de l'interprétation des attributs du danseur (coiffe, sacoche, bâton, costume …) et de la façon dont le masque « danse ». Alors inerte et profane, il devenait l'attribut d'un danseur costumé qui lui donnait vie et parole. Car ce n'est qu'au travers du mouvement, et du porteur plus particulièrement, que le masque trouve son efficacité et son sens.

Ce type de masque est attribué à la société masculine awa, étroitement liée au culte des ancêtres et aux cérémonies rituelles du dama. Pour les Dogon, ces cérémonies permettent d'accéder à la force vitale universelle et à la réincarnation d'un défunt. L'interprétation symbolique de l'initié révèle le créateur, indiqué par la gestuelle du danseur dans le ciel et la terre. De même, une interprétation anthropomorphique de la partie supérieure du masque pourrait aboutir à la représentation du dieu amma. Ses bras représenteraient le ciel, ses jambes la terre, et le costume du danseur les vibrations de la matière originelle.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Dogon
Matière : Très ancienne patine d'usage, pigments d'origine, restaurations indigènes

2327

Masque Kanaga

Le masque kanaga appartient à la société initiatique masculine awa, étroitement liée au culte des ancêtres et aux cérémonies du dama. Il est le seul masque fabriqué par les membres de cette société secrète. Pour les Dogon, les rituels du dama permettent d'accéder à la force vitale universelle et à la réincarnation d'un défunt. Pour guider les morts vers le monde des ancêtres et rétablir l'ordre du monde des vivants, ces cérémonies ont lieu toutes les cinq années. Lors de celles-ci, le masque, alors inerte et profane, devenait l'attribut d'un danseur costumé qui lui donnait vie et parole. Car ce n'est qu'au travers du mouvement, et du porteur plus particulièrement, que le masque fait preuve de son efficacité.

Il peut être interprété de différentes façons par les initiés, les danseurs et les spectateurs. Pour les uns, il représente l'oiseau kommolo tebu, pour d'autres, le crocodile, la vache, l'antilope, ou le forgeron sculpteur lui-même. Tout dépend de l'interprétation des attributs du danseur (coiffe, sacoche, bâton, costume, …) et de la façon dont le masque « danse ». L'interprétation symbolique de l'initié révèle le créateur, indiqué par la gestuelle du danseur dans le ciel et la terre. De même, une interprétation anthropomorphique de la partie supérieure du masque pourrait aboutir à la représentation du dieu amma lui-même. Ses bras représenteraient le ciel, ses jambes la terre, et le costume du danseur les vibrations de la matière originelle. La forme atypique et rare de ce masque laisse à penser qu'il pourrait s'agir d'un amba numa (« bras d'amma »). Les mouvements du danseur portant ce masque sont censés rappeler les gestes du dieu créateur amma au moment de la création du monde.
19ème siècle ou antérieur.


Origine : Mali (Région de Yougo Na, falaises de Bandiagara)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, pigments naturels, résine végétale, très ancienne patine d'usage

4308


Masques et cimiers • Koulango • Côte d'Ivoire
 

Masque Koulango

Ce masque, exceptionnel et très rare, représente l'âme d'un défunt. Il était porté par les hommes de la société secrète kiemvé aux cérémonies du culte de l'igname et lors des rituels funéraires de ses membres. Lors de ces cérémonies, le masque, alors inerte et profane, devenait l'attribut d'un danseur costumé qui lui donnait vie et parole. Car ce n'est qu'au travers du mouvement, et du porteur plus particulièrement, que le masque fait preuve de son efficacité. Il trouve alors son sens premier, celui du sacré, dans la parole des anciens.
Les motifs du pourtour la coiffure sont complétés d'un bec de calao (appelé yangaleya), oiseau sacré et associé à la fertilité dans de nombreuses communautés. Animal mythique des premiers temps, il est aussi le protecteur de l'âme des défunts. Empreint d'une grande finesse, d'une évidente rigueur esthétique, mais aussi d'une grande sensualité, ce masque très émouvant peut être considérée comme l'un des chefs-d'œuvre de l'art méconnu des Koulango.
Probablement 19ème siècle ou antérieur.


Origine : Côte d'Ivoire (Région de Bondoukou)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Koulango (ou Ligbi)
Matière : Bois, patine d'usage, anciennes traces de kaolin autour des yeux, tissu

2975


Masques et cimiers • Kran • Côte d'Ivoire
 

Masque de justice

Les Kran et les Guere (Wè) se situent dans la région sud-ouest de la Côte d'Ivoire et au sud du Libéria, et appartiennent au groupe Krou (pour les distinguer des populations de culture Mandé, comme les Dan).
Ce masque, dont la mâchoire est articulée, servait de justicier et protégeait le village des mauvais esprits. Plus il était effrayant, plus sa parole était crainte et respectée. Lors de festivités, il transmettait la volonté des ancêtres tutélaires à l'ensemble de la communauté villageoise. Il permettait également de faire payer les dettes, de s'opposer aux adultères, et de veiller sur les mères et leurs enfants.


Origine : Côte d'Ivoire (Région du Cavally, limitrophe du sud Libéria)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Kran (Guere (Wè), groupe Krou)
Matière : Bois, ancienne patine d'usage, fibres végétales, tissu

2972


Masques et cimiers • Kurumba • Burkina Faso
 

Masque antilope Kurumba

Sculpté d'une seule pièce de bois, ce masque antilope est empreint d'une grande finesse et d'une évidente rigueur esthétique. Remarquable par la taille de ses cornes, ce masque était admiré par les Kurumba pour sa beauté et la puissance de ses performances. Il dansait essentiellement lors des festivités agricoles qui avaient lieu au début et à la fin de l'hivernage. Comme pour leurs voisins Dogon, il pourrait également avoir été utilisé lors de cérémonies funéraires pour transporter les âmes défuntes hors du village.

Lors de ces cérémonies rituelles, le masque, alors inerte et profane, devenait l'attribut d'un danseur costumé qui lui donnait vie et parole. Car ce n'est qu'au travers du mouvement, et du porteur plus particulièrement, que le masque fait preuve de son efficacité. Il trouve alors son sens premier, celui du sacré, dans la parole des anciens.
Fin du 19ème / début du 20ème siècle.


Origine : Burkina Faso (Région de Djibo, frontalière du Mali)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Kurumba
Matière : Bois brun clair érodé, patine d'usage, polychromie et réparations anciennes

4313


Masques et cimiers • Malinke • Mali
 

Masque Malinke N'Tomo

Ce masque, d'un type peu courant, est attribuable aux Malinke, un groupe voisin des Bamana et ayant adopté les rites initiatiques de la société n'tomo. La représentation de la coiffe à cornes multiples est spécifique aux masques n'tomo, mais l'une des particularités de celui-ci est de figurer ces cornes dans un large ovale.

Utilisé lors des rituels d'initiation et des cérémonies agricoles, il était porteur de la force spirituelle et protectrice du lignage. Lors de ces cérémonies, le masque, alors inerte et profane, devenait l'attribut d'un danseur costumé qui lui donnait vie et parole. Car ce n'est qu'au travers du mouvement, et du porteur plus particulièrement, que le masque trouve son sens premier et son efficacité.

Ce masque est exceptionnel tant par son exécution compacte et rigoureuse que par sa parfaite symétrie.
Probablement 19ème siècle.


Origine : Mali (Région de Kayes)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Malinke
Matière : Bois à belle et ancienne patine d'usage, noire et granuleuse

2549


Masques et cimiers • Nuna • Burkina Faso
 

Masque hyène Nuna

Ce masque représente une hyène, animal totémique des Nuna. Il est sculpté de motifs géométriques, et de cercles concentriques autour des yeux. La forme du masque et les motifs géométriques constituent les éléments d'un système de communication basé sur les symboles. Ceux-ci varient non seulement d'un groupe à l'autre, mais aussi au sein d'un même village. Pour le profane, ils représentent les esprits de la brousse (su) agissant comme intermédiaires entre les ancêtres et l'humanité. Aux yeux des initiés, le masque prend un sens plus profond : il est un rappel de l'ordre social, politique et religieux propre à sa communauté.
Ce masque était utilisé pour apporter fertilité, santé et prospérité à la communauté et à son détenteur. Il dansait pour éloigner les mauvais esprits, et participait aux différentes cérémonies initiatiques et funéraires. Sa très grande ancienneté suggère que ce masque sacré était sans doute utilisé comme un autel dédié à l'esprit divin de su.


Origine : Burkina Faso (Région située entre la Volta Rouge et la Volta Noire)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Nuna / Gurunsi
Matière : Bois brun micro fissuré, belle et ancienne patine sacrificielle granuleuse

2944


Masques et cimiers • Pende • République dém. du Congo (Zaïre)
 

Masque Pende

Dans le large éventail des masques Pende, les caractéristiques anthropomorphes et zoomorphes sont souvent liées. Les losanges latéraux du masque panya ngombe symbolisent les oreilles du buffle, animal qui lui-même a sa propre association.

Les Pende sculptent plusieurs types de masques, la plupart du temps associés aux rituels d'initiation. Les masques des Pende orientaux incarnent les forces héréditaires et servent d'intermédiaires avec le monde des esprits. Ils sont traditionnellement peints en rouge, noir et blanc, et décorés de petits triangles incisés.

Fin du 19ème / début du 20ème siècle.

Provenance : Acquis de Paul Rutten, Amsterdam


Origine : République dém. du Congo (Zaïre)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Pende (Orientaux)
Matière : Bois, très belle patine d'usage, suintante par endroits, ancienne polychromie

5377

Masque Pende

Dans le large éventail des masques Pende, les caractéristiques anthropomorphes et zoomorphes sont souvent liés. Les Pende sculptent plusieurs types de masques, la plupart du temps associés aux rituels d'initiation. Les masques des Pende orientaux incarnent les forces héréditaires et servent d'intermédiaires avec le monde des esprits.

19ème siècle.

Provenance :
Acquis d'une collection privée, Amsterdam
Ancienne collection Alex Arthur, Brussels


Origine : République dém. du Congo (Zaïre)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Pende (Orientaux)
Matière : Bois, très belle patine d'usage, ancienne polychromie, restauration indigène

5417


Masques et cimiers • Senoufo • Côte d'Ivoire
 

Masque Senoufo Wanyugo

Les masques wanyugo sont portés lors des cérémonies funéraires de la société initiatique du poro, et permettent au défunt d'entrer au royaume des esprits. Leur rôle est en fait de protéger le village des esprits malveillants et de la sorcellerie, et de préserver la communauté du malheur et des maladies. Originaire du « bois sacré », sanctuaire des ancêtres et des esprits de la brousse, ce masque était porté par un initié du poro. Cette association, très puissante, et dont les dignitaires parlent une langue secrète, joue un rôle essentiel dans la vie communautaire. Elle tisse des liens de fraternité et d'assistance entre les membres d'une même classe d'âge et d'un même grade (le poro étant divisé en trois grades, eux-mêmes divisés en plusieurs échelons).
Ce masque puise sa force dans une association iconographique complexe : la robustesse du buffle, la sagesse de l'antilope, l'agressivité du phacochère, et la puissance du crocodile. Cet objet est exceptionnel tant par la vigueur de son exécution que par sa petite taille. La patine met clairement en évidence sa grande ancienneté et son usage rituel (voir vidéo jointe).

Provenance : Collection Yves Develon, Paris, 1991


Origine : Côte d'Ivoire
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Senoufo
Matière : Bois, ancienne patine sacrificielle croûteuse, fragments de tissu

2965


Masques et cimiers • Teke • République dém. du Congo (Zaïre)
 

Masque Teke

Très proche stylistiquement des masques faciaux utilisés lors des danses kidumu par les Tsaayi, cet objet présente une forme et des motifs interprétés comme des symboles lunaires. Toutefois, et contrairement aux rares exemplaires répertoriés, ce masque n'était pas destiné à être porté sur le visage. Constitué de deux parties discoïdes distinctes, séparées par une profonde entaille biseautée sur tout le pourtour, et réunies par une sorte d'anse permettant un accrochage suspendu, ce masque était probablement un masque de case. Il aurait pu être utilisé également comme masque de torse, mais la patine présente sur la face arrière ne révèle pas de traces de frottement, mais au contraire une épaisse patine fumée et croûteuse. La face avant est elle constituée d'une patine sacrificielle épaisse et très incrustée. Notons également la représentation d'un nez dédoublé.

Probablement 19ème siècle.

Littérature : « Masques Africains de la collection Barbier-Mueller », 1997, 2000, Adam Biro, Paris, p. 190.


Origine : République dém. du Congo (Zaïre) (Région de l'Ogooué)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Teke (ou Tsaayi)
Matière : Bois très dense, épaisse et ancienne patine sacrificielle sur le devant, patine fumée et érodée sur l'arrière

5316


Masques et cimiers • Yaka • République dém. du Congo (Zaïre)
 

Masque d'initiation Yaka

Chez les Yaka, les cérémonies d'initiation marquant le passage des jeunes enfants à l'âge adulte s'accompagnent de nombreuses danses masquées au moment du retour des initiés. Pour célébrer la fin de cette période d'apprentissage, des festivités sont organisées pour signifier la fin du cycle, et de nouveaux masques sont alors sculptés.
L'initiation mukhanda, qui inclue les rituels de circoncision, est un élément essentiel de la vie des Yaka et un passage obligé pour tous les jeunes adultes. A cette occasion, les cérémonies ont lieu dans un endroit isolé appelé mukhanda-mu-msitu. Les rituels sont organisés par les deux principales sociétés secrètes, ngoni et yiwilla.
Ce masque (mwelo ou m-bawa) a été sculpté pour ces rituels d'initiation. Il est pourvu à la base d'une poignée de préhension dissimulée par la chevelure en fibre de raphia. Le forgeron (muumbwa) a la charge de réparer et de sculpter de nouveaux masques pour chaque nouvelle cérémonie de circoncision. Les masques dansent alors par paires ou en groupes, excepté celui porté par le maître de cérémonie qui danse seul. Tous participent, mais les masques distinguent le maître de cérémonie, le sculpteur, les ritualistes, des jeunes initiés eux-mêmes. Les couleurs utilisées sur le masque (le blanc du kaolin et le rouge du tukula) renverraient à la notion d'androgynie, à cette période de transition dans laquelle se trouve l'initié, ainsi que son accès à la procréation. Les masques les plus courants, ceux des initiés, sont appelés kholuka et sont surmontés de personnages ou de scènes de la vie quotidienne. Le masque présenté étant zoomorphe (appelé mpakasa, il devait susciter la peur des initiés), il aura très probablement été porté par un maître enseignant pour qui ce type de masque était réservé.
19ème ou début du 20ème siècle.


Origine : République dém. du Congo (Zaïre) (Région du fleuve Kwango, sud-ouest du Zaïre)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Yaka
Matière : Bois, canevas, raphia, tissu enduit de résine, pigments naturels, ancienne patine d'usage

4357


Objets ethnographiques • Bozo • Mali
 

Tabouret Bozo

Ce petit et très ancien tabouret a été collecté en pays Bozo. Les traces évidentes de son usage, sur le dessus de l'assise et les montants, suggèrent qu'il a effectivement été utilisé pour s'asseoir. Sa petite taille laisse supposer qu'il aurait pu être destiné à l'usage d'une femme ou d'un enfant, ou bien d'un piroguier. Ce siège est magnifique par la symétrie et la finesse de sa sculpture, et par sa très ancienne patine d'usage (probablement 19ème siècle ou antérieur).

Les Bozo vivent essentiellement sur les rives du fleuve Niger, à proximité de leurs voisins Dogon. Ils sont la plus ancienne population implantée dans cette région du Mali. La plupart d'entres eux sont pêcheurs ou piroguiers. Leurs ressources proviennent de la pêche, ainsi que du transport fluvial (denrées alimentaires, animaux, transport de voyageurs). D'autre part, depuis plusieurs siècles, les Bozo détiennent le quasi monopole du transport des plaques de sel en provenance des mines situées au nord du Mali, à Taoudeni (voir photo). Ces plaques sont transportées par les Bozo, qui prennent alors le relais des caravanes Touareg venant du désert, de Tombouctou à Bamako, et parfois même beaucoup plus loin.


Origine : Mali (Région de Mopti)
Type : Objets ethnographiques
Ethnie : Bozo
Matière : Bois beige clair très dense, patine d'usage

2547


Objets ethnographiques • Bwa • Burkina Faso
 

Tabouret de femme Bwa

Chez les Bwa, ce tabouret, comme d'autres biens personnels, était intimement associé à l'esprit de sa propriétaire. L'usage qui en était fait, au cours des décennies, ne faisait que renforcer ces liens étroits ; de telle sorte qu'au décès de sa propriétaire, le tabouret était placé sur l'autel familial et servait d'interface pour communiquer avec l'âme du défunt.

Les femmes ont des tabourets qui invariablement ont quatre pieds, alors que ceux des hommes n'en ont que trois. Dans de nombreux pays d'Afrique, les nombres quatre et trois sont associés au sexe féminin d'une part, et au sexe masculin d'autre part. Ce tabouret aux lignes gracieuses est pourvu d'une poignée ornée d'une tête (voir vidéo jointe), avec une coiffure semi-circulaire terminée par une tresse, et repose sur quatre pieds coniques. La patine est à l'évidence la trace d'un usage presque séculaire.
19ème siècle ou antérieur.


Origine : Burkina Faso (Région de Dedougou)
Type : Objets ethnographiques
Ethnie : Bwa
Matière : Bois dur, ancienne et profonde patine d'usage

5350


Objets ethnographiques • Lobi • Burkina Faso
 

Tabouret Lobi

Chez les Lobi, ce tabouret, comme d'autres biens personnels, était intimement associé à l'esprit de son propriétaire. L'usage qui en était fait, au cours des décennies, ne faisait que renforcer ces liens étroits ; de telle sorte qu'au décès de son propriétaire, le tabouret était placé sur l'autel familial et servait d'interface pour communiquer avec l'âme du défunt.

Les femmes ont des tabourets qui invariablement ont quatre pieds, alors que ceux des hommes n'en ont que trois. Dans de nombreux pays d'Afrique, les nombres quatre et trois sont associés au sexe féminin d'une part, et au sexe masculin d'autre part. Ce tabouret aux lignes gracieuses est pourvu d'une longue poignée projetée vers l'avant, et dont la patine est à l'évidence la trace d'un usage presque séculaire.
19ème siècle ou antérieur.


Origine : Burkina Faso (Région sud-ouest de la Volta Noire)
Type : Objets ethnographiques
Ethnie : Lobi (ou Dagari)
Matière : Bois beige clair très dense, très ancienne patine d'usage

4278


Objets ethnographiques • Touareg • Mauritanie
 

Piquet Touareg

Dans le désert saharien, le bois est un des matériaux les plus rares et donc des plus précieux. Il est utilisé à la confection de piquets et de poutrelles pour les tentes des tribus nomades, ainsi qu'à la réalisation de l'armature des lits, des récipients et de la vaisselle. Taillé de telle façon qu'il puisse être facilement planté dans le sable, il pourrait avoir été utilisé pour suspendre des sacoches de cuir. La partie supérieure est très élaborée, sculptée de motifs semi-circulaires, triangulaires et en forme de « fleur de lotus ».
Ce piquet, dont le symbolisme est presque totémique, représente un élément important de chacun des campements. En effet, il ne peut avoir été sculpté que par les membres d'une guilde appelée Enaden (littéralement, « l'autre »), des forgerons devenus maîtres dans la réalisation des éléments d'apparat de la société Touareg. Ces éléments permettent de distinguer les notables et dignitaires qui la constituent : les imochar, ou guerriers, et les insilimen, ou guides religieux. Cette guilde d'artisans, bien que considérée comme culturellement importante, a toujours été socialement marginalisée. Les Enaden étant forgerons, ils sont également sculpteurs, et leur production artistique est hautement porteuse de symboles.
Début du 20ème siècle.


Origine : Mauritanie (Niger ou région ouest saharienne)
Type : Objets ethnographiques
Ethnie : Touareg
Matière : Bois, ancienne patine d'usage brun rouge

4299

Piquet Touareg

Dans le désert saharien, le bois est un des matériaux les plus rares et donc des plus précieux. Il est utilisé à la confection de piquets et de poutrelles pour les tentes des tribus nomades, ainsi qu'à la réalisation de l'armature des lits, des récipients et de la vaisselle. Taillé de telle façon qu'il puisse être facilement planté dans le sable, il pourrait avoir été utilisé pour suspendre des sacoches de cuir. La partie supérieure est très élaborée, sculptée de motifs semi-circulaires, triangulaires et en forme de « fleur de lotus ».
Ce piquet, dont le symbolisme est presque totémique, représente un élément important de chacun des campements. En effet, il ne peut avoir été sculpté que par les membres d'une guilde appelée Enaden (littéralement, « l'autre »), des forgerons devenus maîtres dans la réalisation des éléments d'apparat de la société Touareg. Ces éléments permettent de distinguer les notables et dignitaires qui la constituent : les imochar, ou guerriers, et les insilimen, ou guides religieux. Cette guilde d'artisans, bien que considérée comme culturellement importante, a toujours été socialement marginalisée. Les Enaden étant forgerons, ils sont également sculpteurs, et leur production artistique est hautement porteuse de symboles.
19ème ou début du 20ème siècle.


Origine : Mauritanie (Niger ou région ouest saharienne)
Type : Objets ethnographiques
Ethnie : Touareg
Matière : Bois, ancienne patine d'usage brun rouge

4356


Objets rituels • Adja • Togo
 

Autel Vodun

Cet autel est formé d'une coupe contenant des statuettes à forme humaine et une cloche. Cette cloche permet à la fois d'appeler les esprits bienfaisants, et de rassembler les pouvoirs maléfiques. Le pot est composé de différentes substances destinées à servir d'offrandes et à « nourrir » les dieux. Il y a également une sorte de plaquette décorée de cauris et un ancien cadenas (utilisé et placé à cet endroit pour sceller l'initiation).
Cet objet était utilisé dans le culte de mami wata pour protéger les disciples lorsqu'ils quittaient le lieu de l'initiation. Lali est l'esprit vodun invoqué à cette occasion, ou bien gu (le dieu du fer et de la guerre).


Origine : Togo (Région limitrophe du Bénin)
Type : Objets rituels
Ethnie : Adja / Fon
Matière : Pot en terre, bois, fer, ancien cadenas, cauris, patine sacrificielle et matières végétales

2389


Objets rituels • Dogon • Mali
 

Autel Dogon

Ce petit autel Dogon, installé dans une coupelle en terre cuite, est constitué d'une statuette en bois figurant probablement un ancêtre et son nyama (sa force vitale), un appui-tête Tellem en fer forgé, un bracelet également en fer, ainsi que divers éléments en métal et des pointes de flèches (voir vidéo jointe). Transmise depuis plusieurs générations, cet objet était probablement détenu par un chef spirituel, assurant dans son sanctuaire une fonction de représentation ancestrale.

Probablement 15ème / 17ème siècle.


Origine : Mali (Falaises de Bandiagara)
Type : Objets rituels
Ethnie : Dogon
Matière : Coupe en terre cuite, statuette en bois, pièces de métal, matières sacrificielles

5327

Bâton de voleur Yo Domolo

Tenu à la main ou porté sur l'épaule, ce bâton est l'emblème de la société yona (« les voleurs rituels », younw). La principale activité de cette société est d'intervenir lors des funérailles de l'un de ses membres, volant des animaux domestiques afin de les sacrifier et de s'en nourrir au cours de la cérémonie funéraire. Chaque clan Dogon a son propre voleur rituel. Ce bâton est appelé yo domolo (« bâton de voleur »), et sa forme incurvée est identique à celle des armes et outils parfois utilisés comme objets rituels sur les autels du binu.
Ce bâton de voleur est sculpté de chevrons symbolisant la pluie (ainsi que le serpent lebe, ancêtre mythique source de fertilité), et l'extrémité ressemble à la tête d'un cheval, les oreilles pointées. Ceci peut être interprété comme le symbole du cheval qui renversa l'arche céleste du nommo après sa descente sur terre, ou bien encore le forgeron mythique volant les rayons du soleil afin d'obtenir le feu.
19ème siècle ou antérieur.


Origine : Mali (Falaises de Bandiagara, village de Yougo Na)
Type : Objets rituels
Ethnie : Dogon
Matière : Bois à belle et ancienne patine d'usage brune, croûteuse par endroits

4236

Echelle votive Dogon

Symbolisant une échelle utilitaire, en miniature et de forme ronde, cette échelle votive était utilisée sur les autels familiaux destinés au culte des ancêtres. Elle symbolise les marches que les défunts doivent gravir pour rejoindre l'au-delà. Au même titre que certaines statuettes ou que d'autres objets rituels (fers, poteries, …), elle était destinée au repos de l'âme des défunts.

16ème / 18ème siècle.


Origine : Mali (Kani Kombolé, région des falaises de Bandiagara)
Type : Objets rituels
Ethnie : Dogon
Matière : Bois brun clair à patine craquelée

2919

Echelle votive Dogon

Réplique en miniature d'une échelle utilitaire, cette échelle votive était utilisée sur les autels familiaux destinés au culte des ancêtres. Elle symbolise les marches que les défunts doivent gravir pour rejoindre l'au-delà. Au même titre que certaines statuettes ou que d'autres objets rituels (fers, poteries, …), elle était destinée au repos de l'âme des défunts.
18ème siècle ou antérieur.


Origine : Mali (Région des falaises de Bandiagara)
Type : Objets rituels
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, épaisse patine croûteuse

5298

Figure d'autel Dogon

Cet objet était probablement placé sur un autel familial dédié au culte des ancêtres (vageu). Il servait de support à l'âme des défunts, et de réceptacle à leur force vitale (nyama).

D'une remarquable stylisation et d'une très grande ancienneté (17ème / 18ème siècle), cette pièce symbolise le couple primordial et les nommo ancêtres de l'humanité (les jumeaux mixtes).


Origine : Mali (Village de Songo, région du Guimbala)
Type : Objets rituels
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, belle et ancienne patine sacrificielle

2208


Objets rituels • Edo • Nigéria
 

Autel Ikegobo

Cet autel ikegobo était utilisé par les Edo dans des rituels étroitement liés au culte de l'ikenga. De forme très abstraite, celui-ci se présente comme une sorte de compression symbolique des attributs de l'ikenga. La partie centrale figure un corps parcouru d'un motif vertical en chevrons. Il s'agit d'un autel personnel appartenant à un homme. Il est le symbole de l'accomplissement et de la réussite personnelle (okpossi), la représentation de son esprit tutélaire (chi), ainsi que le destinataire de sacrifices offerts périodiquement ou préalables à l'engagement d'une action importante. Etroitement lié à une société secrète de guerriers, il est aussi l'expression de la détermination personnelle (ivri). Il pourrait également avoir été utilisé dans des pratiques divinatoires ou propitiatoires.
Il était placé à l'écart du monde profane sur un autel personnel, ou bien avec d'autres autels du clan dans la maison du lignage. Ce lieu est le point central du lignage familial et communautaire, ainsi qu'un espace de médiation indispensable au règlement des litiges internes au groupe. Toute réussite personnelle d'un homme, et attribuable à son ikenga, rejaillie sur l'ensemble de la communauté.

L'un des piliers de la pensée Edo, de même que pour leurs voisins Igbo, Ijo, Isoko ou Urhobo, réside dans ce concept de la réussite individuelle fondée sur les capacités et les aptitudes personnelles innées, pensée qui a engendré le culte de la main droite (aka nri), mot à mot « la main de la nourriture », celle qui permet à l'homme de pourvoir à ses besoins en cultivant la terre. La main aussi qui représente les relations sociales, le pouvoir et la force (obo), celle qui dégaine l'épée et donne la poignée de main.
Probablement 17ème / 18ème siècle.


Origine : Nigéria (Région située au nord du delta du Niger)
Type : Objets rituels
Ethnie : Edo
Matière : Bois dur, matières sacrificielles

4242


Objets rituels • Tellem • Mali
 

Repose-tête funéraire Tellem

Les repose-têtes funéraires comptent parmi les objets de bois les plus anciens d'Afrique de l'Ouest. Ils proviennent de sépultures anciennes, de cavernes situées sur le flanc même des falaises de Bandiagara, très au-dessus des villages Dogon implantés au pied de ces falaises abruptes ou dans la plaine. Quelques villages, parsemés de petits greniers abritant les récoltes, s'accrochent difficilement aux éboulis immémoriaux de la falaise. Les repose-têtes funéraires sont attribuables aux Tellem qui précédèrent les Dogon en ces lieux. Les Tellem ne vivaient certes pas dans les grottes, mais utilisaient certaines pour leurs rites funéraires et leurs sépultures, d'autres pour y bâtir des greniers faits de torchis et entreposer les récoltes.
Ces grottes sépultures révèlent bien d'autres objets qui étaient offerts en cadeau au défunt : bols, poteries, colliers, bracelets et bagues, bâtons et petits personnages en fer forgé. Les repose-têtes semblent avoir été des objets réservés aux notables, car très peu de grottes en contiennent. L'embase incurvée et prolongée par deux petits tenons, le support vertical, et la base rectangulaire, est une forme assez rare et probablement réservée aux sépultures des hommes.
11ème-14ème siècle.


Origine : Mali (Falaises de Bandiagara)
Type : Objets rituels
Ethnie : Tellem / Dogon
Matière : Bois brun clair érodé

2539

Repose-tête funéraire Tellem

Les repose-têtes funéraires comptent parmi les objets de bois les plus anciens d'Afrique de l'Ouest. Ils proviennent de sépultures anciennes, de cavernes situées sur le flanc même des falaises de Bandiagara, très au-dessus des villages Dogon implantés au pied de ces falaises abruptes ou dans la plaine. Quelques villages, parsemés de petits greniers abritant les récoltes, s'accrochent difficilement aux éboulis immémoriaux de la falaise. Les repose-têtes funéraires sont attribuables aux Tellem qui précédèrent les Dogon en ces lieux. Les Tellem ne vivaient certes pas dans les grottes, mais utilisaient certaines pour leurs rites funéraires et leurs sépultures, d'autres pour y bâtir des greniers faits de torchis et entreposer les récoltes (voir photo).
Ces grottes sépultures révèlent bien d'autres objets qui étaient offerts en présent au défunt : bols, poteries, colliers, bracelets et bagues, bâtons et petits personnages en fer forgé. Les repose-têtes semblent avoir été des objets réservés aux notables, car très peu de grottes en contiennent. L'embase incurvée, les supports verticaux de forme convexe, et la base rectangulaire, sont une forme très rare. La nature du bois et son aspect traduisent à l'évidence une très grande ancienneté.
11ème / 14ème siècle.


Origine : Mali (Région de Ireli, falaises de Bandiagara)
Type : Objets rituels
Ethnie : Tellem / Dogon
Matière : Bois brun foncé très érodé

2928

Repose-tête funéraire Tellem

Les repose-têtes funéraires comptent parmi les objets de bois les plus anciens d'Afrique de l'Ouest. Ils proviennent de sépultures anciennes, de cavernes situées sur le flanc même des falaises de Bandiagara (voir photos), très au-dessus des villages Dogon implantés au pied de ces falaises abruptes ou dans la plaine. Quelques villages, parsemés de petits greniers abritant les récoltes, s'accrochent difficilement aux éboulis immémoriaux de la falaise. Les repose-têtes funéraires sont attribuables aux Tellem qui précédèrent les Dogon en ces lieux. Les Tellem ne vivaient certes pas dans les grottes, mais utilisaient certaines pour leurs rites funéraires et leurs sépultures, d'autres pour y bâtir des greniers faits de torchis et entreposer les récoltes.
Ces grottes sépultures révèlent bien d'autres objets qui étaient offerts en cadeau au défunt : bols, poteries, colliers, bracelets et bagues, bâtons et petits personnages en fer forgé. Les repose-têtes semblent avoir été des objets réservés aux notables, car très peu de grottes en contiennent. L'embase incurvée, le support vertical avec une sorte de poignée centrale, et la base rectangulaire, comme sur celui-ci, est une forme très rare et inhabituelle (probablement réservée aux sépultures des hommes).
11ème / 14ème siècle.


Origine : Mali (Falaises de Bandiagara, Teli)
Type : Objets rituels
Ethnie : Tellem / Dogon
Matière : Bois brun noir érodé

4336


Objets rituels • Yaka • République dém. du Congo (Zaïre)
 

Tambour à fente Yaka

Ce petit tambour à fente est appelé mukoku ngoombu par les Yaka. Il était utilisé avec une corde autour du cou au bout de laquelle était suspendue un bâton de bois. On jouait de cet instrument lors d'un rituel de divination appelé ngoombu weefwa, cérémonie complexe permettant de combattre les fléaux héréditaires. L'instrument signale la présence du devin-guérisseur, le nganga, donnant le rythme à ses chants, mais sert aussi de récipient pour préparer les médecines. Posé horizontalement, il sert aussi de tabouret au devin. Le visage personnifierait le devin-guérisseur et sert de lien avec le monde des ancêtres. Les yeux clos font allusion à la vision intérieure et aux rêves du devin, et la coiffure traduit un rang élevé.

Les traits du visage, proches de la perfection symétrique et d'un équilibre réfléchi, témoignent de l'œuvre d'un des plus grands artistes Yaka.

Probablement 19ème siècle ou antérieur.

Provenance : Ancienne collection Michel Koenig, Brussels


Origine : République dém. du Congo (Zaïre) (Région du fleuve Kwango, frontière de l'Angola)
Type : Objets rituels
Ethnie : Yaka
Matière : Bois, très ancienne patine d'usage brun-clair, brillante, clou de tapissier en laiton

5391


Serrures • Bamana (Bambara) • Mali
 

Serrure Bamana

Cette importante serrure de case, représentant un personnage féminin, était probablement fixée sur la porte d'enceinte de la pièce réservée aux hommes (ty so). La présence sur cette porte d'une serrure représentant une femme était sensée prémunir l'homme de ses éventuelles « défaillances ». Il est rare que les seins, le nombril et les jambes soient figurés. Il s'agit probablement de la représentation de la divinité de la terre, à l'origine des êtres vivants et des hommes, mouso koroni. Le visage est surmonté d'une coiffe rappelant les masques Bamana de la société initiatique n'tomo.

Les serrures (appelées konbalabala), bien que représentant une protection mécanique, sont renforcées d'un système de protection étroitement lié à leur propre symbolisme. Que les motifs soient simplement anecdotiques ou bien liés à la figuration d'une manifestation rituelle, ils établissent l'appartenance du propriétaire à un lignage familial et traduisent sa position sociale ainsi que son statut. Il est donc très probable que le propriétaire de cette serrure ait été un membre initié de la société secrète n'tomo.
19ème siècle ou antérieur.


Origine : Mali (Région de Kolokani)
Type : Serrures
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois brun clair, ancienne patine d'usage

2093

Serrure Bamana

Cette serrure de case représente un personnage masculin. Le visage et la coiffe traditionnelle (bambada) sont figurés de façon très abstraite (voir photo). L'arrête centrale du visage, triangulaire, forme l'arrête du nez. Le coffre est incisé de différents motifs géométriques liés aux symboles de fertilité. La partie coudée, sous la coiffe, représente le goitre et symbolise la parole. Les serrures (appelées konbalabala) étaient fixées sur les portes des habitations, des cuisines, des enclos, des sanctuaires, ainsi que sur les volets de certains greniers. Chaque serrure avait un nom en rapport avec le message qu'elle transmettait, une personne, un mythe, ou une simple anecdote à laquelle elle faisait référence. Les serrures étaient souvent offertes en cadeau de mariage, et se transmettaient de génération en génération.

Probablement milieu du 19ème siècle.


Origine : Mali (Région de Kolokani)
Type : Serrures
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois, métal, très belle patine d'usage

2137

Serrure Bamana

Cette serrure de case représente à la fois un personnage féminin et un papillon (mpérémpéréni). Selon la légende, Dieu (pemba) créa un papillon gigantesque pour qu'il devienne une créature importante. Trop vaniteux, pemba le transforma en un petit animal fragile. Par association des symboles, le papillon représente aussi la divinité de la terre (mouso koroni), elle aussi vaniteuse et perturbatrice. La tête est surmontée de deux protubérances représentant les ailes ou les antennes du papillon. L'extrémité inférieure du coffre, sculptée d'un triangle inversé, symbolise à la fois la tête du python (mignan) et pemba.

Chaque serrure avait un nom en rapport avec le message qu'elle transmettait, une personne, un mythe, ou une simple anecdote à laquelle elle faisait référence. Elles étaient souvent offertes en dot aux jeunes femmes, et se transmettaient de génération en génération.

19ème siècle ou antérieur.


Origine : Mali
Type : Serrures
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois et fer, ancienne patine brune d'usage

2138

Serrure Bamana

Cette serrure de case représente un personnage féminin dont le visage est surmonté de longues oreilles. Celles-ci symbolisent le génie protecteur komo qui préserve femmes et enfants des sorciers et des esprits malveillants, ses pouvoirs surnaturels lui permettant d'entendre le moindre bruit. Les oreilles représentent également, de façon abstraite, les mâchoires du crocodile. La figuration des seins et du nombril fait référence à faro, divinité de l'eau. Le goitre symbolise la Parole, le komo, et les motifs incisés sur le coffre la fertilité. Sur la partie inférieure du coffre, une ligne double de chevrons traduit un épisode de la cosmogonie Bamana : le voyage cosmique des divinités faro et mouso koroni (divinité de la terre, qui donna naissance aux humains).

Chaque serrure avait un nom en rapport avec le message qu'elle transmettait, une personne, un mythe, ou une simple anecdote à laquelle elle faisait référence. Elles étaient souvent offertes en dot aux jeunes femmes, et se transmettaient de génération en génération. Cette serrure (appelée konbalabala) était probablement fixée sur la porte d'un espace réservé aux femmes.

19ème siècle ou antérieur.


Origine : Mali (Région de Kolokani)
Type : Serrures
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois, très belle patine d'usage

2145

Serrure Bamana

Cette serrure figure un crocodile (bama) et symbolise l'esprit protecteur et tutélaire de la famille. La partie verticale forme le corps de l'animal. Par le passé, la représentation d'animaux « interdits » ou dangereux, tel le crocodile, était considérée comme le signe d'une grande force protectrice. Selon la tradition, ces animaux ne pouvaient être tués, mangés, ni même touchés. Les serrures, bien que représentant une protection mécanique, sont renforcées d'un système de protection étroitement lié à leur propre symbolisme. Que les motifs soient simplement anecdotiques ou bien liés à la figuration d'un thème mythologique, ils établissent l'appartenance du propriétaire à un lignage familial et traduisent sa position sociale ainsi que son statut.
Les serrures (appelées konbalabala) étaient fixées sur les portes des habitations, des enclos, des sanctuaires, ainsi que sur certains volets des greniers. Chaque serrure avait un nom en rapport avec le message qu'elle transmettait, une personne, un mythe, ou une simple anecdote à laquelle elle faisait référence. Les serrures étaient souvent offertes en cadeau de mariage, et se transmettaient de génération en génération.
18ème / 19ème siècle ou antérieur.


Origine : Mali (Région de Yanfoilla)
Type : Serrures
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois, patine brune profonde

2165

Serrure Bamana

Cette serrure de case (konbalabala) est décorée de motifs incisés symbolisant les champs cultivés et le centre de l'univers. La partie supérieure représente la tête d'un crocodile ou d'un lézard (koro), surmontée elle-même d'un très rare symbole solaire. Les cercles incisés représentent à la fois la pluie et l'eau, ainsi que les larmes de mouso koroni (divinité de la terre qui engendra les végétaux, les animaux et l'espèce humaine).
19ème siècle ou antérieur.


Origine : Mali (Région de Sikasso)
Type : Serrures
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois, très ancienne patine d'usage

2170

Serrure Bamana

Cette serrure de case surmontée d'une paire de cornes (ou d'oreilles) représente de façon très abstraite un personnage féminin. Ces longues oreilles symbolisent le génie protecteur komo qui préserve femmes et enfants des sorciers et des esprits malveillants, ses pouvoirs surnaturels lui permettant d'entendre le moindre bruit.

Les serrures, bien que représentant une protection mécanique, sont renforcées d'un système de protection étroitement lié à la représentation de symboles. Que les motifs soient simplement anecdotiques ou bien liés à la figuration d'un thème mythologique, ils établissent l'appartenance du propriétaire à un lignage familial et traduisent sa position sociale ainsi que son statut. De même, les hommes et les femmes ont leurs serrures respectives et bien distinctes.

Le bord supérieur du coffre est sculpté d'un motif dentelé.
19ème siècle ou antérieur.


Origine : Mali
Type : Serrures
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois, très ancienne patine d'usage

2216

Serrure Bamana

Cette très ancienne serrure de case représente de façon abstraite un scorpion (dyonkomi), animal sacré en pays Bamana. Par le passé, la représentation d'animaux « interdits », tel le scorpion, était considérée comme le signe d'une grande force protectrice. Le scorpion fait également référence à un épisode de la légende Bamana : la mort de mouso koroni, divinité de la terre à l'origine des êtres vivants et des hommes.

Les serrures (appelées konbalabala) étaient fixées sur les portes des habitations, des enclos, des sanctuaires, ainsi que sur certains volets des greniers. Chaque serrure avait un nom en rapport avec le message qu'elle transmettait, une personne, un mythe, ou une simple anecdote à laquelle elle faisait référence.

18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali
Type : Serrures
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois à très ancienne patine croûteuse et surface granuleuse à tonalité grise, métal

2279

Serrure Bamana

Comme la plupart des sculptures Bamana, les serrures (konbalabala) ont été traditionnellement réalisées par les forgerons. Ces derniers appartiennent à une caste de rang élevé, ils sont à la fois les maîtres du feu (travail du métal nécessitant la connaissance des températures de fusion, et donc la maîtrise de l'air) et sculptent la majeure partie des objets en bois. On attribue aux forgerons une ascendance mythique, du fait de leurs connaissances « secrètes », et leur Parole est crainte et respectée. Par tradition, la femme du forgeron est potière, et travaille donc la terre et l'eau. Leurs compétences réunissent donc la maîtrise des quatre éléments.

Cette pièce représente un esprit protecteur de la famille (esprit tutélaire), probablement un lézard ou un crocodile (bama). Par le passé, la représentation d'animaux « interdits » était considérée comme le signe d'une grande force protectrice. Ces animaux ne pouvaient être tués, mangés, ni même touchés. Le crocodile est également le symbole de la société initiatique kore, et le gardien de faro (divinité de l'eau).
18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Région de Beledougou)
Type : Serrures
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois, très belle patine de couleur ambrée à brun rouge

2342

Serrure Bamana

Cette serrure de case représente un personnage féminin, le visage surmonté de longues oreilles. Celles-ci symbolisent le génie protecteur komo, aux pouvoirs surnaturels permettant d'entendre le moindre bruit. Les pouvoirs du komo sont censés protéger de la sorcellerie et des esprits malveillants. Cette serrure au visage anguleux, au corps sculpté d'un nombril apparent et pourvu de courtes jambes, était fixée sur la porte d'enceinte de la pièce réservée aux hommes (ty so). La présence sur cette porte d'une serrure représentant une femme était sensée prémunir l'homme de ses éventuelles « défaillances ».
19ème siècle ou antérieur.


Origine : Mali
Type : Serrures
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois à patine brune et noire croûteuse

2349

Serrure Bamana

Cette serrure de case représente un personnage masculin. Le visage et la coiffe traditionnelle bambada sont figurés de façon très abstraite. L'arrête centrale du visage triangulaire, légèrement concave, forme l'arrête du nez. L'ensemble de la partie supérieure symbolise également les mâchoires ouvertes du crocodile (bama). Le coffre est incisé de différents motifs géométriques liés aux symboles de la fertilité, et un génie protecteur est symbolisé par la présence de seins. La partie coudée, sous la coiffe, représente le goitre et symbolise la parole. Les serrures (appelées konbalabala) étaient fixées sur les portes des habitations, des cuisines, des enclos, des sanctuaires, ainsi que sur les volets des greniers. Chaque serrure avait un nom en rapport avec le message qu'elle transmettait, une personne, un mythe, ou une simple anecdote à laquelle elle faisait référence. Les serrures étaient souvent offertes en cadeau de mariage, et se transmettaient de génération en génération.
La rigueur de son style, son équilibre, et sa taille importante, associés à une très belle et ancienne patine d'usage, font de cette serrure une œuvre majeure dans cette catégorie d'objets.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Région de Bougouni)
Type : Serrures
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois, belle et ancienne patine d'usage

2958

Serrure Bamana

Comme la plupart des sculptures Bamana, les serrures ont été traditionnellement réalisées par les forgerons. Ces derniers appartiennent à une caste de rang élevé, ils sont à la fois les maîtres du feu (travail du métal nécessitant la connaissance des températures de fusion, et donc la maîtrise de l'air) et sculptent la majeure partie des objets en bois. On attribue aux forgerons une ascendance mythique, du fait de leurs connaissances « secrètes », et leur Parole est crainte et respectée. Par tradition, la femme du forgeron est potière, et travaille donc la terre et l'eau. Leurs compétences réunissent donc la maîtrise des quatre éléments.
Cette pièce figure un crocodile (bama), et représente l'esprit protecteur et tutélaire de la famille. Le crocodile est également le symbole de la société initiatique kore, ainsi que le gardien de faro (divinité de l'eau). La partie verticale forme le corps de l'animal au ventre légèrement bombé. Par le passé, la représentation d'animaux « interdits » ou dangereux, tel le crocodile, était considérée comme le signe d'une grande force protectrice. Selon la tradition, ces animaux ne pouvaient être tués, mangés, ni même touchés.
19ème siècle ou antérieur.


Origine : Mali (Région de Bougouni)
Type : Serrures
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois, exceptionnelle et ancienne patine d'usage, laquée par endroits

2959

Serrure Bamana

Cette serrure de case représente un lézard aquatique (kana), et symbolise l'esprit protecteur et tutélaire de la famille (gné). La partie verticale forme le corps de l'animal, finement sculpté d'une arrête médiane. Par le passé, la représentation d'animaux « interdits », comme le lézard, était considérée comme le signe d'une grande force protectrice. Ces animaux ne pouvaient être tués, mangés, ni même touchés.
Comme la plupart des sculptures Bamana, les serrures ont été traditionnellement réalisées par les forgerons. Ces derniers appartiennent à une caste de rang élevé, ils sont à la fois les maîtres du feu (travail du métal nécessitant la connaissance des températures de fusion, et donc la maîtrise de l'air) et sculptent la majeure partie des objets en bois. On attribue aux forgerons une ascendance mythique, du fait de leurs connaissances « secrètes », et leur Parole est crainte et respectée.
Les serrures étaient fixées sur les portes des habitations, des cuisines, des enclos, ainsi que des sanctuaires. Chaque serrure avait un nom en rapport avec le message qu'elle transmettait, une personne, un mythe, ou une simple anecdote à laquelle elle faisait référence. Les serrures étaient souvent offertes en cadeau de mariage, et se transmettaient de génération en génération.
Probablement 19ème siècle.


Origine : Mali
Type : Serrures
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois, exceptionnelle et ancienne patine d'usage

2973

Serrure Bamana

Cette exceptionnelle serrure de case est surmontée de six visages. A notre connaissance, cette forme de représentation est unique en son genre. Le coffre est incisé de différents motifs géométriques liés aux symboles de la fertilité. La partie coudée, sous les visages, représente le goitre et symbolise la parole.
Les serrures (appelées konbalabala) étaient fixées sur les portes des habitations, des cuisines, des enclos, des sanctuaires, ainsi que sur les volets des greniers. Chaque serrure avait un nom en rapport avec le message qu'elle transmettait, une personne, un mythe, ou une simple anecdote à laquelle elle faisait référence. Les serrures étaient souvent offertes en cadeau de mariage, et se transmettaient de génération en génération.
La rigueur et l'originalité de son style, son équilibre, associés à une très belle et ancienne patine d'usage, font de cette serrure une œuvre majeure dans cette catégorie d'objets.
19ème siècle.

Provenance : Pierre Robin, Paris, 1993


Origine : Mali (Région de Bougouni)
Type : Serrures
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois, belle et ancienne patine d'usage

2989

Serrure Bamana

Cette serrure, à la patine exceptionnelle, figure un lézard aquatique (kana) ou un crocodile (bama), et symbolise l'esprit protecteur et tutélaire de la famille. Le crocodile est également le symbole de la société initiatique kore, et le gardien de faro (divinité de l'eau). La partie verticale forme le corps de l'animal au ventre rond et à la queue légèrement courbée. Par le passé, la représentation d'animaux « interdits » ou dangereux, tel le crocodile, était considérée comme le signe d'une grande force protectrice. Selon la tradition, ces animaux ne pouvaient être tués, mangés, ni même touchés. Les serrures, bien que représentant une protection mécanique, sont renforcées d'un système de protection étroitement lié à leur propre symbolisme. Que les motifs soient simplement anecdotiques ou bien liés à la figuration d'un thème mythologique, ils établissent l'appartenance du propriétaire à un lignage familial et traduisent sa position sociale ainsi que son statut.
Les serrures (appelées konbalabala) étaient fixées sur les portes des habitations, des cuisines, des enclos, des sanctuaires, ainsi que sur les volets des greniers. Chaque serrure avait un nom en rapport avec le message qu'elle transmettait, une personne, un mythe, ou une simple anecdote à laquelle elle faisait référence. Les serrures étaient souvent offertes en cadeau de mariage, et se transmettaient de génération en génération.
18ème / 19ème siècle ou antérieur.


Origine : Mali (Région sud du Mali, limitrophe de la Côte d'Ivoire)
Type : Serrures
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois, exceptionnelle et ancienne patine d'usage, laquée par endroits

2991

Serrure Bamana

Cette serrure de case représente un ancêtre masculin. Le visage et la coiffe traditionnelle (bambada) sont figurés de façon très abstraite. L'arrête centrale du visage triangulaire, légèrement concave, forme l'arrête du nez. Vue de profil, la coiffe symbolise également les mâchoires ouvertes du crocodile. La partie coudée, sous la coiffe, représente le goitre et symbolise la parole du komo.
Les serrures (appelées konbalabala) étaient fixées sur les portes des habitations, des cuisines, des enclos, des sanctuaires, ainsi que sur les volets des greniers. Chaque serrure avait un nom en rapport avec le message qu'elle transmettait, une personne, un mythe, ou une simple anecdote à laquelle elle faisait référence. Les serrures étaient souvent offertes en cadeau de mariage, et se transmettaient de génération en génération.
Le coffre, partiellement recouvert d'une patine croûteuse granuleuse, est décoré de motifs finement incisés symbolisant la fertilité. D'un style très pur et géométrique, cette serrure présente les traces d'une grande ancienneté.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Région de Djitoumou, Cercle de Bamako)
Type : Serrures
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois, belle et ancienne patine d'usage, croûteuse par endroits

4330

Serrure Bamana

Cette pièce représente un personnage féminin à la coiffe complexe, et symbolise l'esprit protecteur et tutélaire de la famille (gné). La coiffe pourrait traduire l'appartenance de son propriétaire à la société secrète kore. La partie verticale forme le corps du personnage, les jambes sont sculptées en bas du coffre. Le pêne fait symboliquement office de bras.
Comme la plupart des sculptures Bamana, les serrures de case ont été traditionnellement réalisées par les forgerons. Ces derniers appartiennent à une caste de rang élevé, ils sont à la fois les maîtres du feu (travail du métal nécessitant la connaissance des températures de fusion, et donc la maîtrise de l'air) et sculptent la majeure partie des objets en bois. Par tradition, la femme du forgeron est potière, et travaille donc la terre et l'eau. Leurs compétences réunissent donc la maîtrise des quatre éléments.
Les serrures étaient fixées sur les portes des habitations, des cuisines, des enclos, ainsi que des sanctuaires. Chaque serrure avait un nom en rapport avec le message qu'elle transmettait, une personne, un mythe, ou une simple anecdote à laquelle elle faisait référence. Les serrures étaient souvent offertes en cadeau de mariage, et se transmettaient de génération en génération.
Probablement milieu du 19ème siècle.


Origine : Mali (Région de Dioila)
Type : Serrures
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois, exceptionnelle et ancienne patine d'usage

4340

Serrure Bamana

Cette serrure représente le kana (iguane aquatique), et protège des sorciers et des esprits malveillants. La tête repose sur un cou stylisé. Ce détail anthropomorphe fait référence à faro (divinité de l'eau), et à cette caractéristique physique proche de celle des humains. Cette association, dans ce contexte précis, avec la tête stylisée du kana met en évidence la relation entre faro et les animaux aquatiques (tortues, lézards, crocodiles, ?).

Les serrures, bien que représentant une protection mécanique, sont renforcées d'un système de protection étroitement lié à leur propre symbolisme. De même, ces symboles établissent l'appartenance du propriétaire à un lignage familial et traduisent sa position sociale ainsi que son statut.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Région de Markala, Cercle de Segou)
Type : Serrures
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois à patine blonde, croûteuse par endroits

4347

Serrure Bamana

Comme la plupart des sculptures Bamana, les serrures ont été traditionnellement réalisées par les forgerons. Ces derniers appartiennent à une caste de rang élevé, ils sont à la fois les maîtres du feu (travail du métal nécessitant la connaissance des températures de fusion, et donc la maîtrise de l'air) et sculptent la majeure partie des objets en bois. On attribue aux forgerons une ascendance mythique, du fait de leurs connaissances « secrètes », et leur Parole est crainte et respectée. Par tradition, la femme du forgeron est potière, et travaille donc la terre et l'eau. Leurs compétences réunissent donc la maîtrise des quatre éléments.
Cette pièce figure un crocodile (bama), et représente l'esprit protecteur et tutélaire de la famille. Le crocodile est également le symbole de la société initiatique kore, ainsi que le gardien de faro (divinité de l'eau). La partie verticale forme le corps de l'animal au ventre légèrement bombé. Par le passé, la représentation d'animaux « interdits » ou dangereux, tel le crocodile, était considérée comme le signe d'une grande force protectrice. Selon la tradition, ces animaux ne pouvaient être tués, mangés, ni même touchés.
19ème siècle.


Origine : Mali (Région de Bougouni)
Type : Serrures
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois, très belle patine d'usage

4370

Serrure Bamana

Cette importante serrure de case, représentant un personnage féminin, était probablement fixée sur la porte d'enceinte de la pièce réservée aux hommes (ty so). La présence sur cette porte d'une serrure représentant une femme était sensée prémunir l'homme de ses éventuelles « défaillances ». Il s'agit probablement de la représentation de la divinité de la terre, à l'origine des êtres vivants et des hommes, mouso koroni. Le visage est surmonté d'une coiffe rappelant les masques Bamana de la société initiatique n'tomo.

Les serrures (appelées konbalabala), bien que représentant une protection mécanique, sont renforcées d'un système de protection étroitement lié à leur propre symbolisme. Que les motifs soient simplement anecdotiques ou bien liés à la figuration d'une manifestation rituelle, ils établissent l'appartenance du propriétaire à un lignage familial et traduisent sa position sociale ainsi que son statut. Il est donc très probable que le propriétaire de cette serrure ait été un membre initié de la société secrète n'tomo.
19ème siècle ou antérieur.


Origine : Mali
Type : Serrures
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois brun clair, très ancienne patine d'usage

5094

Serrure Bamana

Cette serrure de case représente un personnage masculin. Le visage et la coiffe traditionnelle bambada sont figurés de façon très abstraite (voir photos jointes). L'arrête centrale du visage triangulaire, légèrement concave, forme l'arrête du nez. L'ensemble de la partie supérieure symbolise également les mâchoires ouvertes du crocodile (bama). Le coffre est incisé de différents motifs géométriques liés aux symboles de la fertilité, et un génie protecteur est symbolisé par la présence de seins. La partie coudée, sous la coiffe, représente le goitre et symbolise la parole. Les serrures (appelées konbalabala) étaient fixées sur les portes des habitations, des cuisines, des enclos, des sanctuaires, ainsi que sur les volets des greniers. Chaque serrure avait un nom en rapport avec le message qu'elle transmettait, une personne, un mythe, ou une simple anecdote à laquelle elle faisait référence. Les serrures étaient souvent offertes en cadeau de mariage, et se transmettaient de génération en génération.

Probablement 19ème siècle.


Origine : Mali (Région de Bougouni)
Type : Serrures
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois, belle et ancienne patine d'usage

5241


Serrures • Bozo • Mali
 

Serrure Bozo

Cette serrure de grenier, au coffre ovale, représente un crocodile de façon très stylisée. Animal à la fois aquatique et terrestre, il incarne les génies protecteurs vivant dans le fleuve. Les Bozo vivent essentiellement sur les rives du fleuve Niger, à proximité de leurs voisins Dogon. Ils sont la plus ancienne population implantée dans cette région du Mali. La plupart d'entres eux sont pêcheurs ou piroguiers. Leurs ressources proviennent de la pêche, ainsi que du transport fluvial (denrées alimentaires, animaux, transport de voyageurs). D'autre part, depuis plusieurs siècles, les Bozo détiennent le quasi monopole du transport des plaques de sel en provenance des mines situées au nord du Mali, à Taoudeni (voir photo). Ces plaques sont transportées par les Bozo, qui prennent alors le relais des caravanes Touareg venant du désert, de Tombouctou à Bamako, et parfois même beaucoup plus loin.


Origine : Mali
Type : Serrures
Ethnie : Bozo
Matière : Bois, métal et patine d'usage

2281


Serrures • Dogon • Mali
 

Serrure de chefferie Dogon

Cette exceptionnelle serrure est surmontée d'un cheval et son cavalier, et témoigne de la puissance et du prestige de son propriétaire. Elle représente le hogon, chef spirituel et religieux des Dogon. Il joue un rôle essentiel de médiateur, de juge, et aussi de protecteur de la communauté. Il participe au maintien des délicates relations que peuvent entretenir les hommes avec les ancêtres et les esprits de la nature. De même, il est investit de pouvoirs magico-religieux lui permettant de contrôler la pluie et certains animaux.

Cette figure équestre représente de fait le premier hogon (appelé aussi lebe), avant sa métamorphose en serpent. L'homme et le surnaturel se confondent, mi-humain, mi-dieu, et lebe incarne pour les Dogon toutes les forces vitales de la nature.

Par le dynamisme de son style et son élégance, ainsi que l'équilibre de ses volumes, cette pièce peut être considérée comme majeure dans l'art Dogon.


Origine : Mali (Région des falaises de Bandiagara)
Type : Serrures
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, ancienne patine d'usage

2227

Serrure de grenier Dogon

Cette très belle serrure de grenier au coffre ovale est surmontée d'un oiseau. Il pourrait s'agir d'une autruche dont la course en zigzag symbolise le serpent lebe, ainsi que la descente sur terre des nommo sous forme de pluie (mythe Dogon de la Création).

Elle était fixée sur un volet situé sur la partie médiane d'un grenier à grains, et permettait l'accès aux denrées stockées à l'intérieur. Les greniers Dogon sont étroits, de forme carrée ou ronde, avec une structure en bois recouvert de torchis et isolée du sol, et généralement une toiture de chaume ou simplement en terrasse (voir photo). Cette protection mécanique est élaborée au travers d'une protection magique symbolisée par la forme représentée ainsi que son iconographie. Que les motifs soient simplement anecdotiques ou bien liés à la représentation d'un thème mythologique, ils établissent l'appartenance du propriétaire d'un grenier à un lignage familial et traduisent sa position sociale ainsi que son statut. De même, les hommes et les femmes ont leurs greniers respectifs et bien distincts.
Cette serrure possède sa clé (ta i). 18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Région de Sangui)
Type : Serrures
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, métal, patine d'usage

2272

Serrure de grenier Dogon

Cette petite serrure de grenier Dogon est surmontée d'un couple d'autruches finement sculptées. Les chevrons, gravés en lisière des rectangles de la partie médiane (représentant « la mare »), symbolisent le serpent lebe (mythe Dogon de la création de l'univers), ainsi que la pluie fécondatrice des cultures. Au centre, une tortue est représentée de façon très abstraite. La tortue d'eau est l'un des animaux totémiques des Dogon. Animal aquatique lié à la fertilité des cultures, elle protège le grenier des voleurs de par son pouvoir symbolique, et en général conjure le mauvais sort. On notera le travail particulièrement détaillé de la partie basse, représentant les jambes des nommo fondateurs de l'humanité (les nommo sont spirituellement présents dans l'eau et la pluie). Lebe, ou lebe serou, symbolise la Terre, ainsi que le premier hogon (chef spirituel et religieux). A la fois humain et surnaturel, lebe métamorphosé en serpent (apparence sous laquelle il est censé s'incarner aujourd'hui), introduisit la mort sur terre. Rendant visite au hogon, il lécha son corps, et de ce fait lui donna, ainsi qu'à l'humanité entière, la force de survivre. Pour les Dogon, lebe représente la germination des végétaux et la principale source de vie. Lebe est symbolisé à la fois par les chevrons (qui représentent également l'eau et donc la fertilité des cultures), et les autruches sculptées en haut du coffre de la serrure. L'autruche (ogotanala) est connue pour sa course zigzagante lorsqu'elle court. Ce zigzag symbolise lebe dans la mesure où il reproduit ses mouvements. Ce déplacement ondoyant est également similaire à celui des nommo lorsqu'ils descendirent sur terre sous forme de pluie.
Sculpté par le forgeron du village pour le hogon et les notables, les serrures de greniers sont un des éléments majeurs de l'art Dogon. De par sa rareté, sa remarquable construction associée à sa petite taille, cette serrure est sans nul doute l'œuvre d'un grand sculpteur.

Provenance : Collection Tony Paredis, Anvers, 1990


Origine : Mali (Région des falaises de Bandiagara, village de Teli)
Type : Serrures
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, fer, remarquable et ancienne patine d'usage

2949

Serrure de grenier Dogon

Cette serrure de grenier Dogon est surmontée d'une autruche (ogotanala). L'autruche est connue pour sa course zigzagante lorsqu'elle court. Ce zigzag symbolise l'ancêtre lebe dans la mesure où il reproduit les mouvements du serpent. Ce déplacement ondoyant est également similaire à celui des nommo lorsqu'ils descendirent sur terre sous forme de pluie. Lebe, ou l'ancêtre lebe serou, symbolise la terre, ainsi que le premier hogon (guide spirituel et religieux des Dogon). A la fois humain et surnaturel, métamorphosé en serpent (apparence sous laquelle il est censé s'incarner aujourd'hui), lebe introduisit la mort sur terre. Rendant visite au hogon, il lécha son corps, et de ce fait lui donna, ainsi qu'à l'humanité entière, la force de survivre. Pour les Dogon, lebe représente la germination des végétaux et la principale source de vie.
Au centre du coffre, un motif sculpté en relief représente la façade d'un sanctuaire dédié au culte de lebe. On notera la présence de motifs étoilés sur la partie gauche du pêne et sur le coffre. Il s'agit peut-être d'une représentation symbolique de Sirius et de son satellite, dont l'éclipse ordonne les cérémonies du sigui. Le sigui est une fête rituelle et commémorative ayant lieu tous les soixante ans. Ses rituels ont pour signification, parmi d'autres sens plus cachés, le renouvellement des cycles de la vie (les rites et commémorations s'espacent sur sept années : trois années pour la mort, suivies de quatre pour la vie). Les motifs circulaires, associés à la ligne de chevrons située sur la partie supérieure du coffre, peuvent symboliser la pluie, mais aussi la graine de engendrée par le dieu créateur amma, et à l'origine de toute vie sur terre. Amma, pour créer l'univers, décida de mélanger différentes graines, et de les fondre dans un mouvement continu. De ce mouvement naîtra la graine de . Le brassage d'amma à l'intérieur de la graine entraîna les vibrations de la matière originelle, et le monde naîtra de la fermentation de ces graines dans l'œuf d'amma. L'œuf se changea en placenta, et donna naissance au premier être vivant, un poisson (le nommo anagonno).
Cette très ancienne serrure, richement décorée d'une multitude de symboles, était très probablement posée sur le volet d'un grenier appartenant à un sanctuaire de lebe ou à un hogon.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Falaises de Bandiagara, village de Yougo Piri)
Type : Serrures
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, incrustations de métal, remarquable et ancienne patine d'usage

4257

Serrure de grenier Dogon

Cette très ancienne serrure de grenier représente une tortue (kiru). Elle symbolise le placenta d'amma dont sont issus les nommo primordiaux. Cette serrure, ayant pour seul thème la tortue, était très probablement fixée sur le grenier contenant les récoltes du hogon (le chef spirituel et religieux des Dogon). D'autre part, la tortue a un statut privilégié dans la vie quotidienne des Dogon. Certains villages la gardent et la nourrissent à l'abri d'un rocher sacré, comme c'est le cas à Yougo Dogorou. On peut également la croiser au détour d'une cour, d'un enclos, ou d'une cuisine. Diverses légendes racontent son histoire : pour les uns, elle représente le chef de famille en son absence, et nul ne peut manger sans qu'elle n'ait reçu préalablement une part du repas ; pour les autres, elle se doit de goutter les aliments pour vérifier qu'ils soient comestibles. Les anciens du village racontent une toute autre histoire : une femme ayant un jour capturé une tortue en brousse, et l'ayant ramené dans sa cuisine, s'en servait tel un tabouret lorsqu'elle préparait les repas. Négligente, la femme oublia de la nourrir pendant plusieurs jours. Lorsqu'elle voulut s'asseoir, tenant la marmite du repas entre ses mains, la tortue se déroba, la femme tomba et la nourriture fut perdue. Depuis, les tortues sont toujours bien nourries.
Cette serrure était fixée sur un volet situé sur la partie haute du mur d'un grenier à grains. Il permettait l'accès, tout au long de l'année suivant les récoltes, aux denrées stockées à l'intérieur (mil, sorgho, riz, maïs, fonio, …). Les greniers Dogon sont étroits, de forme carrée ou ronde, avec une structure en bois recouvert de torchis et isolée du sol, et généralement une toiture de chaume ou simplement en terrasse. Bien que représentant une protection mécanique, les serrures sont renforcées d'un système de protection étroitement lié à leur propre symbolisme. De même, ces symboles établissent l'appartenance du propriétaire à un lignage familial et traduisent sa position sociale ainsi que son statut.
Probablement 18ème siècle.


Origine : Mali (Falaises de Bandiagara, village de Yougo Dogorou)
Type : Serrures
Ethnie : Dogon
Matière : Bois très dense, patine brune d'usage

4259

Serrure de grenier Dogon

Cette serrure de grenier Dogon est surmontée d'une autruche aux formes élancées. Il pourrait également s'agir d'une cigogne dont la représentation est associée à l'hivernage et donc à la fertilité des cultures. L'autruche (ogotanala) est connue pour sa course zigzagante lorsqu'elle court. Ce zigzag symbolise l'ancêtre lebe dans la mesure où il reproduit les mouvements du serpent. Ce déplacement ondoyant est également similaire à celui des nommo lorsqu'ils descendirent sur terre sous forme de pluie. Lebe, ou l'ancêtre lebe serou, symbolise la Terre, ainsi que le premier hogon (guide spirituel et religieux des Dogon). A la fois humain et surnaturel, métamorphosé en serpent (apparence sous laquelle il est censé s'incarner aujourd'hui), lebe introduisit la mort sur terre. Rendant visite au hogon, il lécha son corps, et de ce fait lui donna, ainsi qu'à l'humanité entière, la force de survivre. Pour les Dogon, lebe représente la germination des végétaux et la principale source de vie.
Cette très ancienne serrure, aux formes pures et très harmonieuses, était très probablement posée sur le volet d'un grenier appartenant à un sanctuaire de lebe.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Falaises de Bandiagara, région de Sangha)
Type : Serrures
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, remarquable et ancienne patine blonde d'usage

4272

Serrure de grenier Dogon

Cette serrure de grenier Dogon est surmontée d'une autruche aux formes abstraites. Il pourrait également s'agir d'une cigogne dont la représentation est associée à l'hivernage et donc à la fertilité des cultures. Le motif en chevrons, gravé sur la partie gauche du pêne, symbolise le serpent lebe (mythe Dogon de la création de l'univers), ainsi que la pluie fécondatrice des cultures. Lebe, ou l'ancêtre lebe serou, symbolise la Terre, ainsi que le premier hogon (guide spirituel et religieux des Dogon). A la fois humain et surnaturel, métamorphosé en serpent (apparence sous laquelle il est censé s'incarner aujourd'hui), lebe introduisit la mort sur terre. Rendant visite au hogon, il lécha son corps, et de ce fait lui donna, ainsi qu'à l'humanité entière, la force de survivre. Pour les Dogon, lebe représente la germination des végétaux et la principale source de vie. D'autre part, lebe est symbolisé à la fois par les chevrons et l'autruche sculptée en haut du coffre de la serrure. L'autruche (ogotanala) est connue pour sa course zigzagante lorsqu'elle court. Ce zigzag symbolise lebe dans la mesure où il reproduit ses mouvements. Ce déplacement ondoyant est également similaire à celui des nommo lorsqu'ils descendirent sur terre sous forme de pluie.
Cette très ancienne serrure, aux formes géométriques et très harmonieuses, était très probablement posée sur le volet d'un grenier appartenant à un sanctuaire de lebe.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Région des falaises de Bandiagara, village de Yougo Na)
Type : Serrures
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, remarquable et ancienne patine d'usage

4273

Serrure de grenier Dogon

Cette serrure de grenier Dogon est surmontée d'un couple d'autruches finement sculptées et se faisant face. Il pourrait également s'agir d'un couple de cigognes dont la représentation est associée à l'hivernage et donc à la fertilité des cultures. Les motifs en chevrons, gravés en haut et en bas du coffre, symbolisent le serpent lebe (mythe Dogon de la création de l'univers), ainsi que la pluie fécondatrice des cultures. Lebe, ou lebe serou, symbolise la Terre, ainsi que le premier hogon (chef spirituel et religieux). A la fois humain et surnaturel, lebe métamorphosé en serpent (apparence sous laquelle il est censé s'incarner aujourd'hui), introduisit la mort sur terre. Rendant visite au hogon, il lécha son corps, et de ce fait lui donna, ainsi qu'à l'humanité entière, la force de survivre. Pour les Dogon, lebe représente la germination des végétaux et la principale source de vie. Lebe est symbolisé à la fois par les chevrons et les autruches sculptées en haut du coffre de la serrure. L'autruche (ogotanala) est connue pour sa course zigzagante lorsqu'elle court. Ce zigzag symbolise lebe dans la mesure où il reproduit ses mouvements. Ce déplacement ondoyant est également similaire à celui des nommo lorsqu'ils descendirent sur terre sous forme de pluie. On notera un motif étoilé sur la partie gauche du pêne. Il s'agit probablement d'une représentation symbolique du satellite de Sirius, dont l'éclipse ordonne les cérémonies du sigui. Le sigui est une fête rituelle et commémorative ayant lieu tous les soixante ans. Ses rituels ont pour signification, parmi d'autres sens plus cachés, le renouvellement des cycles de la vie (les rites et commémorations s'espacent sur sept années : trois années pour la mort, suivies de quatre pour la vie).
Cette remarquable serrure, sans nul doute l'œuvre d'un grand sculpteur, était très probablement posée sur le volet d'un grenier appartenant au hogon ou sur la porte d'un sanctuaire dédié au culte de lebe.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Région des falaises de Bandiagara, village de Teli)
Type : Serrures
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, remarquable et ancienne patine d'usage

4276

Serrure de grenier Dogon

Cette serrure de grenier représente un seul personnage, probablement un nommo ou la figuration de l'ancêtre binu serou. Elle présente l'originalité d'avoir en son centre un carré ajouré bordé de motifs en chevrons. Binu serou symbolise l'un des quatre éléments : l'eau (l'air étant symbolisé par amma serou, la terre par lebe serou, et le feu par diogou serou). Les chevrons symbolisent l'eau et la fertilité, ainsi que l'existence spirituelle des nommo de binu serou dans l'eau et la pluie. Cette serrure était probablement fixée sur le volet d'un grenier appartenant à un prêtre du binu (culte dédié aux ancêtres fondateurs et protecteurs du lignage) ou à un forgeron-sculpteur.

Comme la plupart des sculptures, les serrures ont été traditionnellement réalisées par les forgerons. Ces derniers appartiennent à une caste de rang élevé, ils sont à la fois les maîtres du feu (travail du métal nécessitant la connaissance des températures de fusion, et donc la maîtrise de l'air) et sculptent la majeure partie des objets en bois. On attribue aux forgerons une ascendance mythique, du fait de leurs connaissances « secrètes », et leur Parole est crainte et respectée.
Début du 19ème siècle.


Origine : Mali (Falaises de Bandiagara, village de Banani)
Type : Serrures
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, très ancienne patine d'usage

4286

Serrure de grenier Dogon

Cette serrure, richement décorée d'un placage de bronze, est surmontée d'un ancêtre protecteur (peut être lebe serou) opposé à un oiseau situé à l'autre extrémité. Il peut s'agir d'une cigogne dont la représentation est associée à l'hivernage et donc à la fertilité des cultures. Il pourrait également s'agir de la figuration symbolique de l'autruche (ogotanala), allégorie mythologique du serpent lebe. L'autruche (ogotanala) est connue pour sa course zigzagante lorsqu'elle court. Ce zigzag symbolise lebe dans la mesure où il reproduit ses mouvements. Ce déplacement ondoyant est également similaire à celui des nommo lorsqu'ils descendirent sur terre sous forme de pluie. Les motifs en chevrons gravés sur le coffre arrondi confirment cette interprétation.
Lebe, ou lebe serou, symbolise la Terre. A la fois humain et surnaturel, lebe métamorphosé en serpent (apparence sous laquelle il est censé s'incarner aujourd'hui), introduisit la mort sur terre. Rendant visite au hogon, il lécha son corps, et de ce fait lui donna, ainsi qu'à l'humanité entière, la force de survivre. Pour les Dogon, lebe représente la germination des végétaux et la principale source de vie.
19ème siècle.


Origine : Mali (Plaine du Seno, région limitrophe du Burkina Faso)
Type : Serrures
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, placage de bronze, très ancienne patine d'usage

4287

Serrure de grenier Dogon

Cette très ancienne serrure est surmontée d'une représentation du masque antilope walu. Ce masque était utilisé lors des cérémonies commémoratives du dama. Il était accompagné de centaines d'autres danseurs masqués formant ainsi une représentation abstraite de l'environnement du peuple Dogon. Le masque antilope est admiré pour sa beauté et la puissance de ses performances. L'antilope mythique walu avait été chargée par le dieu amma de protéger le soleil du renard pâle yourougou, qui espérait alors retrouver dans son rayonnement sa sœur jumelle yasiguini. Après de nombreux échecs, le renard creusa dans le sol des trous pour y faire tomber l'antilope. Malgré les soins qui lui furent prodigués par les nommo, elle succomba à ses blessures. La légende dit que le masque walu fut sculpté pour lui rendre hommage. Les cérémonies du dama (qui ont lieu tous les cinq ans) ont un lien étroit avec le culte des ancêtres, ainsi qu'avec l'équilibre de l'univers. Les motifs en X sur le coffre symbolisent les quatre éléments, les points cardinaux, et la place de l'homme dans l'univers. Le quadrillage quant à lui représente l'eau et les champs cultivés.
Cette serrure était fixée sur un volet situé sur la partie haute du mur d'un grenier à grains. Il permettait l'accès, tout au long de l'année suivant les récoltes, aux denrées stockées à l'intérieur (mil, sorgho, riz, maïs, fonio, …). Les greniers Dogon sont étroits, de forme carrée ou ronde, avec une structure en bois recouvert de torchis et isolée du sol, et généralement une toiture de chaume ou simplement en terrasse (voir photos). Les greniers Tellem peuvent être quant à eux très petits, nichés dans les moindres failles de la falaise. Les serrures, bien que représentant une protection mécanique, sont renforcées d'un système de protection étroitement lié à leur propre symbolisme. De même, ces symboles établissent l'appartenance du propriétaire à un lignage familial et traduisent sa position sociale ainsi que son statut.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Falaises de Bandiagara, Teli)
Type : Serrures
Ethnie : Dogon
Matière : Bois brun clair, très ancienne patine d'usage

4305

Serrure de grenier Dogon

Cette petite serrure représente à la fois un oiseau et lebe, le premier hogon descendant des huit nommo ancêtres de l'humanité. Il peut s'agir d'une cigogne dont la représentation est associée à l'hivernage et donc à la fertilité des cultures. Il pourrait également s'agir de la figuration symbolique de l'autruche (ogotanala), allégorie mythologique du serpent lebe. L'autruche (ogotanala) est connue pour sa course zigzagante lorsqu'elle court. Ce zigzag symbolise lebe dans la mesure où il reproduit ses mouvements. Ce déplacement ondoyant est également similaire à celui des nommo lorsqu'ils descendirent sur terre sous forme de pluie. Les motifs quadrillés en chevrons sur le coffre représentent la pluie, la fertilité des champs cultivés, et confirment cette interprétation.
Lebe, ou lebe serou, symbolise la terre (l'air étant symbolisé par amma serou, l'eau par binu serou, et le feu par diogou serou). A la fois humain et surnaturel, lebe métamorphosé en serpent (apparence sous laquelle il est censé s'incarner aujourd'hui) introduisit la mort sur terre. Rendant visite au hogon, il lécha son corps, et de ce fait lui donna, ainsi qu'à l'humanité entière, la force de survivre. Pour les Dogon, lebe représente la germination des végétaux et la principale source de vie.
Cette remarquable serrure était très probablement posée sur le volet d'un grenier appartenant au sanctuaire de lebe. La petite coupelle sculptée devant l'oiseau peut être un élément anecdotique, mais aussi le symbole des offrandes faites à lebe serou.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Région des falaises de Bandiagara, Teli)
Type : Serrures
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, remarquable et ancienne patine d'usage

4315

Serrure de grenier Dogon

Cette serrure de grenier très stylisée est surmontée d'un motif cruciforme. Selon les informations dont nous disposons, elle pourrait symboliser le dieu amma par une représentation extrêmement codifiée du ciel, de l'air et de la terre. L'eau serait quant à elle symbolisée par le rectangle central situé sur le coffre. Il pourrait également s'agir de la figuration symbolique des quatre éléments, des points cardinaux, et de l'homme dans l'univers. Cette forme coïncide aussi avec celle des compartiments intérieurs d'un grenier Dogon (voir photos).

Les serrures, bien que représentant une protection mécanique, sont renforcées d'un système de protection étroitement lié à la représentation de symboles. Que les motifs soient simplement anecdotiques ou bien liés à la figuration d'un thème mythologique, ils établissent l'appartenance du propriétaire à un lignage familial et traduisent sa position sociale ainsi que son statut. De même, les hommes et les femmes ont leurs serrures respectives et bien distinctes, souvent transmises depuis des générations.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Falaises de Bandiagara, Teli)
Type : Serrures
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, métal, patine d'usage

4323

Serrure de grenier Dogon

Les cornes situées sur la partie supérieure de cette serrure peuvent représenter à la fois un couple de nommo (les jumeaux originels) et les cornes de l'antilope ka. Les cornes pointées vers le bas pourraient symboliser les jambes des nommo. Cette serrure peut avoir été utilisée sur le volet de grenier d'un sanctuaire du binu. Le culte du binu met en relation le monde des vivants et celui des premiers ancêtres considérés comme immortels. Cette serrure est remarquable tant par la parfaite symétrie de sa facture, que par son style géométrique et épuré.

Cette serrure était fixée sur un volet situé sur la partie médiane d'un grenier à grains, et permettait l'accès aux denrées stockées à l'intérieur. Les greniers du binu servaient à entreposer les graines réservées aux semailles futures, ainsi que diverses substances destinées aux libations de ce culte. Les greniers Dogon sont étroits, de forme carrée ou ronde, avec une structure en bois recouvert de torchis et isolée du sol, et généralement une toiture de chaume ou simplement en terrasse. La protection « mécanique » d'une serrure est élaborée au travers d'une protection magique symbolisée par la forme représentée ainsi que son iconographie. Que les motifs soient simplement anecdotiques ou bien liés à la représentation d'un thème mythologique, ils établissent l'appartenance du propriétaire d'un grenier à un lignage familial et traduisent sa position sociale ainsi que son statut. De même, les hommes et les femmes ont leurs greniers respectifs et bien distincts.
Probablement 18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Région de Ende, falaises de Bandiagara)
Type : Serrures
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, très ancienne patine blonde d'usage

4343

Serrure de grenier Dogon

Cette serrure de grenier est sculptée de la représentation d'un couple primordial de nommo. Ils symbolisent une importante force magique et religieuse. Cette force est alors, selon les croyances animistes des Dogon, partie intégrante de la serrure. Dans le mythe Dogon de la création de la Terre, le dieu amma donna naissance à un personnage appelé nommo (le nommo anagonno, premier être vivant symbolisé par un poisson). Des vibrations de la matière, engendrées par amma, naîtra l'univers. Ce nommo donna lui-même naissance à quatre couples mixtes de nommo, considérés comme étant les huit ancêtres de l'Homme (unum) et les quatre éléments.
Cette serrure (ta koguru), qui possède encore sa clé en fer forgé, était fixée sur un volet situé sur la partie haute du mur d'un grenier à grains. Il permettait l'accès, tout au long de l'année suivant les récoltes, aux denrées stockées à l'intérieur (mil, sorgho, riz, maïs, fonio, …). Le grenier servait également à entreposer les biens personnels, placés le plus souvent dans un pot de terre scellé au centre des quatre compartiments intérieurs (voir photo). Les greniers Dogon sont étroits, de forme carrée ou ronde, avec une structure en bois recouvert de torchis et isolée du sol, et généralement une toiture de chaume ou simplement en terrasse (voir photo).
Les serrures, bien que représentant une protection mécanique, sont renforcées d'un système de protection étroitement lié à leur propre symbolisme. De même, ces symboles établissent l'appartenance du propriétaire à un lignage familial et traduisent sa position sociale ainsi que son statut.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Région de Teli)
Type : Serrures
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, métal, patine brune d'usage

4362

Serrure de grenier Dogon

Cette très ancienne serrure est surmontée d'une représentation du masque antilope walu. Ce masque était utilisé lors des cérémonies commémoratives du dama. Il était accompagné de centaines d'autres danseurs masqués formant ainsi une représentation abstraite de l'environnement du peuple Dogon. Le masque antilope est admiré pour sa beauté et la puissance de ses performances. L'antilope mythique walu avait été chargée par le dieu amma de protéger le soleil du renard pâle yourougou, qui espérait alors retrouver dans son rayonnement sa sœur jumelle yasiguini. Après de nombreux échecs, le renard creusa dans le sol des trous pour y faire tomber l'antilope. Malgré les soins qui lui furent prodigués par les nommo, elle succomba à ses blessures. La légende dit que le masque walu fut sculpté pour lui rendre hommage. Les cérémonies du dama (qui ont lieu tous les cinq ans) ont un lien étroit avec le culte des ancêtres, ainsi qu'avec l'équilibre de l'univers. Les motifs en X sur le coffre symbolisent les quatre éléments, les points cardinaux, et la place de l'homme dans l'univers. Le quadrillage quant à lui représente l'eau et les champs cultivés.
Cette serrure était fixée sur un volet situé sur la partie haute du mur d'un grenier à grains. Il permettait l'accès, tout au long de l'année suivant les récoltes, aux denrées stockées à l'intérieur (mil, sorgho, riz, maïs, fonio, …). Les greniers Dogon sont étroits, de forme carrée ou ronde, avec une structure en bois recouvert de torchis et isolée du sol, et généralement une toiture de chaume ou simplement en terrasse (voir photos). Les greniers Tellem peuvent être quant à eux très petits, nichés dans les moindres failles de la falaise. Les serrures, bien que représentant une protection mécanique, sont renforcées d'un système de protection étroitement lié à leur propre symbolisme. De même, ces symboles établissent l'appartenance du propriétaire à un lignage familial et traduisent sa position sociale ainsi que son statut.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Falaises de Bandiagara)
Type : Serrures
Ethnie : Dogon
Matière : Bois brun clair, très ancienne patine d'usage

5305

Serrure de grenier Dogon

Cette très belle serrure de grenier est sculptée de la représentation d'un couple primordial de nommo. Ils symbolisent une importante force magique et religieuse. Cette force est alors, selon les croyances animistes des Dogon, partie intégrante de la serrure. Dans le mythe Dogon de la création de la Terre, le dieu amma donna naissance à un personnage appelé nommo (le nommo anagonno, premier être vivant symbolisé par un poisson). Des vibrations de la matière, engendrées par amma, naîtra l'univers. Ce nommo donna lui-même naissance à quatre couples mixtes de nommo, considérés comme étant les huit ancêtres de l'Homme (unum) et les quatre éléments.
Cette serrure (ta koguru) était fixée sur un volet situé sur la partie haute du mur d'un grenier à grains. Il permettait l'accès, tout au long de l'année suivant les récoltes, aux denrées stockées à l'intérieur (mil, sorgho, riz, maïs, fonio, …). Le grenier servait également à entreposer les biens personnels, placés le plus souvent dans un pot de terre scellé au centre des quatre compartiments intérieurs (voir photo). Les greniers Dogon sont étroits, de forme carrée ou ronde, avec une structure en bois recouvert de torchis et isolée du sol, et généralement une toiture de chaume ou simplement en terrasse (voir photo).
Les serrures, bien que représentant une protection mécanique, sont renforcées d'un système de protection étroitement lié à leur propre symbolisme. De même, ces symboles établissent l'appartenance du propriétaire à un lignage familial et traduisent sa position sociale ainsi que son statut.
19ème siècle.


Origine : Mali (Région de Teli)
Type : Serrures
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, métal, patine brune d'usage

5335

Serrure de grenier Dogon

Cette serrure de grenier Dogon est surmontée d'un oiseau aux formes élancées. Il pourrait s'agir d'une cigogne dont la représentation est associée à l'hivernage et donc à la fertilité des cultures. Cet oiseau pourrait également évoquer une autruche, faisant ainsi référence à la cosmogonie Dogon. L'autruche (ogotanala) est connue pour sa course zigzagante lorsqu'elle court. Ce zigzag symbolise l'ancêtre lebe dans la mesure où il reproduit les mouvements du serpent. Ce déplacement ondoyant est également similaire à celui des nommo lorsqu'ils descendirent sur terre sous forme de pluie. Lebe, ou l'ancêtre lebe serou, symbolise la Terre, ainsi que le premier hogon (guide spirituel et religieux des Dogon). A la fois humain et surnaturel, métamorphosé en serpent (apparence sous laquelle il est censé s'incarner aujourd'hui), lebe introduisit la mort sur terre. Rendant visite au hogon, il lécha son corps, et de ce fait lui donna, ainsi qu'à l'humanité entière, la force de survivre. Pour les Dogon, lebe représente la germination des végétaux et la principale source de vie.
Cette très ancienne serrure, aux formes pures et très harmonieuses, était très probablement posée sur le volet d'un grenier appartenant à un sanctuaire de lebe.
Fin du 19ème / début du 20ème siècle.

Provenance : Collection privée, Paris


Origine : Mali (Falaises de Bandiagara)
Type : Serrures
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, belle et ancienne patine blonde d'usage

5357

Serrure Dogon

Cette serrure de case représente un personnage de façon extrêmement abstraite. La partie verticale du coffre représente les sillons d'un champ cultivé, et les motifs rectangulaires, au centre, symbolisent « la mare » (mythe Dogon de la Création de l'univers, le tihinle). Les jambes apparaissent de façon tronquée tout en bas du coffre de la serrure, ainsi que le cou sous la partie supérieure (symbole de la Parole). Visuellement, le coffre de la serrure devient alors le corps du personnage, le pêne figurant les bras de celui-ci.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Région des falaises de Bandiagara)
Type : Serrures
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, très ancienne patine blonde d'usage

2142

Serrure Dogon

Cette serrure de case est surmontée d'un seul personnage, probablement un nommo, sculpté dans un registre circulaire. Le couple primordial (de nommo ou d'ancêtres) est un thème fréquemment représenté sur les serrures Dogon, étant un élément important du mythe de la Création de l'univers et de leur cosmogonie. La figuration d'un seul nommo (comme ici) est assez rare. La forme circulaire pourrait représenter la Terre ou un symbole solaire (comme symbole de l'universalité).

La cosmogonie des Dogon peut permettre une interprétation plus poussée de ce symbolisme. Il pourrait en fait s'agir de la figuration du troisième nommo, sacrifié par le dieu amma, lors de la création de l'univers, afin de réparer l'inceste commis par le quatrième nommo (ogo) avec sa mère (la Terre). Ce sacrifice donna naissance à la planète Sirius (les Dogon connaissent l'existence de cette planète et de son satellite, « l'étoile rouge », depuis plus de 2200 ans). La dispersion de son corps engendra les planètes et leur mouvement. Amma, séparant en deux parties les quatre éléments de son âme, créa deux nommo, l'un mâle l'autre femelle. De la mutilation d' ogo, en vengeance de la mort du nommo, est née la planète Mars. Amma ressuscita le nommo sacrifié sous l'apparence d'un couple de jumeaux humains mixtes.


Origine : Mali (Région de Sangha, falaises de Bandiagara)
Type : Serrures
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, très ancienne patine d'usage

2173

Serrure Dogon

Cette serrure de case très stylisée est surmontée des cornes de l'antilope walu. Elles symbolisent de façon abstraite le couple primordial qui donna naissance aux quatre couples de nommo considérés comme étant les huit ancêtres de l'humanité (mythe Dogon de la Création de l'univers). Les jambes tronquées apparaissent en bas du coffre de la serrure, qui devient de fait le corps des personnages. Les cornes sont sculptées de chevrons symbolisant l'eau et la fertilité, ainsi que l'existence spirituelle des nommo dans l'eau et la pluie. Il faut également noter la présence d'étoiles gravées sur le coffre.

Les serrures, bien que représentant une protection mécanique, sont renforcées d'un système de protection étroitement lié à la représentation de symboles. Que les motifs soient simplement anecdotiques ou bien liés à la figuration d'un thème mythologique, ils établissent l'appartenance du propriétaire à un lignage familial et traduisent sa position sociale ainsi que son statut. De même, les hommes et les femmes ont leurs serrures respectives et bien distinctes.

18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Village de Kani Kombolé, falaises de Bandiagara)
Type : Serrures
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, métal, belle patine brune d'usage

2397

Serrure Dogon

Cette serrure de case représente de façon abstraite le couple primordial qui donna naissance aux quatre couples de nommo considérés comme étant les huit ancêtres de l'humanité (mythe Dogon de la création de l'univers). L'homme et la femme sont représentés et symbolisés par les cornes de l'antilope. Le coffre est décorée de motifs incisés qui évoquent à la fois les champs (l'espace terrestre et la fertilité) et le centre de l'univers. Ces motifs symbolisent également l'eau et la fertilité, ainsi que l'existence spirituelle du nommo dans l'eau et la pluie. Les jambes tronquées apparaissent en bas du coffre de la serrure, qui devient de fait le corps des personnages.
Les serrures (ta koguru) étaient fixées sur les portes des habitations, des cuisines, des enclos, des sanctuaires, ainsi que sur les volets des greniers. Chaque serrure avait un nom en rapport avec le message qu'elle transmettait, une personne, un mythe, ou une simple anecdote à laquelle elle faisait référence. Les serrures étaient souvent offertes en cadeau de mariage, et se transmettaient de génération en génération.
17ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Région des falaises de Bandiagara)
Type : Serrures
Ethnie : Dogon
Matière : Bois à belle et ancienne patine d'usage granuleuse

2926

Serrure Dogon

Cette serrure contient à la fois des éléments rapportant au lézard (geo) et au crocodile (ayo). Ces deux reptiles sont fréquemment représentés sur les serrures. Le lézard symbolise le prépuce d'un jeune circoncis, les Dogon le considérant comme étant l'élément féminin de l'homme. Par son ablation lors de la circoncision, il est transformé en un lézard de couleur rouge appelé le lézard solaire. La mythologie Dogon révèle que le sang issu de la circoncision du quatrième nommo anagonno, appelé ogo (le renard pâle), engendra Mars, planète associées aux menstrues. Son prépuce, précipité vers le soleil, et excisant de fait l'astre, en fit l'élément masculin de l'univers. Le crocodile est associé à l'ancêtre binu serou. Binu serou symbolise l'un des quatre éléments : l'eau (l'air étant symbolisé par amma serou, la terre par lebe serou, et le feu par diogou serou). Cette serrure était très probablement posée sur la porte d'un sanctuaire du binu (culte dédié aux ancêtres fondateurs et protecteurs du lignage).

Le crocodile et le lézard sont des animaux totémiques qui étaient considérés comme les symboles d'une grande force protectrice. Selon la tradition, ces animaux ne pouvaient être tués, mangés, ni même touchés. Ils sont représentés aussi bien sur les volets, que sur les poteaux de case, les portes, ou les serrures (ta koguru).
Fin du 19ème siècle.


Origine : Mali (Région du plateau de Bandiagara, village de Keti)
Type : Serrures
Ethnie : Dogon
Matière : Bois très dense, patine brune d'usage

4261

Serrure Dogon

Cette serrure de case représente de façon abstraite le couple primordial qui donna naissance aux quatre couples de nommo considérés comme étant les huit ancêtres de l'humanité (mythe Dogon de la création de l'univers). Les nommo sont représentés et symbolisés par les cornes de l'antilope ka. Le coffre est décorée de motifs incisés qui évoquent à la fois les champs (l'espace terrestre et la fertilité) et le centre de l'univers. Ces motifs symbolisent également l'eau et la fertilité, ainsi que l'existence spirituelle des nommo dans l'eau et la pluie.
Elle était probablement fixée sur la porte d'un sanctuaire du binu, autel dédié au culte des ancêtres primordiaux et protecteurs. Les serrures de ce type, pourvues de cornes d'antilope, sont utilisées sur les portes de ces sanctuaires, ainsi que sur les volets de greniers des familles ayant choisi cet animal totémique.
Les serrures (ta koguru) étaient fixées sur les portes des habitations, des cuisines, des enclos, des sanctuaires, ainsi que sur les volets des greniers. Chaque serrure avait un nom en rapport avec le message qu'elle transmettait, une personne, un mythe, ou une simple anecdote à laquelle elle faisait référence.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Falaises de Bandiagara, région de Teli)
Type : Serrures
Ethnie : Dogon
Matière : Bois brun clair, très ancienne patine d'usage

4283

Serrure Dogon

Cette serrure, à l'iconographie riche et complexe, est surmontée d'un couple de jumeaux mixtes, deux des huit nommo ancêtres de l'humanité (mythe Dogon de la création de l'univers, le tihinle). A l'autre extrémité du coffre, un crocodile (ayo) représente l'ancêtre binu serou. De même, binu serou symbolise l'un des quatre éléments : l'eau (l'air étant symbolisé par amma serou, la terre par lebe serou, et le feu par diogou serou). Le coffre est entièrement sculpté de motifs en chevrons évoquant l'eau et la fertilité, ainsi que l'existence spirituelle des nommo de binu serou dans l'eau et la pluie. Cette serrure était fixée sur le volet d'un grenier appartenant à un prêtre du binu (culte dédié aux ancêtres fondateurs et protecteurs du lignage).

Les greniers Dogon sont étroits, de forme carrée ou ronde, avec une structure en bois recouvert de torchis et isolée du sol, et généralement une toiture de chaume ou simplement en terrasse (voir photos). Les serrures, bien que représentant une protection mécanique, sont renforcées d'un système de protection étroitement lié à leur propre symbolisme. De même, ces symboles établissent l'appartenance du propriétaire à un lignage familial et traduisent sa position sociale ainsi que son statut. Chaque serrure avait un nom en rapport avec le message qu'elle transmettait, une personne, un mythe, ou une simple anecdote à laquelle elle faisait référence.
19ème siècle.


Origine : Mali (Falaises de Bandiagara, Ireli)
Type : Serrures
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, métal, patine grisâtre d'usage

4290

Serrure Dogon

Cette serrure de case représente de façon abstraite le couple primordial qui donna naissance aux quatre couples de nommo considérés comme étant les huit ancêtres de l'humanité (mythe Dogon de la création de l'univers). Les nommo sont représentés et symbolisés par les cornes de l'antilope. Le coffre est décorée de motifs incisés qui évoquent à la fois les champs (l'espace terrestre et la fertilité) et le centre de l'univers. Ces motifs symbolisent également l'eau et la fertilité, ainsi que l'existence spirituelle des nommo dans l'eau et la pluie. Les jambes tronquées apparaissent en bas du coffre de la serrure, qui devient de fait le corps des personnages.
Elle était probablement fixée sur la porte d'un sanctuaire du binu, autel dédié au culte des ancêtres primordiaux et protecteurs. Les serrures de ce type, pourvues de cornes d'antilope, sont utilisées sur les portes de ces sanctuaires, ainsi que sur les volets de greniers des familles ayant choisi cet animal totémique.
Les serrures (ta koguru) étaient fixées sur les portes des habitations, des cuisines, des enclos, des sanctuaires, ainsi que sur les volets des greniers. Chaque serrure avait un nom en rapport avec le message qu'elle transmettait, une personne, un mythe, ou une simple anecdote à laquelle elle faisait référence. Cette serrure possède encore sa clé.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Falaises de Bandiagara, région de Ireli)
Type : Serrures
Ethnie : Dogon
Matière : Bois brun clair, patine d'usage

4304

Serrure Dogon

Cette serrure était fixée sur le volet d'un grenier appartenant à un prêtre du binu (culte dédié aux ancêtres fondateurs et protecteurs du lignage). Elle représente de façon abstraite un couple de jumeaux mixtes, deux des huit nommo ancêtres de l'humanité (mythe Dogon de la création de l'univers, le tihinle). Les nommo sont symbolisés par les cornes de l'antilope ka. Le coffre est sculpté en son centre de motifs évoquant les champs cultivés (les sillons réguliers, et la fertilité), et l'eau (binu serou). Les motifs en X symbolisent la place de l'homme dans l'univers, ainsi que les points cardinaux et les quatre éléments. Le motif en étoile, situé sur la partie droite du pêne, pourrait représenter l'univers.
La cosmogonie des Dogon peut permettre une interprétation plus poussée de ce symbolisme et de ce motif étoilé. Il pourrait en fait s'agir de la figuration du troisième nommo, sacrifié par le dieu amma, lors de la création de l'univers, afin de réparer l'inceste commis par le quatrième nommo (ogo) avec sa mère (la Terre). Ce sacrifice donna naissance à la planète Sirius (les Dogon connaissent l'existence de cette planète et de son satellite, « l'étoile rouge », depuis plus de 2200 ans). La dispersion de son corps engendra les planètes et leur mouvement. Amma, séparant en deux parties les quatre éléments de son âme, créa deux nommo, l'un mâle l'autre femelle. De la mutilation d' ogo, en vengeance de la mort du nommo, est née la planète Mars. Amma ressuscita le nommo sacrifié sous l'apparence d'un couple de jumeaux humains mixtes.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Falaises de Bandiagara, Yougo Na)
Type : Serrures
Ethnie : Dogon
Matière : Bois brun clair, patine d'usage

4311

Serrure Dogon

Cette serrure, à l'iconographie riche et complexe, représente de façon abstraite un couple de jumeaux mixtes, deux des huit nommo ancêtres de l'humanité (mythe Dogon de la création de l'univers, le tihinle). Les nommo sont symbolisés par les cornes de l'antilope ka. Le coffre est sculpté de motifs évoquant les champs cultivés (les sillons réguliers, et la fertilité), gardés par un crocodile (ayo), animal totémique représentant l'ancêtre binu serou (voir photo Détail). De même, binu serou symbolise l'un des quatre éléments : l'eau (l'air étant symbolisé par amma serou, la terre par lebe serou, et le feu par diogou serou). Des chevrons bordent l'espace des cultures, symbolisant l'eau et la fertilité, ainsi que l'existence spirituelle des nommo de binu serou dans l'eau et la pluie. Cette serrure était fixée sur le volet d'un grenier appartenant à un prêtre du binu (culte dédié aux ancêtres fondateurs et protecteurs du lignage).

Les serrures (ta koguru) étaient fixées sur les portes des habitations, des cuisines, des enclos, des sanctuaires, ainsi que sur les volets des greniers à grains. Chaque serrure avait un nom en rapport avec le message qu'elle transmettait, une personne, un mythe, ou une simple anecdote à laquelle elle faisait référence.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Falaises de Bandiagara, Ireli)
Type : Serrures
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, métal, patine grise d'usage

4318

Serrure Dogon

Cette serrure, richement décorée d'un placage de bronze, représente à la fois un oiseau et un ancêtre protecteur. Il peut s'agir d'une cigogne dont la représentation est associée à l'hivernage et donc à la fertilité des cultures. Il pourrait également s'agir de la figuration symbolique de l'autruche (ogotanala), allégorie mythologique du serpent lebe. L'autruche (ogotanala) est connue pour sa course zigzagante lorsqu'elle court. Ce zigzag symbolise lebe dans la mesure où il reproduit ses mouvements. Ce déplacement ondoyant est également similaire à celui des nommo lorsqu'ils descendirent sur terre sous forme de pluie.
Lebe, ou lebe serou, symbolise la Terre. A la fois humain et surnaturel, lebe métamorphosé en serpent (apparence sous laquelle il est censé s'incarner aujourd'hui), introduisit la mort sur terre. Rendant visite au hogon, il lécha son corps, et de ce fait lui donna, ainsi qu'à l'humanité entière, la force de survivre. Pour les Dogon, lebe représente la germination des végétaux et la principale source de vie. Lebe est aussi symbolisé par les motifs situés sur le coffre (qui représentent également l'eau et les champs cultivés).
Sculpté par le forgeron du village pour le hogon et les notables, les serrures (ta koguru) sont un des éléments majeurs de l'art Dogon. De par sa rareté et la richesse de son décor, cette serrure était sans nul doute la propriété d'un notable.
Cette serrure possède encore sa clé (dédoublée et d'un codage complexe).
18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Plaine du Seno, région limitrophe du Burkina Faso)
Type : Serrures
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, placage et clous de bronze, très ancienne patine d'usage

4319

Serrure Dogon

Cette serrure très stylisée est surmontée des cornes de l'antilope walu. Ces cornes sont finement sculptées de marches, comme une échelle Dogon. Elles symbolisent également un couple de nommo de façon abstraite. Le coffre présente l'originalité d'avoir à sa base un réceptacle qui devait être fermé par une sorte de petit volet. Selon les informations dont nous disposons, ce petit coffret pourrait avoir contenu une pierre sacrée (dugo), symbole de la relation établie entre le propriétaire du grenier et son ancêtre protecteur du lignage.

Les serrures, bien que représentant une protection mécanique, sont renforcées d'un système de protection étroitement lié à la représentation de symboles. Que les motifs soient simplement anecdotiques ou bien liés à la figuration d'un thème mythologique, ils établissent l'appartenance du propriétaire à un lignage familial et traduisent sa position sociale ainsi que son statut. De même, les hommes et les femmes ont leurs serrures respectives et bien distinctes.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Région de Kambari, falaises de Bandiagara)
Type : Serrures
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, ancienne patine d'usage grisâtre et brune par endroits

4333

Serrure Dogon

Cette serrure très élaborée combine différents symboles liés au serpent lebe (le premier hogon, guide spirituel des Dogon), ainsi que la représentation d'un couple de nommo mixtes de amma serou, l'un des quatre ancêtres primordiaux, figure allégorique de l'Air. Lebe, ou lebe serou, symbolise quant à lui la Terre. A la fois humain et surnaturel, lebe métamorphosé en serpent (apparence sous laquelle il est censé s'incarner aujourd'hui), introduisit la mort sur terre. Rendant visite au hogon, il lécha son corps, et de ce fait lui donna, ainsi qu'à l'humanité entière, la force de survivre. Pour les Dogon, lebe représente la germination des végétaux et la principale source de vie. Lebe est symbolisé à la fois par les chevrons (qui représentent également l'eau et donc la fertilité des cultures), et les autruches sculptées en bas du coffre de la serrure. L'autruche (ogotanala) est connue pour sa course zigzagante lorsqu'elle court. Ce zigzag symbolise lebe dans la mesure où il reproduit ses mouvements. Ce déplacement ondoyant est également similaire à celui des nommo lorsqu'ils descendirent sur terre sous forme de pluie.
Sculpté par le forgeron du village pour le hogon et les notables, les serrures (ta koguru) sont un des éléments majeurs de l'art Dogon. De par sa rareté et sa remarquable construction, cette serrure est sans nul doute l'œuvre d'un grand sculpteur.


Origine : Mali (Région de Kani Kombolé, cercle de Bankass)
Type : Serrures
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, métal, patine brune d'usage

4341

Serrure Dogon

Cette rare et exceptionnelle serrure Dogon représente un poisson, la queue étant placée vers le haut et la tête vers le bas. A notre connaissance, cette iconographie est unique en son genre. Les motifs géométriques gravés sur le coffre symbolisent les écailles de l'animal. La partie supérieure de la serrure présente une queue dédoublée, le choix du sculpteur de la placer vers le haut lui permettant ainsi d'exprimer visuellement la dualité et le symbolisme des jumeaux originels (nommo). Le poisson, dans le mythe Dogon de la création de l'univers, représente également le premier être vivant engendré par l'œuf d'amma : le nommo anagonno. Le nommo anagonno est lui-même à l'origine des quatre paires de jumeaux mixtes qui engendrèrent l'espèce humaine.

Cette serrure, bien que représentant une protection mécanique, est renforcée d'un système de protection étroitement lié à la représentation de symboles. Que les motifs soient simplement anecdotiques ou bien liés à la figuration d'éléments mythologiques ou culturels, ils établissent l'appartenance du propriétaire à un lignage familial et traduisent sa position sociale ainsi que son statut. De par son extrême rareté, sa construction pure et géométrique, cette serrure peut être considérée comme étant un chef d'œuvre de l'art Dogon.
Probablement deuxième moitié du 19ème siècle.


Origine : Mali (Région de Ireli)
Type : Serrures
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, très belle et ancienne patine d'usage, croûteuse ou laquée par endroits

4345


Serrures • Kurumba • Burkina Faso
 

Serrure de grenier Kurumba

Cette petite serrure représente un crocodile ou un lézard, et symbolise l'esprit protecteur et tutélaire de la famille. La partie verticale forme le corps de l'animal au ventre sculpté en forme de losange. Cette façon très anguleuse de traiter les formes est propre au style Kurumba. Par le passé, la représentation d'animaux « interdits » ou dangereux, tel le crocodile, était considérée comme le signe d'une grande force protectrice. Selon la tradition, ces animaux ne pouvaient être tués, mangés, ni même touchés. Cette petite serrure était fixée sur le volet d'un grenier à grains, protégeant ainsi son contenu par sa présence symbolique.
Probablement 19ème siècle.

Provenance : ancienne collection André Blandin


Origine : Burkina Faso (Région de Djibo, au nord du Burkina Faso)
Type : Serrures
Ethnie : Kurumba
Matière : Bois brun clair érodé, patine d'usage

2997


Serrures • Malinke • Mali
 

Serrure Malinke

Cette serrure représente très probablement un calao dont la figuration est associée à la saison des pluies (hivernage) et à la fertilité des cultures. L'oiseau, qu'il s'agisse d'un calao ou d'une hirondelle, est le thème quasiment exclusif des serrures Malinké. La partie inférieure figure le long bec de l'oiseau, et l'extrémité supérieure sa queue. La surface est dépourvue de motifs, mais le pêne est sculpté d'une sorte de tenon sur la partie droite, à proximité de l'endroit où la clé est insérée.

Les Malinke vivent dans le sud-ouest du Mali, dans les région de Wassoulou et Baninko. On les trouve également dans les régions adjacentes du nord-ouest, dans les districts de Djitoumou et de Kita, ainsi qu'en Guinée. Partageant la majorité des rites et coutumes de leurs voisins Bamana, les Malinké sculptent des serrures avec leurs propres références iconographiques, mais avec des points communs en terme de structure, de mécanisme de verrouillage, et d'utilisation des symboles. Il n'est pas improbable, compte tenu de l'excellence de leurs sculpteurs, que celles-ci aient été réalisées par des forgerons Bamana.
19ème siècle ou antérieur.


Origine : Mali (Région de Kita)
Type : Serrures
Ethnie : Malinke
Matière : Bois dur, très belle et ancienne patine d'usage, croûteuse par endroits

4248

Serrure Malinke

Cette serrure représente très probablement une hirondelle (nanalékou). Toutefois, il pourrait également s'agir du calao dont la figuration est associée à la saison des pluies (hivernage) et à la fertilité des cultures. Les traits caractéristiques des serrures provenant de cette région sont une tête de forme triangulaire et de construction polyédrique, ainsi que des éléments rectangulaires situés aux deux extrémités du coffre. La partie inférieure figure la queue de l'oiseau. L'hirondelle symbolise la divinité de l'eau (faro) et ses pouvoirs protecteurs ; de même, elle est assimilée à la déesse faro dans les légendes Bamana de la création du monde. Un large motif central, en forme de double X, représente à la fois un puissant symbole de fertilité, l'eau, et les quatre points cardinaux.

Les Malinke vivent dans le sud-ouest du Mali, dans les région de Wassoulou et Baninko. On les trouve également dans les régions adjacentes du nord-ouest, dans les districts de Djitoumou et de Kita, ainsi qu'en Guinée. Partageant la majorité des rites et coutumes de leurs voisins Bamana, les Malinké sculptent des serrures avec leurs propres références iconographiques, mais avec des points communs en terme de structure, de mécanisme de verrouillage, et d'utilisation des symboles. Il n'est pas improbable, compte tenu de l'excellence de leurs sculpteurs, que celles-ci aient été réalisées par des forgerons Bamana.
19ème siècle ou antérieur.


Origine : Mali (Région de Yanfoilla)
Type : Serrures
Ethnie : Malinke
Matière : Bois dur, très belle et ancienne patine d'usage

4253


Serrures • Mossi • Burkina Faso
 

Serrure de chefferie Mossi

Cette rare et exceptionnelle serrure comporte deux pênes, ce qui traduit un élément de prestige pour son attribution à un chef de clan ou de village. Elle représente l'esprit tutélaire, protecteur des récoltes, qui veille sur la maison et les greniers à grains. Les motifs géométriques gravés sur le coffre symbolisent les scarifications faites sur le ventre des femmes à la naissance du premier enfant. Le visage, avec son cou tubulaire et longiligne, porte une coiffe très finement sculptée. La partie inférieure de la serrure se termine par une importante queue de crocodile dentelée.
Cette serrure, bien que représentant une protection mécanique, est renforcée d'un système de protection étroitement lié à la représentation de symboles. Que les motifs soient simplement anecdotiques ou bien liés à la figuration d'éléments mythologiques ou culturels, ils établissent l'appartenance du propriétaire à un lignage familial et traduisent sa position sociale ainsi que son statut.
De par son extrême rareté, sa construction, et sa taille monumentale, cette serrure est un chef d'œuvre de l'art Mossi.
18ème / 19ème siècle ou antérieur.

Provenance : Ancienne collection privée, Brussels, 1990


Origine : Burkina Faso
Type : Serrures
Ethnie : Mossi
Matière : Bois brun clair très dense, très belle patine d'usage

2954

Serrure Mossi

Cette très belle serrure de case Mossi représente l'esprit protecteur des récoltes qui veille sur la maison et les greniers à grains. Elle est entièrement décorée de motifs géométriques. La traverse est sculptée selon l'ancien système de verrouillage crénelé : des tenons en bois, mobiles dans le mécanisme de verrouillage situé à l'arrière du coffre, viennent se loger dans les réserves taillées sur le dessus du pêne. Une clé plate, en bois et munie d'un même nombre de tenons, permettait de déverrouiller la serrure et ainsi d'ouvrir la porte.

Le visage, avec son cou longiligne, porte une coiffe très finement sculptée. Ce mode de figuration est propre aux Mossi, et comparable au style de certaines statuettes de fécondité.
19ème siècle ou antérieur.


Origine : Burkina Faso (Région de Kongoussi)
Type : Serrures
Ethnie : Mossi
Matière : Bois, profonde patine brune d'usage

2306

Serrure Mossi

Cette rare et exceptionnelle serrure de case comporte deux traverses (généralement réservées aux serrures de chefferie, comme étant un élément de prestige). Elle représente un esprit protecteur des récoltes, et les motifs gravés sur le coffre représentent les scarifications faites sur le ventre des femmes à la naissance du premier enfant. Elle est surmontée d'une petite tête de tortue, et la partie inférieure du coffre est prolongée par deux jambes.

Les serrures, bien que représentant une protection mécanique, sont renforcées d'un système de protection étroitement lié à la représentation de symboles. Que les motifs soient simplement anecdotiques ou bien liés à la figuration d'éléments culturels ou mythologiques, ils établissent l'appartenance du propriétaire à un lignage familial et traduisent sa position sociale ainsi que son statut.
19ème siècle ou antérieur.


Origine : Burkina Faso (Région de Kongoussi)
Type : Serrures
Ethnie : Mossi
Matière : Bois, patine granuleuse brune profonde

2307


Serrures • Tellem • Mali
 

Serrure de grenier Dogon

Cette serrure de grenier est surmontée d'un seul personnage, probablement un ancêtre (nommo), ou la représentation d'un andoumboulou (« homme court », les premiers occupants de la falaise). Cette serrure provient de la partie abandonnée de l'ancien village Tellem de Yougo Dogorou, habitats troglodytes nichés dans la falaise. Cet endroit, où seuls demeurent des sanctuaires et quelques greniers abandonnés, est considéré comme sacré et inaccessible (voir photos).

Comme la plupart des sculptures, les serrures ont été traditionnellement réalisées par les forgerons. Ces derniers appartiennent à une caste de rang élevé, ils sont à la fois les maîtres du feu (travail du métal nécessitant la connaissance des températures de fusion, et donc la maîtrise de l'air) et sculptent la majeure partie des objets en bois. On attribue aux forgerons une ascendance mythique, du fait de leurs connaissances « secrètes », et leur Parole est crainte et respectée.
Cette serrure, présentée à un forgeron Dogon du village voisin de Yougo Na, a été identifiée comme étant l'œuvre d'un sculpteur Tellem.
14ème / 15ème siècle.


Origine : Mali (Village de Yougo Dogorou)
Type : Serrures
Ethnie : Tellem / Dogon
Matière : Bois érodé, métal, patine d'usage

4327


Statuaire • Bamana (Bambara) • Mali
 

Statue Bamana

Cette statue, représentant un personnage féminin assis, avait pour fonction de renforcer la force vitale au sein du village. A ce titre, elle jouait un rôle important lors des cérémonies de l'initiation des jeunes adultes (les initiés du dyo) : transmission du respect des règles de conduite sociale et morale, cohésion communautaire, rituels de fertilité, pérennisation des pratiques religieuses du clan et du culte des ancêtres fondateurs (principalement de faro, déesse mère de l'eau).
Utilisée par les sociétés secrètes dyow et gwan (organisées autour d'un ordre hiérarchique d'initiations aux degrés de connaissances complexes et ésotériques), cette statue peut avoir servi à exprimer l'institution du mariage, mais aussi avoir aidé le forgeron à être plus efficace dans le cadre de pratiques divinatoires ou dans les rites de guérison. Le forgeron, dont la fonction dépasse les seules pratiques de la sculpture et de la ferronnerie, est un initié dont les pouvoirs peuvent être plus étendus. Ne sortant que lors de grandes occasions du sanctuaire dans lequel elle était conservée, elle est un vecteur incontournable de la transmission du savoir communautaire. Les statues de grande taille sont sous la responsabilité des aînés des associations, huilées puis habillées, ornées de quelques bijoux ou simples morceaux de tissu, elles pouvaient également faire l'objet de sacrifices rituels.

Outre son apparence particulièrement hiératique, cette œuvre met en exergue les éléments liés à la féminité et à la fécondité. Ces deux notions sont fondamentales dans la statuaire Bamana.
18ème / 19ème siècle.

Provenance :
Acquisition d'une collection privée, Los Angeles
Ancienne collection privée, Paris


Origine : Mali (Région de Bougouni)
Type : Statuaire
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois, métal, tissu, épaisse et ancienne patine d'usage sacrificielle, brune, brillante aux angles, croûteuse par endroits

5167

Statue Bamana Do Nyeleni

Cette statue, appelée dyo nyeleni (petite préférée du dyo), avait pour fonction de renforcer la force vitale au sein du village. A ce titre, elle jouait un rôle important lors des cérémonies de l'initiation des jeunes adultes (les initiés du dyo) : transmission du respect des règles de conduite sociale et morale, cohésion communautaire, rituels de fertilité, pérennisation des pratiques religieuses du clan et du culte des ancêtres fondateurs (principalement de faro, déesse mère de l'eau).
Utilisée par les sociétés secrètes dyow et gwan (organisées autour d'un ordre hiérarchique d'initiations aux degrés de connaissances complexes et ésotériques), cette statue peut avoir servi à exprimer l'institution du mariage, mais aussi avoir aidé le forgeron à être plus efficace dans le cadre de pratiques divinatoires ou dans les rites de guérison. Le forgeron, dont la fonction dépasse les seules pratiques de la sculpture et de la ferronnerie, est un initié dont les pouvoirs peuvent être plus étendus.

Le buste est taillé sur un seul plan au-dessus de l'abdomen et met ainsi en valeur les seins volumineux. La schématique des volumes, en réduisant la plastique à ce qui est ici considéré comme l'essentiel, met en exergue les éléments liés à la féminité et à la fécondité. Ces deux notions sont fondamentales dans la représentation des statues dyo nyeleni.

18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Région de Bougouni)
Type : Statuaire
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois, ancienne patine d'usage brun rougeâtre

2495

Statuette Bamana Do Nyeleni

Cette statuette, appelée dyo nyeleni (petite préférée du dyo), était utilisée dans les rituels de fertilité des sociétés du dyow (les principales étant n'tomo, kore, komo, tyi wara, nama, et kono), et sa fonction était d'assurer la force vitale au sein du village. A ce titre, elle jouait un rôle important lors des cérémonies de l'initiation des jeunes adultes (les initiés du dyo) : transmission du respect des règles de conduite sociale et morale, cohésion communautaire, pérennisation des pratiques religieuses du clan et du culte des ancêtres fondateurs (principalement de faro, déesse mère de l'eau). Ne sortant que lors de grandes occasions du sanctuaire dans lequel elle était conservée, elle est un vecteur incontournable de la transmission du savoir communautaire.

Le visage est traité avec douceur et souci du détail, le corps présente des proportions harmonieuses. La patine est le résultat des soins particuliers qui lui sont apportés. Pour être purifiée, et donc intervenir efficacement, cette statuette devait être régulièrement lavée.

Probablement début du 19ème siècle.


Origine : Mali
Type : Statuaire
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois brun clair, très ancienne patine d'usage, et érosion due au temps

5310


Statuaire • Baoule • Côte d'Ivoire
 

Statuette Baoulé

Les statues Baoulé correspondent à deux cultes différents : les « époux de l'autre monde », blolo bla pour une femme, et blolo bian pour un homme ; les asie usu ou « génies de la terre » utilisées par les devins.

Les premières sont souvent frottées avec des applications d'huile qui donneront la patine brillante, elles incarnent l'époux idéal que chaque individu possède dans l'autre monde.

Les secondes sont à l'usage des devins (komyen) et des sociétés secrètes, et présentent souvent des traces d'offrandes et une importante patine sacrificielle. Elles sont alors utilisées pour rendre hommage aux génies afin qu'ils aient envie de s'associer aux hommes et de les aider. Pour être efficaces, ces sculptures se doivent de refléter les canons esthétiques et de beauté des Baoulé : le visage est important et finement détaillé, le buste est élancé et droit, orné de fins motifs de scarifications, les mains encadrent le nombril, et les jambes fléchies présentent des mollets fortement galbés. Particulièrement soignée dans les détails (coiffe fine et variée, visage recueilli, mains fines et délicatement posées sur le ventre), cette petite statuette asie usu est d'une grande ancienneté.


Origine : Côte d'Ivoire
Type : Statuaire
Ethnie : Baoule
Matière : Bois, ancienne et profonde patine d'usage sacrificielle

5365

Statuette Baoulé blolo bian

Les statues Baoulé correspondent à deux cultes différents : les « époux de l'autre monde », blolo bla pour une femme, et blolo bian pour un homme ; les asie usu ou « génies de la terre » utilisées par les devins.

Les premières sont souvent frottées avec des applications d'huile ou de teinture végétale qui donneront la patine brillante, parfois noire, elles incarnent l'époux idéal que chaque individu possède dans l'autre monde.

Les secondes sont à l'usage des devins (komyen) et des sociétés secrètes, et présentent souvent des traces d'offrandes et une importante patine sacrificielle. Elles sont alors utilisées pour rendre hommage aux génies afin qu'ils aient envie de s'associer aux hommes et de les aider. Pour être efficaces, ces sculptures se doivent de refléter les canons esthétiques et de beauté des Baoulé : le visage est important et finement détaillé, le buste est élancé et droit, orné de fins motifs de scarifications, les mains encadrent le nombril, et les jambes fléchies présentent des mollets fortement galbés.


Origine : Côte d'Ivoire
Type : Statuaire
Ethnie : Baoule
Matière : Bois, ancienne patine d'usage brun-clair, brillante, restes de sacrifices

5360

Statuette masculine Baoulé

Les statues Baoulé correspondent à deux cultes différents : les « époux de l'autre monde », blolo bla pour une femme, et blolo bian pour un homme ; les asie usu ou « génies de la terre » utilisées par les devins.
Les premières sont souvent frottées avec des applications d'huile qui donneront la patine brillante, elles incarnent l'époux idéal que chaque individu possède dans l'autre monde.
Les secondes sont à l'usage des devins (komyen) et des sociétés secrètes, et présentent souvent des traces d'offrandes et une importante patine sacrificielle. Elles sont alors utilisées pour rendre hommage aux génies afin qu'ils aient envie de s'associer aux hommes et de les aider. Pour être efficaces, ces sculptures se doivent de refléter les canons esthétiques et de beauté des Baoulé : le visage est important et finement détaillé, le buste est élancé et droit, orné de fins motifs de scarifications, les mains encadrent le nombril, et les jambes fléchies présentent des mollets fortement galbés.
La taille est ceinte d'un tissu dissimulant le sexe.

Provenance : Yves Develon, Paris


Origine : Côte d'Ivoire
Type : Statuaire
Ethnie : Baoule
Matière : Bois, très ancienne patine d'usage noire, brillante, dépôts terreux par endroits, tissu

5069


Statuaire • Bobo (Bobo Fing) • Burkina Faso
 

Fétiche de forgeron Bobo

Cette statuette est un gardien de forge, un être mythique et hybride, dont seul le forgeron détient le secret. Il en émane une puissance impressionnante, due essentiellement à la posture du personnage et à son regard scrutateur (voir vidéo jointe).
Première moitié du 20ème siècle.


Origine : Burkina Faso (Région limitrophe du Mali)
Type : Statuaire
Ethnie : Bobo (Bobo Fing)
Matière : Structure de fer forgé recouverte d'un épais engobe terreux, crin, tissu, cauris, matières sacrificielles

5352

Fétiche de forgeron Bobo

Cette statuette est un gardien de forge, un être mythique et hybride, dont seul le forgeron détient le secret. Il en émane une puissance impressionnante, due essentiellement à la posture du personnage et à son regard scrutateur.

Fin du 19ème / début du 20ème siècle.

Provenance : Collection privée, Madrid


Origine : Burkina Faso (Région limitrophe du Mali)
Type : Statuaire
Ethnie : Bobo (Bobo Fing)
Matière : Structure de fer forgé recouverte de bandelettes de tissu et d'un engobe terreux, matières sacrificielles

5370


Statuaire • Boki • Nigéria
 

Statuette Boki

Cette statuette, probablement un ancêtre protecteur du lignage, présente un visage aux yeux globuleux surmonté d'une coiffe rectangulaire ajourée. Des scarifications sont sculptées sur les tempes. Elle pourrait représenter un personnage féminin sous des formes géométriques très stylisées. A l'origine couverte d'un enduit blanc, probablement fait de kaolin, elle était placée dans un sanctuaire dédié à l'esprit de la nature anjenu. Cette statuette anjenu apparaît dans les cultes de fertilité, renforce le pouvoir religieux du sanctuaire, et pourrait également avoir été utilisée dans des pratiques divinatoires ou propitiatoires. Elle servait alors de réceptacle facilitant la communication avec les ancêtres et les esprits de l'eau.

18ème siècle ou antérieur.


Origine : Nigéria (Région située entre la Cross River et la Bénoué)
Type : Statuaire
Ethnie : Boki (ou Idoma / Egede)
Matière : Bois, matières sacrificielles, érosions dues au temps et à un long usage

4239


Statuaire • Bwa • Mali
 

Couple de statuettes Bwa

Ce très rare couple provient d'un ensemble de trois villages Bwa situé dans la région de San (région limitrophe du Burkina Faso). Le traitement stylistique est particulièrement original et marque une très forte identité culturelle propre à ces villages, probablement du fait de la proximité et d'une présence majoritaire des Bamana dans cette région du Mali.

Ce couple représente des personnages mythologiques (ancêtres primordiaux mi-humains, mi-animaux), le visage oblongue, et assis sur des tabourets. Les corps sont sculptés de motifs géométriques figurant probablement des scarifications ethniques. Nous ne disposons que de peu d'informations sur la fonction et l'usage de ces objets. La patine d'usage de ces pièces ne laisse aucun doute quant à leur très grande ancienneté.

Hauteur : 23, 5 cm et 21, 5 cm


Origine : Mali (Région de San)
Type : Statuaire
Ethnie : Bwa
Matière : Bois brun clair, patine d'usage

2382


Statuaire • Chamba • Nigéria
 

Statue Chamba

Les statues Chamba sont rares, et généralement d'un style frustre présentant peu de reliefs. Cet exemplaire a l'originalité de figurer un mouvement, le visage et les épaules projetés vers l'avant, tout en conservant un style pur et géométrique. La crête située sur le dessus de la tête est un élément récurent de la statuaire Chamba.

Cet objet était lié au culte des ancêtres et de la « première mère », ainsi qu'aux rituels de guérison des maux de l'esprit.
18ème / 19ème siècle ou antérieur.

Provenance : Collection Yves Develon, Paris, 1993


Origine : Nigéria (Région sud-est du fleuve Bénoué)
Type : Statuaire
Ethnie : Chamba
Matière : Bois très dense, ancienne patine sacrificielle

2126


Statuaire • Dogon • Mali
 

Couple d'ancêtres Dogon

Ces petits personnages, probablement un couple d'ancêtres, sont représentés les mains jointes devant le pubis. Ils sont identifiables à des formes humaines, dont l'apparence serait réduite à ses composantes essentielles. La forme arrondie des visages, le traitement anguleux des corps et les jambes très ramassées sont des caractéristiques propres aux Dogon vivant dans les villages de la falaise de Bandiagara. La patine de surface est composée d'un épais croûtage de matières sacrificielles.

Ces statuettes étaient très probablement utilisées sur un autel dédié au culte des ancêtres ou dans un sanctuaire du binu. Elles faisaient alors office de support à la force vitale appelée nyama. Elles proviennent de la partie abandonnée de l'ancien village de Tireli, située juste au pied des falaises. Pour des raisons pratiques d'accessibilité au cultures, et les Dogon n'ayant plus besoin d'une protection naturelle contre les invasions, un nouveau village s'est construit courant du 19ème siècle en bas des éboulis. Depuis, seuls les sanctuaires et les guérisseurs demeurent dans la partie abandonnée du village. Cet endroit est généralement considéré comme sacré et inaccessible (voir photo).
Probablement 14ème / 16ème siècle.

Dimensions : 20, 6 cm et 14, 5 cm.


Origine : Mali (Village de Tireli)
Type : Statuaire
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, épaisse patine croûteuse

2980

Couple d'ancêtres Dogon

Ces très anciennes statues sont d'un style particulièrement fin et délicat. Les visages émoussés, ainsi que les bustes longilignes, renforcent cette apparente fragilité. Liées au culte des ancêtres protecteurs (narin), placées sur un autel appelé vageu, elles avaient pour fonction d'absorber, puis de restituer, la force vitale des défunts (appelée nyama) et de préparer leur passage dans le monde des morts.
19ème siècle ou antérieur.

Dimensions : 40, 5 et 38 cm.


Origine : Mali
Type : Statuaire
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, ancienne patine sacrificielle à tonalité grisâtre

5168

Couple de statuettes Dogon

Ce couple de statuettes représente des personnages aux jambes tronquées, les bras ramenés le long du corps et les mains posées sur le ventre. La tête est arrondie pour l'un, et pourvue d'une sorte de crête pour l'autre. Cette stylisation du corps, par un traitement anguleux des formes, est caractéristique de la statuaire Dogon (voir vidéo jointe). Les visages dépourvus de traits, énigmatiques, obéissent à cette même intention : simplifier les formes, les rendre « efficaces ».
Ces pièces sont très probablement la figuration d'ancêtres nommo. Ils peuvent aussi bien être porteurs de forces surnaturelles, qu'incarner les premiers Dogon qui arrivèrent dans cette région aux environs du 14ème siècle. Ils représentent un élément important de l'univers Dogon, traduisant l'équilibre indispensable entre l'Homme et la nature, entre des forces surnaturelles bienfaisantes et d'autres nuisibles. Les nommo expriment une parole cachée, respectée, porteuse d'harmonie et témoignant de la représentation de l'univers. Des matières sacrificielles sont versées sur certaines de ces sculptures, ainsi que sur d'autres objets rituels placés sur les autels personnels, les autels des ancêtres, dans les sanctuaires du binu, et sur les autels dédiés au culte des nommo fondateurs. Différentes substances sont utilisées, du sang de poulet ou de chèvre à la bouillie de mil, aux décoctions de plantes mélangées aux graines du baobab ou aux fruits du karité. Ces substances sont porteuses du nyama, la force de vie. Le nyama est présent dans les êtres vivants, qu'il s'agisse des animaux ou des plantes, des hommes ou des êtres surnaturels. Cette force peut être extraite de son support et transmise à d'autres êtres. Au moment du sacrifice (bulu), le nyama présent dans les matières sacrificielles renforce et accroît celui de l'esprit à qui le sacrifice est ordonné, mais il est censé apporter les mêmes effets aux personnes qui le pratiquent.
16ème / 17ème siècle.


Origine : Mali (Falaises de Bandiagara)
Type : Statuaire
Ethnie : Dogon
Matière : Bois érodé, belle et ancienne patine sacrificielle

5324

Porteuse de coupe Dogon

Cette statuette représente une femme portant une coupe sur le dessus de la tête. Les seins sont sculptés dans le prolongement des épaules, le ventre est proéminent. Les traits du visage, légèrement estompés, révèlent une grande sensibilité et confèrent à cette œuvre une réelle sensualité. La très ancienne patine de cet objet témoigne qu'il a connu, comme objet sacré, une très longue utilisation rituelle à travers des générations. Cette statuette était probablement utilisée dans les rituels de fertilité des cultures, pour favoriser les récoltes, ou bien encore pour garantir les ressources alimentaires de la famille.

Des matières sacrificielles sont versées sur certaines sculptures, ainsi que sur d'autres objets rituels placés sur les autels personnels. Différentes substances sont utilisées, du sang de poulet ou de chèvre à la bouillie de mil, aux décoctions de plantes mélangées aux graines du baobab ou aux fruits du karité. Ces substances sont porteuses du nyama, la force de vie. Le nyama est présent dans les êtres vivants, qu'il s'agisse des animaux ou des plantes, des hommes ou des êtres surnaturels. Cette force peut être extraite de son support et transmise à d'autres êtres. Au moment du sacrifice (bulu), le nyama présent dans les matières sacrificielles renforce et accroît celui de l'esprit à qui le sacrifice est ordonné, mais il est censé apporter les mêmes effets aux personnes qui le pratiquent.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Région de Yougo Dogorou)
Type : Statuaire
Ethnie : Dogon
Matière : Bois raviné, traces par endroits d'une ancienne et épaisse patine sacrificielle

5338

Statue d'ancêtre Dogon

Cette statue représente un personnage masculin debout. Les bras sont manquants, mais étaient ramenés à l'origine sur le nombril et formaient une sorte de plateau. On remarque le port altier de la tête avec les oreilles en forme de « fer à cheval », le corps long et fin, et la cassure très ancienne des bras ne laissant aucun doute quant à l'ancienneté de cette pièce exceptionnelle.

Cette statue, de forme et de proportions classiques, était sans doute dédiée au culte des ancêtres protecteurs. Un élément assez rare complète l'équilibre esthétique de cette pièce : une très ancienne chaîne en fer forgé agrémentée de coquillages. Il s'agit du collier d'un prêtre du binu (un hogon), personnalité importante et respectée en charge des rituels religieux de la communauté. Les coquillages pourraient symboliser les ossements du serpent lebe, ancêtre fondateur à l'origine des quatre tribus originelles, qui guida le peuple Dogon vers les falaises de Bandiagara. Il est aussi l'ancêtre primordial dont le culte se réfère à la fertilité et à la régénération de la terre.
17ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Région de Tireli, falaises de Bandiagara)
Type : Statuaire
Ethnie : Dogon
Matière : Bois dense érodé à tonalité grise, fer, coquillages

2321

Statue d'ancêtre Dogon

Cette très belle statue féminine est un parfait témoin de la statuaire Dogon du Seno. La schématique des volumes, en réduisant la plastique à ce qui est ici considéré comme l'essentiel, permet de mettre en évidence les éléments liés à la féminité et à la fécondité. Les seins, très accentués, partent des épaules pour préserver l'aspect longiligne de l'objet. On remarquera le port altier de la tête, le corps long et fin, ainsi que les oreilles en forme de « fer à cheval » portant des anneaux de métal.

Elle représente très probablement un ancêtre protecteur du lignage (narin). Le culte des ancêtres protecteurs exprime une parole cachée, respectée, porteuse d'harmonie et témoignant de la représentation de l'univers.
19ème siècle.


Origine : Mali (Région de la plaine du Seno)
Type : Statuaire
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, patine brune d'usage, traces de patine sacrificielle

2331

Statue de guérisseur Dogon

Probablement fichée en terre, cette statue présente un style très schématique. Des pièces de métal sont fixées sur le cou et la tête, le visage simplement ébauché. Une épaisse patine sacrificielle, très incrustée, est visible sur la partie supérieure. Il s'agit très probablement d'un objet à usage prophylactique.

Probablement deuxième moitié du 19ème siècle.


Origine : Mali
Type : Statuaire
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, métal, matières sacrificielles

5307

Statue Dogon

Cette très ancienne statue, par son côté cubiste, est attribuable au style Dogon de la plaine du Seno, région limitrophe avec le Burkina Faso. Elle représente un personnage masculin aux formes très architecturées (probablement un ancêtre protecteur du lignage), alternant les volumes géométriques ronds, tubulaires, anguleux et coniques, conférant à cette œuvre une force remarquable.

La patine suintante est due à une constante et ancienne imprégnation du bois à l'aide de beurre de karité et d'huile de palme. Restauration indigène et ancienne du bras droit.

18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Région de la plaine du Seno)
Type : Statuaire
Ethnie : Dogon
Matière : Bois à patine sombre, partiellement suintante

2493

Statuette Dogon

Cette statuette est caractéristique de l'art Dogon dans la région des falaises de Bandiagara. Les éléments les plus notables sont de courtes jambes coudées et des bras très allongés, avec les seins situés haut sur la poitrine. Elle représente un personnage féminin assis sur un tabouret.

Cet objet était probablement placé sur un autel familial dédié au culte des ancêtres (vageu). Il servait de support à l'âme des défunts, et de réceptacle à leur force vitale (nyama). Il s'agit ici d'un exemplaire particulièrement élégant de ce type d'objet.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Région de Sangha, falaises de Bandiagara)
Type : Statuaire
Ethnie : Dogon
Matière : Bois très érodé, traces d'une ancienne patine croûteuse

2144

Statuette Dogon

Cette très ancienne statuette, représentant un personnage agenouillé, est particulièrement fine et délicate. Le visage émoussé, ainsi que le buste longiligne sans bras, renforcent son apparence fragile.

La posture agenouillée est un thème répandu dans l'art Dogon, et réservé au culte des ancêtres protecteurs (narin). Celle-ci fait référence aux femmes Dogon qui prennent cette position lors des funérailles en signe de gratitude aux défunts. Placée sur l'autel des ancêtres protecteurs (vageu), il est possible que cette statuette ait pour but de préserver la gestuelle et le sentiment qu'elle incarne. Elle avait pour fonction, posée près du défunt, d'absorber sa force vitale (appelée nyama) et de préparer son passage dans le monde des morts.
17ème siècle ou antérieur.

Provenance : Jean-Michel Huguenin, Paris, 1994


Origine : Mali (Région de Sangha)
Type : Statuaire
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, très belle et profonde patine sacrificielle

2230

Statuette Dogon

Cette statuette représente un personnage dont la poitrine et le ventre sont projetés vers l'avant. Le style très « cubiste » et les mains ramenées sur les genoux sont caractéristiques du style Dogon de la plaine du Seno.

Cette pièce est très probablement un dege, génie protecteur aux significations multiples. Il peut aussi bien être porteur de forces surnaturelles, qu'incarner les premiers Dogon qui arrivèrent dans cette région aux environs du 14ème siècle. Il représente un élément important de l'univers Dogon, traduisant l'équilibre indispensable entre l'Homme et la nature, entre des forces surnaturelles bienfaisantes et d'autres nuisibles. Le dege, au même titre que le culte des ancêtres protecteurs, exprime une parole cachée, respectée, porteuse d'harmonie et témoignant de la représentation de l'univers.
19ème siècle ou antérieur.


Origine : Mali (Région de Madougou)
Type : Statuaire
Ethnie : Dogon
Matière : Belle patine brune profonde et suintante par endroits

2287

Statuette Dogon

Cette statuette représente sans doute un nommo, avec les mains de part et d'autre du ventre et un bras levé. Le sculpteur a pris la liberté d'utiliser cette expression abstraite de l'anatomie afin de créer un équilibre des formes pour représenter ce personnage un bras en l'air. Cette petite sculpture Dogon devient alors ambiguë et complexe. La gestuelle des bras levés représente différents aspects du rôle joué par le nommo dans l'organisation de l'univers et dans ses relations avec le dieu amma, mais aussi dans les rituels de la fertilité (le nommo est spirituellement présent dans l'eau et la pluie).

Cette pièce est recouverte d'une fine patine noire et granuleuse suggérant son usage probable sur un autel personnel ou dans un sanctuaire du binu.

18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Région des falaises de Bandiagara, village de Teli)
Type : Statuaire
Ethnie : Dogon
Matière : Bois érodé et patine sacrificielle

2462

Statuette Dogon

Ce personnage, probablement un ancêtre ou un nommo, est représenté les mains jointes devant le pubis ; le corps est traité de façon cylindrique. Il est identifiable à une forme humaine dont l'apparence serait réduite à ses composantes essentielles. La forme arrondie du visage, le traitement anguleux du corps et les jambes très ramassées sont des caractéristiques propres aux Dogon vivant dans les villages de la falaise de Bandiagara. La patine de surface est composée d'un épais croûtage de matières sacrificielles.

Cette statuette était très probablement utilisée sur un autel dédié au culte des ancêtres ou dans un sanctuaire du binu. Elle faisait alors office de support à la force vitale appelée nyama. Elle provient de la partie abandonnée de l'ancien village de Ireli, située juste au pied des falaises. Pour des raisons pratiques d'accessibilité au cultures, et les Dogon n'ayant plus besoin d'une protection naturelle contre les invasions, un nouveau village s'est construit en bas des éboulis. Depuis, seuls les sanctuaires et les guérisseurs demeurent dans la partie abandonnée du village. Cet endroit est généralement considéré comme sacré et inaccessible (voir photos).

Probablement 16ème / 18ème siècle.


Origine : Mali (Collecté à Ireli, région des falaises de Bandiagara)
Type : Statuaire
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, patine croûteuse sacrificielle

2492

Statuette Dogon

Cette statuette représente un personnage aux jambes coudées, les bras ramenés le long du corps et les mains posées sur le ventre. Les seins sont sculptés en haut du buste, dans le prolongement des épaules. Cette stylisation du corps, par un traitement anguleux des formes, est caractéristique de la statuaire Dogon. Le visage dépourvu de traits, énigmatique, obéit à cette même intention : simplifier les formes, les rendre « efficaces ».
Cette pièce est très probablement un dege, génie protecteur aux significations multiples, ou bien la figuration d'un ancêtre nommo. Il peut aussi bien être porteur de forces surnaturelles, qu'incarner les premiers Dogon qui arrivèrent dans cette région aux environs du 14ème siècle. Il représente un élément important de l'univers Dogon, traduisant l'équilibre indispensable entre l'Homme et la nature, entre des forces surnaturelles bienfaisantes et d'autres nuisibles. Le dege, au même titre que le culte des ancêtres protecteurs, exprime une parole cachée, respectée, porteuse d'harmonie et témoignant de la représentation de l'univers. Des matières sacrificielles sont versées sur certaines de ces sculptures, ainsi que sur d'autres objets rituels placés sur les autels personnels, les autels des ancêtres, dans les sanctuaires du binu, et sur les autels dédiés au culte des nommo fondateurs. Différentes substances sont utilisées, du sang de poulet ou de chèvre à la bouillie de mil, aux décoctions de plantes mélangées aux graines du baobab ou aux fruits du karité. Ces substances sont porteuses du nyama, la force de vie. Le nyama est présent dans les êtres vivants, qu'il s'agisse des animaux ou des plantes, des hommes ou des êtres surnaturels. Cette force peut être extraite de son support et transmise à d'autres êtres. Au moment du sacrifice (bulu), le nyama présent dans les matières sacrificielles renforce et accroît celui de l'esprit à qui le sacrifice est ordonné, mais il est censé apporter les mêmes effets aux personnes qui le pratiquent.
16ème / 17ème siècle.


Origine : Mali (Falaises de Bandiagara, village de Ireli)
Type : Statuaire
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, collier de fer, belle patine sacrificielle croûteuse

4244

Statuette Dogon

Cette statuette représente un personnage aux jambes tronquées, les bras ramenés le long du corps et les mains posées sur le ventre. La coiffe est constituée d'une sorte de plateau. Cette stylisation du corps, par un traitement anguleux des formes, est caractéristique de la statuaire Dogon. Le visage quasiment dépourvu de traits, énigmatique, obéit à cette même intention : simplifier les formes, les rendre « efficaces ».
Cette pièce est très probablement un dege, génie protecteur aux significations multiples, ou bien la figuration d'un ancêtre nommo. Il peut aussi bien être porteur de forces surnaturelles, qu'incarner les premiers Dogon qui arrivèrent dans cette région aux environs du 14ème siècle. Il représente un élément important de l'univers Dogon, traduisant l'équilibre indispensable entre l'Homme et la nature, entre des forces surnaturelles bienfaisantes et d'autres nuisibles. Le dege, au même titre que le culte des ancêtres protecteurs, exprime une parole cachée, respectée, porteuse d'harmonie et témoignant de la représentation de l'univers. Des matières sacrificielles sont versées sur certaines de ces sculptures, ainsi que sur d'autres objets rituels placés sur les autels personnels, les autels des ancêtres, dans les sanctuaires du binu, et sur les autels dédiés au culte des nommo fondateurs. Différentes substances sont utilisées, du sang de poulet ou de chèvre à la bouillie de mil, aux décoctions de plantes mélangées aux graines du baobab ou aux fruits du karité. Ces substances sont porteuses du nyama, la force de vie. Le nyama est présent dans les êtres vivants, qu'il s'agisse des animaux ou des plantes, des hommes ou des êtres surnaturels. Cette force peut être extraite de son support et transmise à d'autres êtres. Au moment du sacrifice (bulu), le nyama présent dans les matières sacrificielles renforce et accroît celui de l'esprit à qui le sacrifice est ordonné, mais il est censé apporter les mêmes effets aux personnes qui le pratiquent.
16ème / 17ème siècle.


Origine : Mali (Falaises de Bandiagara)
Type : Statuaire
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, belle et ancienne patine sacrificielle croûteuse sur le dessus de la tête

5322

Statuette votive Dogon

Cette statuette représente un personnage masculin, les bras en position d'offrande. La forme du visage et les jambes très ramassées sont propres aux Dogon de la plaine du Seno.

La patine sacrificielle qui recouvre cette pièce est caractéristique des objets utilisés sur les autels personnels de guérison (jabe). Cette matière fait office de support à la force vitale appelée nyama et se trouvant en toutes choses (animaux, plantes, minéraux, aussi bien que dans les êtres surnaturels ou les hommes). Le sacrifice (bulu) est offert pour vivifier et ressusciter nyama, et ce dans l'intention positive et bienfaisante de ce rituel (wagem, lui-même lié au culte des ancêtres). De fait, cet objet pourrait donc avoir été le support d'une pratique médico-religieuse traditionnelle intimement liée aux croyances animistes des Dogon.
19ème siècle ou antérieur.


Origine : Mali (Région de Bereli)
Type : Statuaire
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, très ancienne patine noire suintante, matières sacrificielles

2326


Statuaire • Ewe • Togo
 

Statuette d'autel Ewe

Cette statuette était considérée comme un lien entre le visible et l'invisible, reliant le monde des ancêtres et des esprits à celui des vivants. Elle était généralement fichée dans le sol de telle façon qu'elle émergeait de la terre. Les Ewe personnifient la terre sous l'apparence d'une mère nourricière mais ambivalente. La figuration masculine fait allusion aux aspects négatifs des esprits, et la féminine aux aspects bénéfiques. Cette statuette féminine faisait très probablement partie d'un couple à l'origine placé sur un autel familial.
Cette femme symbolise l'énigme de la maternité dans l'univers des Ewe. Les seins et le long cou filiforme évoquent le support maternel, la beauté et la grâce. La posture légèrement tournée, le visage arrondi et les traits prononcés, font référence au pouvoir de la procréation avec lequel elle renouvelle la vie tant au niveau physique que métaphysique.
Probablement 18ème siècle.


Origine : Togo (Région sud-ouest, limitrophe du Ghana)
Type : Statuaire
Ethnie : Ewe
Matière : Bois brun clair, très ancienne patine sacrificielle et érosion due au temps

4322


Statuaire • Goemai • Nigéria
 

Statuette Goemai

Peu d'informations sont disponibles concernant les Goemai, population proche de celle des Montol, mais les données actuelles indiquent que ces statues avaient un rôle communautaire essentiel et des fonctions assez variées dans la divination, les rites de guérison, et comme réceptacle facilitant la communication avec les ancêtres et les esprits.
Cette pièce, très ancienne et d'un style tout à fait original, présente des oreilles surdimensionnées. Le reste du corps a été sculpté de façon à évoquer un mouvement.

19ème siècle ou antérieur.


Origine : Nigéria (Région nord du fleuve Bénoué)
Type : Statuaire
Ethnie : Goemai
Matière : Bois à patine brun foncé, traces de matières sacrificielles

2982


Statuaire • Hemba • République dém. du Congo (Zaïre)
 

Statue d'ancêtre Hemba

Cette statue, appelée singiti, représente un homme debout, les mains posées sur l'abdomen. La tête et le corps sont massifs, disproportionnés par rapport au bas du corps. La sculpture, toute en rondeurs, exprime à la fois une infinie douceur et une grande intériorité. Les traits du visage sont fins et réguliers : les yeux en amandes, le nez droit et pointu, la bouche curviligne épousant l'ovale du menton. Un motif géométrique cruciforme et natté décore la lourde coiffe (voir photos jointes). La patine d'usage est exceptionnelle, laquée et terreuse par endroits.

Cette statue est également l'expression d'une dépendance, du monde des vivants envers celui des morts, elle est donc un symbole funéraire et religieux. Elle indique la propriété de la terre et la possession de l'autorité sociale, toutes deux sont basées sur l'organisation des clans et des lignages.

19ème siècle.

Provenance : Acquise d'une collection privée, Belgique


Origine : République dém. du Congo (Zaïre) (Région de Mbalula)
Type : Statuaire
Ethnie : Hemba
Matière : Bois, ancienne et exceptionnelle patine d'usage, laquée et finement croûteuse par endroits, tissu de raphia

5399


Statuaire • Igbo (Ibo) • Nigéria
 

Autel Ikenga

L'ikenga est un autel personnel appartenant à un homme. Il est le symbole de l'accomplissement et de la réussite personnelle (okpossi), la représentation de son esprit tutélaire (chi), ainsi que le destinataire de sacrifices offerts périodiquement ou préalables à l'engagement d'une action importante (le plus souvent à ifejioku, divinité de l'igname). Etroitement lié à une société secrète de guerriers, il est aussi l'expression de la détermination personnelle (ivri). Les cornes situées sur la tête de l'ikenga sont un trait commun aux statuettes et autels semblables ; elles symbolisent la force, le pouvoir et le courage du bélier. Celles-ci sont décorées de motifs en chevrons, et reposent sur une sorte de tablette. Exceptionnellement, elles sont supportées par un couple dont l'homme et la femme sont dos à dos.
Mis à l'écart du monde profane, avec d'autres autels personnels et familiaux, l'ikenga est placé dans la maison du lignage (obi). Ce lieu est le point central du lignage familial et communautaire, ainsi qu'un espace de médiation indispensable au règlement des litiges internes au groupe. Toute réussite personnelle d'un homme, et attribuable à son ikenga, rejaillie sur l'ensemble de la communauté. Il ne pouvait être vu et consulté qu'au travers d'un panneau de bois ajouré appelé « les yeux de l'esprit ».

L'un des piliers de la pensée Igbo réside dans ce concept de la réussite individuelle fondée sur les capacités et les aptitudes personnelles innées, pensée qui a engendré le culte de la main droite (aka nri), mot à mot « la main de la nourriture », celle qui permet à l'homme de pourvoir à ses besoins en cultivant la terre. La main aussi qui représente les relations sociales, le pouvoir et la force (obo), celle qui dégaine l'épée et donne la poignée de main.
Probablement 19ème siècle.


Origine : Nigéria
Type : Statuaire
Ethnie : Igbo (Ibo) (ou Edo)
Matière : Bois, épaisse patine sacrificielle brune

4353

Autel Ikenga

L'ikenga est un autel personnel appartenant à un homme. Il est le symbole de l'accomplissement et de la réussite personnelle (okpossi), la représentation de son esprit tutélaire (chi), ainsi que le destinataire de sacrifices offerts périodiquement ou préalables à l'engagement d'une action importante (le plus souvent à ifejioku, divinité de l'igname). Etroitement lié à une société secrète de guerriers, il est aussi l'expression de la détermination personnelle (ivri). Les cornes situées sur la tête de l'ikenga sont un trait commun aux statuettes et autels semblables ; elles symbolisent la force, le pouvoir et le courage du bélier.
Il était placé à l'écart du monde profane, avec d'autres autels personnels et familiaux, dans la maison du lignage. Ce lieu est le point central du lignage familial et communautaire, ainsi qu'un espace de médiation indispensable au règlement des litiges internes au groupe. Toute réussite personnelle d'un homme, et attribuable à son ikenga, rejaillie sur l'ensemble de la communauté. Il ne pouvait être vu ou consulté qu'au travers d'un panneau de bois ajouré appelé « les yeux de l'esprit ».

L'un des piliers de la pensée Isoko, de même que pour leurs voisins Igbo, Ijo ou Urhobo, réside dans ce concept de la réussite individuelle fondée sur les capacités et les aptitudes personnelles innées, pensée qui a engendré le culte de la main droite (aka nri), mot à mot « la main de la nourriture », celle qui permet à l'homme de pourvoir à ses besoins en cultivant la terre. La main aussi qui représente les relations sociales, le pouvoir et la force (obo), celle qui dégaine l'épée et donne la poignée de main.
19ème siècle ou antérieur.


Origine : Nigéria (Région du delta du Niger)
Type : Statuaire
Ethnie : Igbo (Ibo)
Matière : Bois dur, épaisse patine sacrificielle

5408

Couple d'ancêtres Igbo

Ce couple d'ancêtres représente des divinités tutélaires appelées alusi ou agbara. Les mains sont sculptées les paumes tournées vers le ciel, en position d'offrande. Les motifs incisés sur les visages et les couleurs des pigments naturels témoignent du statut et du rang.

Dimensions : 60 et 63 cm.

Provenance : Ancienne collection Yves Develon, Paris


Origine : Nigéria
Type : Statuaire
Ethnie : Igbo (Ibo)
Matière : Bois, polychromie ancienne faite de kaolin rose, ocre et blanc, tissu, patine sacrificielle

5137

Statue Ikenga

L'ikenga est un autel personnel appartenant à un homme. Un grand ikenga comme celui-ci, très ouvragé, appartenait probablement à un ancien titré. Il est le symbole de l'accomplissement et de la réussite personnelle (okpossi), la représentation de son esprit tutélaire (chi, l'énergie vitale), ainsi que le destinataire de sacrifices offerts périodiquement ou préalables à l'engagement d'une action importante (le plus souvent à ifejioku, divinité de l'igname, ou à ale, déesse de la terre). Etroitement lié à une société secrète de guerriers, il est aussi l'expression de la détermination personnelle (ivri). Les cornes situées sur la tête de l'ikenga sont un trait commun aux statuettes et autels semblables ; elles symbolisent la force, le pouvoir et le courage du bélier.
Il était placé à l'écart du monde profane, avec d'autres autels personnels et familiaux, dans la maison du lignage (obi). Ce lieu est le point central du lignage familial et communautaire, ainsi qu'un espace de médiation indispensable au règlement des litiges internes au groupe. Toute réussite personnelle d'un homme, et attribuable à son ikenga, rejaillie sur l'ensemble de la communauté. Il ne pouvait être vu et consulté qu'au travers d'un panneau de bois ajouré appelé « les yeux de l'esprit ». L'ikenga peut être également conservé dans la maison des hommes (m'bari), ou bien rangé, après la mort de son propriétaire, sur l'autel des ancêtres.
L'un des piliers de la pensée Igbo réside dans ce concept de la réussite individuelle fondée sur les capacités et les aptitudes personnelles innées, pensée qui a engendré le culte de la main droite (aka nri), mot à mot « la main de la nourriture », celle qui permet à l'homme de pourvoir à ses besoins en cultivant la terre. La main aussi qui représente les relations sociales, le pouvoir et la force (obo), celle qui dégaine l'épée et tranche la tête d'un ennemi. Contrairement aux autres statues du même type, celle-ci ne tient pas de tête tranchée dans la main gauche mais une sorte de canne. Ceci confirme qu'il s'agit très probablement de l'ikenga d'un personnage important de la communauté, riche et de haut grade.
Probablement 19ème siècle.


Origine : Nigéria (Awka, région méridionale du delta du Niger)
Type : Statuaire
Ethnie : Igbo (Ibo)
Matière : Bois dur, ancienne patine sacrificielle croûteuse par endroits, traces d'une polychromie ancienne

5369

Statuette Ikenga

L'ikenga est un autel personnel appartenant à un homme. Il est le symbole de l'accomplissement et de la réussite personnelle (okpossi), la représentation de son esprit tutélaire (chi), ainsi que le destinataire de sacrifices offerts périodiquement ou préalables à l'engagement d'une action importante (le plus souvent à ifejioku, divinité de l'igname). Etroitement lié à une société secrète de guerriers, il est aussi l'expression de la détermination personnelle (ivri). Les cornes situées sur la tête de l'ikenga sont un trait commun aux statuettes et autels semblables ; elles symbolisent la force, le pouvoir et le courage du bélier.
Il était placé à l'écart du monde profane, avec d'autres autels personnels et familiaux, dans la maison du lignage (obi). Ce lieu est le point central du lignage familial et communautaire, ainsi qu'un espace de médiation indispensable au règlement des litiges internes au groupe. Toute réussite personnelle d'un homme, et attribuable à son ikenga, rejaillie sur l'ensemble de la communauté. Il ne pouvait être vu et consulté qu'au travers d'un panneau de bois ajouré appelé « les yeux de l'esprit ».

L'un des piliers de la pensée Igbo réside dans ce concept de la réussite individuelle fondée sur les capacités et les aptitudes personnelles innées, pensée qui a engendré le culte de la main droite (aka nri), mot à mot « la main de la nourriture », celle qui permet à l'homme de pourvoir à ses besoins en cultivant la terre. La main aussi qui représente les relations sociales, le pouvoir et la force (obo), celle qui dégaine l'épée et donne la poignée de main. Les statues d'autel peuvent être sculptées d'une façon tout à fait figurative, ou au contraire plus ou moins abstraite. Elles peuvent apparaître comme une sorte de compression symbolique des attributs de l'ikenga. La tête pourvue de cornes a été directement sculptée sur un siège, le reste du corps n'étant présent que par la signification du culte et de ses symboles.
Probablement 18ème / 19ème siècle.


Origine : Nigéria (Région de Awka)
Type : Statuaire
Ethnie : Igbo (Ibo)
Matière : Bois dur, patine sacrificielle

4238

Statuette Ikenga

L'ikenga est un autel personnel appartenant à un homme. Il est le symbole de l'accomplissement et de la réussite personnelle (okpossi), la représentation de son esprit tutélaire (chi), ainsi que le destinataire de sacrifices offerts périodiquement ou préalables à l'engagement d'une action importante (le plus souvent à ifejioku, divinité de l'igname, ou à ale, déesse de la terre). Etroitement lié à une société secrète de guerriers, il est aussi l'expression de la détermination personnelle (ivri). Les cornes situées sur la tête de l'ikenga sont un trait commun aux statuettes et autels semblables ; elles symbolisent la force, le pouvoir et le courage du bélier.
Il était placé à l'écart du monde profane, avec d'autres autels personnels et familiaux, dans la maison du lignage (obi). Ce lieu est le point central du lignage familial et communautaire, ainsi qu'un espace de médiation indispensable au règlement des litiges internes au groupe. Toute réussite personnelle d'un homme, et attribuable à son ikenga, rejaillie sur l'ensemble de la communauté. Il ne pouvait être vu et consulté qu'au travers d'un panneau de bois ajouré appelé « les yeux de l'esprit ». L'ikenga peut être également conservé dans la maison des hommes (m'bari), ou bien rangé, après la mort de son propriétaire, sur l'autel des ancêtres.

L'un des piliers de la pensée Igbo réside dans ce concept de la réussite individuelle fondée sur les capacités et les aptitudes personnelles innées, pensée qui a engendré le culte de la main droite (aka nri), mot à mot « la main de la nourriture », celle qui permet à l'homme de pourvoir à ses besoins en cultivant la terre. La main aussi qui représente les relations sociales, le pouvoir et la force (obo), celle qui dégaine l'épée et donne la poignée de main. La tête-trophée posée dans la main gauche signifie que cet ikenga appartenait à un jeune guerrier encore en activité.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Nigéria
Type : Statuaire
Ethnie : Igbo (Ibo)
Matière : Bois dur, épaisse patine sacrificielle

4365

Statuettes Ikenga

L'ikenga est un autel personnel appartenant à un homme. Il est le symbole de l'accomplissement et de la réussite personnelle (okpossi), la représentation de son esprit tutélaire (chi, l'énergie vitale), ainsi que le destinataire de sacrifices offerts périodiquement ou préalables à l'engagement d'une action importante (le plus souvent à ifejioku, divinité de l'igname, ou à ale, déesse de la terre). Etroitement lié à une société secrète de guerriers, il est aussi l'expression de la détermination personnelle (ivri). Les cornes situées sur la tête de l'ikenga sont un trait commun aux statuettes et autels semblables ; elles symbolisent la force, le pouvoir et le courage du bélier.
Il était placé à l'écart du monde profane, avec d'autres autels personnels et familiaux, dans la maison du lignage (obi). Ce lieu est le point central du lignage familial et communautaire, ainsi qu'un espace de médiation indispensable au règlement des litiges internes au groupe. Toute réussite personnelle d'un homme, et attribuable à son ikenga, rejaillie sur l'ensemble de la communauté. Il ne pouvait être vu et consulté qu'au travers d'un panneau de bois ajouré appelé « les yeux de l'esprit ». L'ikenga peut être également conservé dans la maison des hommes (m'bari), ou bien rangé, après la mort de son propriétaire, sur l'autel des ancêtres.

L'un des piliers de la pensée Igbo réside dans ce concept de la réussite individuelle fondée sur les capacités et les aptitudes personnelles innées, pensée qui a engendré le culte de la main droite (aka nri), mot à mot « la main de la nourriture », celle qui permet à l'homme de pourvoir à ses besoins en cultivant la terre. La main aussi qui représente les relations sociales, le pouvoir et la force (obo), celle qui dégaine l'épée et tranche la tête d'un ennemi. Cet ikenga présente l'étonnante particularité d'avoir un second petit personnage attaché au plus grand par des liens en vannerie.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Nigéria (Région méridionale du delta du Niger)
Type : Statuaire
Ethnie : Igbo (Ibo)
Matière : Bois dur, ancienne et épaisse patine sacrificielle croûteuse

5354


Statuaire • Isoko • Nigéria
 

Autel Ikenga

L'ikenga est un autel personnel appartenant à un homme. Il est le symbole de l'accomplissement et de la réussite personnelle (okpossi), la représentation de son esprit tutélaire (chi), ainsi que le destinataire de sacrifices offerts périodiquement ou préalables à l'engagement d'une action importante (le plus souvent à ifejioku, divinité de l'igname). Etroitement lié à une société secrète de guerriers, il est aussi l'expression de la détermination personnelle (ivri). Les cornes situées sur la tête de l'ikenga sont un trait commun aux statuettes et autels semblables ; elles symbolisent la force, le pouvoir et le courage du bélier.
Il était placé à l'écart du monde profane, avec d'autres autels personnels et familiaux, dans la maison du lignage. Ce lieu est le point central du lignage familial et communautaire, ainsi qu'un espace de médiation indispensable au règlement des litiges internes au groupe. Toute réussite personnelle d'un homme, et attribuable à son ikenga, rejaillie sur l'ensemble de la communauté. Il ne pouvait être vu ou consulté qu'au travers d'un panneau de bois ajouré appelé « les yeux de l'esprit ».

L'un des piliers de la pensée Isoko, de même que pour leurs voisins Igbo, Ijo ou Urhobo, réside dans ce concept de la réussite individuelle fondée sur les capacités et les aptitudes personnelles innées, pensée qui a engendré le culte de la main droite (aka nri), mot à mot « la main de la nourriture », celle qui permet à l'homme de pourvoir à ses besoins en cultivant la terre. La main aussi qui représente les relations sociales, le pouvoir et la force (obo), celle qui dégaine l'épée et donne la poignée de main.
19ème siècle ou antérieur.


Origine : Nigéria (Région du delta du Niger)
Type : Statuaire
Ethnie : Isoko
Matière : Bois dur, patine sacrificielle

4364


Statuaire • Keaka • Nigéria
 

Statue Keaka

Cette statue anthropomorphe représente probablement l'esprit d'un ancêtre protecteur. Elle était autrefois utilisée pour protéger les habitations, et repousser l'esprit des défunts hors du village. Elle pourrait également avoir été utilisée pour des rites d'initiation, ou lors de cérémonies funéraires.

La facture de cette pièce est assez frustre et austère. Elle marque en fait une transition stylistique entre les représentations artistiques de la Cross River (Igbo, Ibibio, …), et celles des Grasslands au Cameroun (Bamiléké, Bangwa, …).
18ème / 19ème siècle ou antérieur.


Origine : Nigéria (Région sud de la Cross River, limitrophe du Cameroun)
Type : Statuaire
Ethnie : Keaka
Matière : Bois, très ancienne et épaisse patine sacrificielle croûteuse, fibres végétales

2402


Statuaire • Lobi • Burkina Faso
 

Porteuse de coupe Lobi

Ce petit personnage féminin portant une jarre sur la tête est certainement la représentation d'un grand ancêtre du lignage féminin. N'accèdent à ce statut que les individus s'étant distingués de leur vivant pour leurs mérites et leurs qualités. Il s'agit parfois de personnalités ayant acquis un haut degré de distinction dans une société secrète d'initiation. La statuette elle-même n'a pu être exécutée que par un sculpteur initié aux rituels les plus avancés de cette société. Elle peut également être la traduction d'une douleur, la perte d'un être cher serait ici symbolisée par le fardeau de la lourde jarre. Elle est porteuse de la force vitale du défunt, et de la toute puissance du lignage familiale.

Cette statuette avait pour fonction de s'opposer aux sorciers, ainsi que de rejeter la douleur et les malédictions. Elle était placée sur l'autel familial des ancêtres protecteurs. Elle avait également un rôle de réceptacle et permettait de communiquer avec les esprits invisibles (thil), ainsi qu'avec les ancêtres du patriclan et du matriclan. Selon les croyances Lobi, ce sont les thil (au travers de la divination) qui commandent aux humains de sculpter l'ancêtre lignager afin de permettre à ses connaissances de perdurer. Cette objet nous dévoile alors son sens premier, celui du sacré, dans la parole vénérée des anciens, et nous révèle l'émotion de son message silencieux.


Origine : Burkina Faso
Type : Statuaire
Ethnie : Lobi
Matière : Bois dur, ancienne patine d'usage brun-rouge et matières sacrificielles

5211

Statuette Lobi

Cette très ancienne statuette était utilisée pour le culte des ancêtres. Comme dans chaque habitation Lobi, elle était placée sur un autel situé dans une petite pièce isolée (appelée thil du). On y trouvait également toutes sortes d'ustensiles rituels, comme des sculptures d'argile, des figurines en fer ou en laiton, et divers récipients. De fréquents sacrifices à cet autel permettaient de s'assurer de la bienveillance des ancêtres et de se préserver de la maladie.


Origine : Burkina Faso
Type : Statuaire
Ethnie : Lobi
Matière : Bois, patine sacrificielle (sang et plumes de poulet)

2513

Statuette Lobi

Ce petit personnage, accroupi et songeur, est la représentation d'un grand ancêtre du lignage. N'accèdent à ce statut que les individus s'étant distingués de leur vivant pour leurs mérites et leurs qualités. Il s'agit parfois de personnalités ayant acquis un haut degré de distinction dans une société secrète d'initiation. La statuette elle-même n'a pu être exécutée que par un sculpteur initié aux rituels les plus avancés de cette société. Elle sera désormais porteuse de la force du défunt, et de la toute puissance du lignage familiale.

Cette statuette avait pour fonction de s'opposer aux sorciers, ainsi que de rejeter la douleur et les malédictions. Elle était placée sur l'autel familial des ancêtres protecteurs. Elle avait également un rôle de réceptacle et permettait de communiquer avec les esprits invisibles (thil), ainsi qu'avec les ancêtres du patriclan et du matriclan. Selon les croyances Lobi, ce sont les thil (au travers de la divination) qui commandent aux humains de sculpter l'ancêtre lignager afin de permettre à ses connaissances de perdurer. Cette objet nous dévoile alors son sens premier, celui du sacré, dans la parole vénérée des anciens, et nous révèle l'émotion de son message silencieux.

Empreinte de réalisme, mais aussi d'une grande sensualité, comme suspendue dans l'espace et dans le temps, cette sculpture est sans doute l'une des plus émouvantes de cette exposition.


Origine : Burkina Faso
Type : Statuaire
Ethnie : Lobi
Matière : Bois dur, patine sacrificielle

2995

Statuette Lobi

Ce petit personnage féminin est certainement la représentation d'un grand ancêtre du lignage familial. N'accèdent à ce statut que les individus s'étant distingués de leur vivant pour leurs mérites et leurs qualités. Il s'agit parfois de personnalités ayant acquis un haut degré de distinction dans une société secrète d'initiation. La statuette elle-même n'a pu être exécutée que par un sculpteur initié aux rituels les plus avancés de cette société. Elle peut également être la traduction d'une douleur, comme dans le cas du mouvement de contrainte ici exprimé. Elle est porteuse de la force vitale du défunt, et de la toute puissance du lignage familiale.

Cette statuette avait pour fonction de s'opposer aux sorciers, ainsi que de rejeter la douleur et les malédictions. Elle était placée sur l'autel familial des ancêtres protecteurs. Elle avait également un rôle de réceptacle et permettait de communiquer avec les esprits invisibles (thil), ainsi qu'avec les ancêtres du patriclan et du matriclan. Selon les croyances Lobi, ce sont les thil (au travers de la divination) qui commandent aux humains de sculpter l'ancêtre lignager afin de permettre à ses connaissances de perdurer. Cette objet nous dévoile alors son sens premier, celui du sacré, dans la parole vénérée des anciens, et nous révèle l'émotion de son message silencieux.


Origine : Burkina Faso
Type : Statuaire
Ethnie : Lobi
Matière : Bois dur, ancienne patine d'usage brun clair et matières sacrificielles

5411


Statuaire • Luba • République dém. du Congo (Zaïre)
 

Statuette Luba à deux faces

Ce type d'objet, appelé kabeja, était l'apanage des chefs, des devins, et des membres de haut rang des sociétés ésotériques (principalement la société secrète bagabo). Utilisée pour la vénération des ancêtres protecteurs, la divination et les rites de guérison, cette statuette double était en rapport avec le culte des jumeaux originels et fondateurs du clan.

Un logement prévu sur le dessus de la tête faisait office de réceptacle à des substances médicinales sensées avoir de rares pouvoirs (appelées bijimba), comme par exemple des cheveux de jumeaux pour favoriser la fécondité. En l'absence de ces substances, la statuette ne jouait plus son rôle de réceptacle, et était considérée comme étant « déchargée ».

18ème / 19ème siècle.


Origine : République dém. du Congo (Zaïre)
Type : Statuaire
Ethnie : Luba / Hemba
Matière : Bois à très belle patine noire d'usage, cassure ancienne à l'un des bras

2512


Statuaire • Montol • Nigéria
 

Statue Montol

Située sur la rive Nord du fleuve Bénoué, la population Montol est peu nombreuse, et ses activités cultuelles sont encore assez méconnues. Cette sculpture, dont le visage porte une coiffure plate, était probablement utilisée dans les rituels de divination et de guérison d'une société secrète masculine appelée komtin.

La statuaire Montol, dont l'usage est avant tout thérapeutique, exprime à la fois la puissance et une impression de contrainte (légères dissymétries, aspect « brut », expression douloureuse rendue par l'inclinaison de la tête vers l'arrière).
18ème / 19ème siècle.

Provenance : Collection Yves Develon, Paris, 1995


Origine : Nigéria (Région située au nord du fleuve Bénoué)
Type : Statuaire
Ethnie : Montol
Matière : Bois, profonde patine naturelle et sacrificielle

2098

Statue Montol

Située sur la rive Nord du fleuve Bénoué, la population Montol est peu nombreuse, et ses activités cultuelles sont encore assez méconnues. Cette statue masculine, dont le visage est sculpté comme projeté vers l'avant et légèrement tourné, était probablement utilisé dans les rituels de divination et de guérison d'une société secrète masculine appelée komtin. Les connaissances actuelles indiquent également que ces statues avaient un rôle communautaire essentiel, et pouvaient être utilisées comme réceptacle facilitant la communication avec les ancêtres du lignage et les esprits.

Cette statue, très ancienne et d'un style tout à fait original, a été sculptée de façon à évoquer un mouvement. La statuaire Montol, dont l'usage est avant tout thérapeutique, exprime à la fois la puissance et une impression de contrainte (légères dissymétries, aspect « brut » du visage simiesque, expression douloureuse rendue par la posture des bras ramenés le long du buste et des jambes fléchies). L'audace géométrique, propre aux Montol, est ici associée à une très belle patine d'usage témoignant de la grande ancienneté de cet objet.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Nigéria (Région située au nord du fleuve Bénoué)
Type : Statuaire
Ethnie : Montol
Matière : Bois, profonde patine sacrificielle, traces d'érosion naturelle

5140

Statuette Montol

Cette statuette avait probablement un usage thérapeutique, et représente un personnage féminin sous des formes géométriques très stylisées. Les bras sont tronqués, et les jambes évasées.

Située sur la rive Nord du fleuve Bénoué, la population Montol est peu nombreuse, et ses activités cultuelles sont encore assez méconnues. Les rares informations dont nous disposons indiquent que ces statues avaient un rôle communautaire essentiel et des fonctions assez variées : dans la divination, les rites de guérison, l'attribution et l'appartenance à un lignage familial, et comme réceptacle facilitant la communication avec les ancêtres et les esprits. Cette statuette était probablement utilisée dans les rituels de divination et de guérison d'une société secrète masculine appelée komtin ou kwomten.
19ème siècle ou antérieur.

Provenance : Collection Yves Develon, Paris, 1995


Origine : Nigéria
Type : Statuaire
Ethnie : Montol (ou Ngas)
Matière : Bois à belle patine grise profonde

2406


Statuaire • Mumuye • Nigéria
 

Statue d'ancêtre Mumuye

Peu d'informations sont disponibles concernant les Mumuye, mais les données actuelles indiquent que ces statues iagaganga (ou supa) avaient un rôle communautaire essentiel et des fonctions assez variées : dans la divination, les rites de guérison, l'attribution et l'appartenance à un lignage familial, et comme réceptacle facilitant la communication avec les ancêtres et les esprits. L'art Mumuye est un composant essentiel du maintien de l'harmonie communautaire. Incarnation d'un esprit tutélaire du lignage, cette statue était soit conservée dans la case des jeunes initiés (tsafi), soit gardée par un maître de la pluie ou un forgeron.

Cette pièce, d'un style tout à fait original, présente des oreilles surdimensionnées et un visage inscrit en creux. Le menton est orné d'un labret. Il émane de cette belle et ancienne statue une certaine sensualité, et la forme ici évoquée est à notre connaissance unique.
Probablement 18ème / 19ème siècle.

Provenance : Collection Yves Develon, Paris, 1994


Origine : Nigéria (Région sud du fleuve Bénoué, limitrophe du Cameroun)
Type : Statuaire
Ethnie : Mumuye
Matière : Bois à patine brun foncé, traces de patine sacrificielle croûteuse

2471


Statuaire • Senoufo • Côte d'Ivoire
 

Couple Senoufo

Ces statuettes de fécondité représentent un couple aux proportions très harmonieuses. La coiffe est caractéristique des Senoufo, et la facture de l'ensemble traduit un style pur et ramassé. Ces statuettes étaient à la fois destinées à favoriser une naissance, et à honorer les ancêtres protecteurs du lignage familial. Elles étaient également utilisées dans les rituels de divination des sociétés secrètes du poro et du sandogo. Ces deux associations, l'une masculine et l'autre féminine, avaient pour principal objectif l'harmonisation de la vie communautaire.

Le corps est décoré de scarifications rituelles (stries sur les seins, les joues et autour du nombril), et d'une fine et ancienne patine brune laquée.

Probablement milieu du 19ème siècle.


Origine : Côte d'Ivoire
Type : Statuaire
Ethnie : Senoufo
Matière : Bois, belle et ancienne patine d'usage

2490

Couple Senoufo

Ces statuettes de fécondité représentent un couple aux proportions très harmonieuses, mêlant les courbes et les formes anguleuses. Il s'en dégage une grande force d'expression. La coiffe est caractéristique des Senoufo, et la facture de l'ensemble traduit un style pur et ramassé. Ces statuettes étaient à la fois destinées à favoriser une naissance, et à honorer les ancêtres protecteurs du lignage familial. Elles étaient également utilisées dans les rituels de divination des sociétés secrètes du poro et du sandogo. Ces deux associations, l'une masculine et l'autre féminine, avaient pour principal objectif l'harmonisation de la vie communautaire.

Visiblement d'une grande ancienneté comme en témoigne la fine et ancienne patine brune laquée, ces exemplaires, soignés dans tous les détails, sont l'œuvre d'un artiste accompli.

Probablement milieu du 19ème siècle.


Origine : Côte d'Ivoire
Type : Statuaire
Ethnie : Senoufo
Matière : Bois, belle et ancienne patine d'usage brune, brillante, avec restes d'une teinture noire

5379

Statue de devin Senoufo

Cette statue féminine est la représentation d'un esprit de la forêt (appelé mandeo, tugu ou ndeo). La tête est prolongée d'un bol à offrandes. Une telle statue constitue l'essentiel du matériel dont dispose le devin guérisseur (sando). Elle sert à la fois de réceptacle aux esprits de la forêt sensés être en relation avec le devin, et leurs donne également un visage.
Utilisée lors des pratiques de divination, cette statue était consultée pour résoudre des problèmes personnels ou communautaires, et pouvait aussi remplir une fonction apotropaïque. Une sculpture aussi élaborée était presque exclusivement réservée à l'usage du devin et à la société secrète à laquelle il appartenait (le sandogo, qui est une association féminine).

Probablement fin du 19ème siècle.


Origine : Côte d'Ivoire (Région de Korhogo)
Type : Statuaire
Ethnie : Senoufo
Matière : Bois, ancienne patine d'usage, brune aux angles, enduit noir et kaolin

5314

Statuette de devin Senoufo

Cette statuette féminine est la représentation d'un esprit de la forêt (appelé mandeo, tugu ou ndeo). Le buste fait office de couvercle à un récipient lui-même sculpté sur un tabouret Senoufo à quatre pieds. Les mains et le torse se fondent dans le volume de l'objet, comme plongés dans le bol au travers du couvercle. Une telle statuette constitue l'essentiel du matériel dont dispose le devin guérisseur (sando). Elle sert à la fois de réceptacle aux esprits de la forêt sensés être en relation avec le devin, et leurs donne également un visage.
Utilisée lors des pratiques de divination, cette statuette était consultée pour résoudre des problèmes personnels ou communautaires, et pour guérir des maladies. Une sculpture aussi élaborée était presque exclusivement réservée à l'usage du devin et à la société secrète à laquelle il appartenait (le sandogo, qui est une association féminine).
18ème / 19ème siècle ou antérieur.


Origine : Côte d'Ivoire (Région de Korhogo)
Type : Statuaire
Ethnie : Senoufo
Matière : Bois, patine noire suintante d'usage

2938

Statuette de devin Senoufo

Cette statuette féminine est la représentation d'un esprit de la forêt (appelé mandeo, tugu ou ndeo). Une telle statuette constitue l'essentiel du matériel dont dispose le devin guérisseur (sando). Elle sert à la fois de réceptacle aux esprits de la forêt sensés être en relation avec le devin, et leurs donne également un visage.
Utilisée lors des pratiques de divination, cette statuette était consultée pour résoudre des problèmes personnels ou communautaires, et pour guérir des maladies. Une sculpture aussi élaborée était presque exclusivement réservée à l'usage du devin et à la société secrète à laquelle il appartenait (le sandogo, qui est une association féminine).
19ème siècle.


Origine : Côte d'Ivoire (Région de Korhogo)
Type : Statuaire
Ethnie : Senoufo
Matière : Bois, épaisse et ancienne patine sacrificielle

5138

Statuette Senoufo

Cette statuette de fécondité représente une femme aux proportions très harmonieuses. La coiffe est caractéristique des Senoufo, et la facture de l'ensemble traduit un style pur très ancien. Cette statuette était destinée à favoriser une naissance, mais elle avait également un rôle dans les rituels de divination des sociétés secrètes du poro et du sandogo. Ces deux associations, l'une masculine et l'autre féminine, avaient pour principal objectif l'harmonisation de la vie communautaire.

Le corps est décoré de scarifications rituelles (stries sur les seins, les joues et autour du nombril), et d'une fine et ancienne patine brune laquée.
Probablement 19ème siècle ou antérieur.


Origine : Côte d'Ivoire (Région de Mankono)
Type : Statuaire
Ethnie : Senoufo
Matière : Bois brun clair, très ancienne patine d'usage et érosion due au temps

2416

Statuette Senoufo

Cette statuette représente un personnage féminin aux proportions très harmonieuses. La coiffe est caractéristique de celles utilisées par les Senoufo lors des funérailles. La facture de l'ensemble traduit un style pur très ancien. Cette statuette était probablement destinée à honorer un défunt, mais elle avait également sans doute un rôle dans les rituels de divination des sociétés secrètes du poro et du sandogo. Ces deux associations, l'une masculine et l'autre féminine, avaient pour principal fonction l'harmonisation de la vie communautaire.

Probablement 19ème siècle.


Origine : Côte d'Ivoire
Type : Statuaire
Ethnie : Senoufo
Matière : Bois, ancienne patine d'usage, brune aux angles, traces de matières sacrificielles

5312

Statuette Senoufo

Cette statuette féminine est la représentation d'un esprit de la forêt (appelé mandeo, tugu ou ndeo). Assise sur un tabouret Senoufo quadripode, les mains reposant délicatement sur les genoux, cette jeune femme est sculptée de tous les attributs liés à la fertilité, ainsi que d'une coiffe complexe et de nombreuses scarifications (voir vidéo jointe). Une telle statuette constitue l'essentiel du matériel dont dispose le devin guérisseur (sando). Elle sert à la fois de réceptacle aux esprits de la forêt sensés être en relation avec le devin, et leurs donne également un visage.
Utilisée lors des pratiques de divination, cette statuette était consultée pour résoudre des problèmes personnels ou communautaires, et pour guérir des maladies (fonction apotropaïque). Une sculpture aussi élaborée était presque exclusivement réservée à l'usage du devin et à la société secrète à laquelle il appartenait (le sandogo, qui est une association féminine).

Provenance : Ancienne collection Bertil Berg, Suède


Origine : Côte d'Ivoire
Type : Statuaire
Ethnie : Senoufo
Matière : Bois, ancienne patine d'usage à épais engobe gris, incrustée, matières sacrificielles

5345


Statuaire • Songye • République dém. du Congo (Zaïre)
 

Statuette Songye

« Les effigies Songye sont des représentations d'ancêtres. La littérature a accrédité l'idée que les statues Songye sont des représentations des forces de l'univers, estompant ainsi leur identité ancestrale première. Les signes du cosmos reflètent une énergie bienveillante ou nocive, secrète ou visible. Ils nous font pressentir une réalité qui dépasse la mesure humaine, source de bonheur ou d'angoisse. L'être humain lui-même, microcosme dans le macrocosme, est une force parmi les forces. (?) »

« Fascinante dans sa forme et redoutable par la beauté qui en émane, la statuaire des Songye est habitée par une force, une puissance et un souffle inégalés en Afrique centrale. Dans la création de la statuaire Songye, trois apports se complètent : ceux du forgeron, du sculpteur et du nganga, le devin-guérisseur. Leurs actions se conjuguent pour transformer les sculptures en forces actives, efficaces et éminemment redoutables. Nous y retrouvons une dimension insoupçonnée remontant aux sources mêmes des peuples d'Afrique centrale. L'humain s'affronte aux énergies de l'univers et, à travers un enseignement ésotérique, engendre une nouvelle culture sociale et politique. Les effigies demeurent des témoins silencieux de cette mutation. »

Littérature : « La redoutable statuaire Songye d'Afrique centrale », François Neyt, Fonds Mercator, Anvers, 2004

Provenance : Pierre Dartevelle, Brussels


Origine : République dém. du Congo (Zaïre)
Type : Statuaire
Ethnie : Songye (Région des Eki, des Sanga et des Kalebwe)
Matière : Bois, clous en laiton et en fer, agglomérat rituel

5400

Statuette Songye

« Les effigies Songye sont des représentations d'ancêtres. La littérature a accrédité l'idée que les statues Songye sont des représentations des forces de l'univers, estompant ainsi leur identité ancestrale première. Les signes du cosmos reflètent une énergie bienveillante ou nocive, secrète ou visible. Ils nous font pressentir une réalité qui dépasse la mesure humaine, source de bonheur ou d'angoisse. L'être humain lui-même, microcosme dans le macrocosme, est une force parmi les forces. (?) »

« Fascinante dans sa forme et redoutable par la beauté qui en émane, la statuaire des Songye est habitée par une force, une puissance et un souffle inégalés en Afrique centrale. Dans la création de la statuaire Songye, trois apports se complètent : ceux du forgeron, du sculpteur et du nganga, le devin-guérisseur. Leurs actions se conjuguent pour transformer les sculptures en forces actives, efficaces et éminemment redoutables. Nous y retrouvons une dimension insoupçonnée remontant aux sources mêmes des peuples d'Afrique centrale. L'humain s'affronte aux énergies de l'univers et, à travers un enseignement ésotérique, engendre une nouvelle culture sociale et politique. Les effigies demeurent des témoins silencieux de cette mutation. »

Littérature : « La redoutable statuaire Songye d'Afrique centrale », François Neyt, Fonds Mercator, Anvers, 2004

Provenance : Acquise d'une collection privée, New York


Origine : République dém. du Congo (Zaïre)
Type : Statuaire
Ethnie : Songye
Matière : Bois, laiton, agglomérat rituel et patine suintante

5403


Statuaire • Tellem • Mali
 

Statuette Tellem

Cette très ancienne statuette représente sans doute un nommo, avec les mains de part et d'autre du visage. Les bras sont en forme de U, le sculpteur ayant utilisé cette expression afin de créer une simplification des formes pour représenter un personnage les bras levés.

Peu de sculptures Dogon sont aussi ambiguës que celle-ci. La gestuelle des bras levés représente différents aspects du rôle joué par le nommo dans l'organisation de l'univers et dans ses relations avec le dieu amma, mais aussi dans les rituels de la fertilité (le nommo lebe serou est spirituellement présent dans l'eau et la pluie).

Cette pièce a toutes les caractéristiques des sculptures attribuées aux Tellem qui occupèrent les falaises de Bandiagara du 11ème au 14ème siècle. Ce style est particulièrement visible dans le traitement du visage, de la bouche, des yeux, du nez, ainsi que dans le modelé en rondeur des jambes.


Origine : Mali (Région de Tireli, falaises de Bandiagara)
Type : Statuaire
Ethnie : Tellem / Dogon
Matière : Bois très érodé et micro fissuré, patine sèche

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Statuaire • Tusyan • Burkina Faso
 

Statuette de divination Tusyan

Cette statuette était utilisée par le devin pour consulter les esprits surnaturels ou ancestraux, et pour apporter fertilité et prospérité. Elle représente un personnage se tenant debout, les jambes s'inscrivant sur une base ronde annelée. Le torse étiré présente une poitrine volumineuse, les bras sont écartés du corps et les mains reposent sur les hanches. Aux épaules arrondies se rattache un visage aux traits sereins et gracieux, les yeux sont en forme de grains de café, la bouche entrouverte dessinée d'un simple ovale et patiné par l'usage. Au sommet, la coiffure a la forme d'une coque striée de lignes parallèles et régulières.

La très ancienne patine de cet objet témoigne qu'il a connu, comme objet sacré, une très longue utilisation rituelle à travers des générations.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Burkina Faso (Région de Orodara, au sud-ouest du Burkina Faso)
Type : Statuaire
Ethnie : Tusyan
Matière : Bois à très ancienne patine croûteuse et surface granuleuse à tonalité grise

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Statuaire • Yoruba • Nigéria
 

Statuette Eshu

Cette statuette représente très probablement une prêtresse d'eshu, l'une des divinités du panthéon Yoruba. Assise sur un tabouret, elle tient d'une main une gourde de médecine, et de l'autre une sorte de massue ou de sceptre pourvu d'une tête trophée. La tête est prolongée d'une large projection vers l'arrière décorée de motifs géométriques caractéristiques. Cette statue n'est pas la représentation d'un orisha ou d'un dieu car ils n'apparaissent que très rarement dans la statuaire Yorouba. Il s'agirait plutôt d'une adoratrice anonyme qui les personnifie. Ce personnage est le pendant féminin d'un couple de statues portées autour du cou par le prêtre d'eshu lors des cérémonies rituelles.

Le système religieux des Yoruba est basé sur l'immortalité de l'âme et sur la réincarnation. Olorun est le dieu suprême et créateur. Il est la règle abstraite, l'origine de tous les êtres. Il n'a pas d'attributs et il n'accepte pas de sacrifices. Cependant son existence n'est ni contestée ni mise en question. Il existe aussi des divinités appelées orisha (shango, le dieu du tonnerre et de la foudre ; eshu, le magicien, le sorcier, le maître des forces du mal et du pouvoir magique des sorcières. Il est capable de protéger les humains de ces démons ; shopona, le dieu de la vérole est le plus craint car capable de décimer la population de régions entières ; ogun, le dieu du fer et de la guerre. Outre ces importantes divinités, il y a au moins quatre cents orisha, et chaque famille vénère sa propre divinité, à laquelle elle offre des animaux en sacrifice.


Origine : Nigéria
Type : Statuaire
Ethnie : Yoruba (Igbomina)
Matière : Bois, ancienne patine d'usage brun-rouge brillante

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